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Allen Ginsberg : écriture, folie et liberté

12 avril 2017
Par Melanie C.
Allen Ginsberg : écriture, folie et liberté

Épris de liberté, pacifiste et provocateur, Allen Ginsberg a profondément marqué les lettres américaines. Dévoré par son amour immodéré de l’écriture, au fil d’un parcours marqué par la folie et les excès, le poète va passer d’emblème de la contre-culture à maître à penser pour toute une génération. Portrait d’un artiste hors-du commun dont la musique des vers résonne encore aujourd’hui…

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Déraisonnables antécédents

L’enfance de Ginsberg se lit comme l’évidente genèse de son futur parcours. Né en 1926, au sein d’une famille juive du New Jersey, il grandit entre un père professeur de lettres et poète (qui déambulait chez lui en récitant Emily Dickinson) et une mère atteinte de troubles mentaux non diagnostiqués. Membre du parti communiste, elle est une figure lumineuse et troublée dans l’univers de Ginsberg. Grâce à son influence, il écrira deux de ses plus grands textes : Howl, long poème en prose autobiographique et Kaddish for Naomi Ginsberg, hommage émouvant et bouleversant à cette mère qui a sombré dans la folie. Marqué par le sceau des lettres et du désordre mental, Ginsberg se consacre très tôt à l’écriture en publiant dans divers journaux.

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L’appel de l’au-delà

En 1948, il souffre d’une hallucination auditive : il entend la voix de William Blake en lisant les textes du célèbre poète anglais. Ce phénomène durera plusieurs jours, Ginsberg pensant même un instant entendre Dieu ! C’est afin de retrouver cet état second qu’il admettra plus tard avoir commencé à abuser de substances illicites diverses et variées. Mais, au départ, cette « vision de Blake », comme Ginsberg se plaira à l’appeler, lui est venue alors qu’il était, paraît-il, parfaitement clean.

 

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Un entourage de folie

À l’université, Ginsberg fait des rencontres décisives, de celles qui marquent une vie. Très vite, il se lie d’amitié avec Jack Kerouac. Ensemble, les deux hommes fondent le mouvement de la beat generation. Des écrivains fascinés par la rythmique du jazz, la liberté de ton et qui abordent frontalement des sujets méconnus ou tabous pour l’époque : (homo)sexualité, antimilitarisme, religions orientales. L’amitié entre Kerouac et Ginsberg donnera lieu à une touchante correspondance, qui se termine quand l’un s’enfonce dans les ténèbres (Kerouac) et l’autre brille au firmament de la reconnaissance mondiale. Autour d’eux gravitent des talents comme William Burroughs (Le Festin nu), l’écrivain Neal Cassady (Un truc très beau qui contient tout) et le poète Gregory Corso.

bob dylan chroniquesLe poète d’une génération

Début des années 1970 : Ginsberg s’est imposé comme le leader du mouvement Flower Power (un terme qu’il aurait inventé). La communauté hippie le vénère et son art poétique est unanimement reconnu. Après avoir fréquenté Timothy Leary (grand prêtre du LSD), Ginsberg se lie d’amitié avec Bob Dylan. Il s’installe à New York et mène une vie plus posée avec son partenaire Peter Orlovsky, mais ne s’assagit pas vraiment pour autant. Après avoir parcouru la planète (notamment l’Inde et la France), il continue de s’engager pour la paix et le mouvement afro-américain des Droits civiques, tout en profiteant d’une vie de mentor intellectuel et artistique. Ses œuvres reflètent alors toujours sa combattivité, notamment Plutionan Odes qui pose un regard critique sur le nucléaire. Il meurt entouré de ses amis le 5 avril 1997 à New York.

Aujourd’hui encore des artistes tel Patti Smith ou Philip Glass (qui a mis en musique un de ses textes : Wichita Vortex Sutra) lui rendent régulièrement hommage et entretiennent le mémoire d’un des poètes les plus respectés de son temps.

Article rédigé par
Melanie C.
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