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76e Festival d’Avignon : un dernier tour de piste pour Olivier Py

28 mai 2022
Par Félix Tardieu
Portrait d'Olivier Py, directeur du festival d'Avignon
Portrait d'Olivier Py, directeur du festival d'Avignon ©Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

Le metteur en scène et dramaturge Olivier Py, à la tête du Festival d’Avignon depuis 2013, arrive au terme de son mandat avec cette 76e édition. Ce dernier y présentera deux spectacles pour conclure son mandat comme il se doit. 

Après huit années de bons et loyaux services, Olivier Py s’apprête à remettre les clés du Festival d’Avignon au metteur en scène portugais Tiago Rodrigues, lequel avait ouvert de la dernière édition du Festival, dans la Cour d’honneur du Palais des papes, avec une adaptation de La Cerisaie de Tchekhov (Isabelle Huppert y incarnait Lioubov), après avoir triomphé à Avignon à deux reprises – en 2015 avec sa version d’Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare puis en 2017 avec Sopro, hommage à une souffleuse du Théâtre national Dona Maria II de Lisbonne, dont Rodrigues est à présent l’ex-directeur. Le metteur en scène portugais prendra ses fonctions lors de l’édition 2023 du festival. C’est la première fois qu’un artiste étranger assumera cette fonction depuis la création du festival en 1947 par l’homme de théâtre Jean Vilar (1912-1971). 

L’odyssée de Py

Olivier Py avait été nommé à la tête du festival d’Avignon en 2013 et avait pris ses fonctions pour l’édition 2014, ce près de trente ans après son premier passage dans la Cité des Papes – c’était en 1985, il avait à peine 20 ans et il jouait L’Écume des jours dans le Festival « Off ». Son coup d’éclat dans le « In », en tant que metteur en scène, surviendra en 1995 avec La Servante, un spectacle fleuve de vingt-quatre heures constitué de cinq pièces entrecoupées de cinq « dramaticules », qui fit forte impression. Il reviendra y présenter, entre autres, Le visage d’Orphée en 1997, Les vainqueurs en 2005 ou encore Orlando ou l’impatience en 2014 pour sa première année à la tête de la manifestation.

Répétition de Ma jeunesse exaltée, Olivier Py, 2022 ©Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

Pour sa dernière année de mandat, Olivier Py, qui assure par ailleurs que ce 76e Festival d’Avignon ne sera « ni récapitulatif, ni commémoratif », présentera deux de ses créations : le dernier jour du festival, Olivier Py endossera une fois de plus la panoplie de Miss Knife, son alter ego de cabaret, rejoint par les Ukrainiennes du groupe de cabaret punk Dakh Daughters et par la chanteuse béninoise Angélique Kidjo, le tout accompagné par l’Orchestre national Avignon-Provence. Plus symbolique encore, Olivier Py présentera pendant le festival Une jeunesse exaltée, marathon théâtral d’une dizaine heures où le metteur en scène se réapproprie la figure d’Arlequin dans un ultime hommage à la jeunesse, dans le lieu même – le gymnase du lycée Aubanel – où ce dernier avait présenté La Servante en 1995. La boucle est bouclée.

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Article rédigé par
Félix Tardieu
Félix Tardieu
Journaliste