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Clap de fin pour le Bus Palladium, club emblématique de la nuit parisienne

21 février 2022
Par Félix Tardieu
Arthur Dupont dans le film "Bus Palladium" de Christopher Thompson (2009)
Arthur Dupont dans le film "Bus Palladium" de Christopher Thompson (2009) ©StudioCanal

C’est une page qui se tourne. La mythique salle de concert du Bus Palladium, en plein coeur du quartier de Pigalle, à Paris, va fermer définitivement ses portes en mars prochain et sera remplacée par un hôtel.

La fin d’une époque. Le Bus Palladium, club parisien ouvert dans les années 1960 et dédié à la scène rock, s’apprête à fermer ses portes après plus d’un demi-siècle d’existence. C’est Cyril Bodin, directeur artistique du Palladium, qui a annoncé la nouvelle sur la page Facebook du club mythique, malgré une très mince lueur d’espoir : « L’immeuble va être rasé pour faire place à un hôtel mais il n’est pas impossible que le club soit reconstitué à l’identique (…) mais il faudra compter deux ans de travaux minimum », a-t-il déclaré. Le Bus Palladium restera ouvert à la programmation pendant encore un petit mois, y compris en semaine, avant de définitivement baisser le rideau.

La folle histoire du Bus Palladium

L’établissement parisien a pour la première fois ouvert ses portes en 1965 à l’initiative de l’homme d’affaires James Arch, avec cette particularité d’avoir mis en place un système de navette pour permettre aux jeunes des banlieues parisiennes de prendre plus facilement part aux concerts dans les clubs de la capitale. Il tirera alors son nom du Palladium, célèbre boîte new-yorkaise, et d’un article du journaliste Jacques Chancel titré « Des bus pour le Palladium ». À peine inauguré, le club accueille entre ses murs un certain Salvador Dalí, qui y commande simplement une bouteille d’eau plate pour lui et ses amis. Une visite visiblement bénéfique puisque le Palladium attirera par la suite des icônes de la scène rock à l’instar de Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Hervé Vilard, les Jets, Jimmy Cliff, les Beatles ou encore Mick Jagger, le leader des Rolling Stones, qui viendra y fêter son anniversaire. Le groupe de rock français Téléphone y enregistrera son premier 45 tours en 1977.

De 1981 à 1996, le Bus Palladium accueille chaque année le Bus d’Acier, récompense musicale successivement décernée à Alain Bashung, premier lauréat, Charlélie Couture, Indochine, Étienne Daho, Mano Negra, les Rita Mitsouko, etc. Malgré des hauts et des bas, le Bus Palladium s’ancre très vite dans la culture de l’époque et revient à plusieurs reprises dans des chansons de Gainsbourg (Qui est « in », qui est « out »), Michel Delpech (Inventaire 66) ou encore Léo Ferré (Le Palladium), voire plus récemment le duo de chanteuses françaises Brigitte dans un titre aux paroles enjouées et nostalgiques (« Viens, je t’emmène au Palladium / On boira du rock’n’roll / Sur des vieux hits à la gomme »). 

Transformé en simple discothèque au milieu des années 1990, le Bus Palladium retrouve enfin de ses couleurs en 2010 quand Cyril Dion reprend les rênes de l’établissement et y réintègre de la musique live. Ces dernières années, des artistes comme les BB Brunes ou Pete Doherty s’y sont notamment produits. L’année de sa réouverture, le Bus Palladium donnera son nom à un film de Christopher Thompson. La page ne semble en tout cas pas totalement tournée pour le directeur artistique du lieu, ainsi que pour son créateur, James Arch, qui d’après Eric Delhaye (Télérama) prépareraient chacun un livre sur la folle histoire du Bus.

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Article rédigé par
Félix Tardieu
Félix Tardieu
Journaliste