Entre blockbusters et découvertes inattendues, les grandes expositions de l’automne ont toutes ouvert leurs portes. Comme chaque année, l’offre culturelle est généreuse et la programmation particulièrement alléchante. Reste à faire son choix parmi toutes ces propositions ! On vous aide à y voir plus clair.
Introduction
Du bicentenaire de la photographie à la Bourse de Commerce au centenaire de la mort de Claude Monet au musée de l’Orangerie, plusieurs célébrations marquent cette fin d’année. Mais d’autres grands noms, de Gustave Fayet à Paul Cézanne, en passant par le Tintoret, Andy Warhol et Kerry James Marshall, sont également à l’honneur, avec des expositions qui invitent à redécouvrir leurs œuvres et à explorer de nouvelles facettes de leur héritage artistique.
| Gustave Fayet, collectionneur – Créateur. Icônes de l’art moderne, à la Fondation Louis Vuitton jusqu’au 8 mars 2027
Après celles de Sergueï Chtchoukine et des frères Morozov, la Fondation Louis Vuitton rassemble pour la première fois la collection de Gustave Fayet (1865-1925), aujourd’hui dispersée entre de grandes institutions internationales et des collections privées. À travers plus de 250 œuvres signées Gauguin, Van Gogh ou encore Odilon Redon, pour ne citer que quelques noms, l’exposition se révèle un véritable musée des avant-gardes de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle.

Le parcours dévoile de nombreux chefs-d’œuvre de ces artistes, tout en révélant, grâce à 375 de ses créations, les multiples facettes du talent de Gustave Fayet. Collectionneur passionné, il a lui aussi exploré des domaines aussi variés que la peinture, le dessin sur papier buvard, la céramique, le textile ou encore le vitrail. Son goût pour les arts décoratifs l’a même conduit à fonder des ateliers de céramique et de verrerie, ainsi qu’une manufacture de tapis, témoignant d’une vision de l’art qui dépasse largement les frontières de la toile.
| Kerry James Marshall. The Histories*, au MAM, jusqu’au 24 janvier 2027
Le musée d’Art moderne de Paris a, quant à lui, choisi de mettre à l’honneur un artiste moins connu du grand public, mais fascinant : Kerry James Marshall. Il est considéré par de nombreux experts comme l’un des peintres contemporains les plus influents. Intitulée The Histories, l’exposition rassemble 70 œuvres, dont huit peintures inédites réalisées spécialement pour l’accrochage.

Ses œuvres de grand format mettent en lumière des personnages noirs dans des scènes du quotidien qui prennent, sous son pinceau, des allures de véritables récits épiques. Mais l’artiste va plus loin. Il revisite l’histoire de l’art pour y inscrire les personnes noires, comme en témoignent ses œuvres The Invisible Man (1986) et The Wonderful One (1986), dans lesquelles il détourne les stéréotypes racistes, ainsi que ses portraits d’esclaves rebelles et d’abolitionnistes. Au fil du parcours, Kerry James Marshall affirme ainsi son ambition : investir pleinement le genre de la peinture d’histoire pour en renouveler les récits et les protagonistes.
| Cézanne et nous, au Grand Palais, jusqu’au 17 janvier 2027
Cézanne, encore ? Oui, mais pas seulement ! Le Grand Palais ne se contente pas d’une énième exposition consacrée au maître de la peinture moderne, il propose un dialogue entre son œuvre et celles d’artistes majeurs, de la fin du XIXᵉ siècle à nos jours, de Pablo Picasso à Peter Doig.

Si certains rapprochements peuvent sembler un brin tirés par les cheveux, la plupart se révèlent convaincants et permettent surtout de découvrir quantité de chefs-d’œuvre. Au total, 174 œuvres sont réunies, dont 69 de Cézanne, autour d’un ensemble de 79 artistes. Particulièrement éclectique, la sélection impressionne : André Derain, Pierre Bonnard, David Hockney, Roy Lichtenstein, Wolfgang Tillmans ou encore Zao Wou-Ki. De la Montagne Sainte-Victoire aux Baigneurs, les motifs emblématiques de la peinture de Cézanne sont ainsi explorés sous différents angles. Et si certaines toiles sont bien connues, d’autres, venues notamment d’Angleterre ou des États-Unis, réservent de belles découvertes.
| Éternel Tintoret, au musée Jacquemart-André, jusqu’au 24 janvier 2027
Cet automne, le musée Jacquemart-André consacre une exposition à Jacopo Robusti, figure majeure de la Renaissance italienne, surnommé Le Tintoret (1518/19-1594), en référence au métier de teinturier de son père. Le parcours retrace, pour la première fois en France, l’ensemble de sa carrière et met également l’accent sur l’influence de son art, qui s’est exercée bien au-delà de son époque et des frontières italiennes, jusqu’à marquer profondément la peinture française du XIXᵉ siècle.

Réunissant une quarantaine de tableaux et d’œuvres graphiques, l’exposition s’articule autour de différents axes thématiques, comme « Le drame sacré » ou « Le peintre des modernes ». Elle présente également des œuvres phares de sa production, telles que Le miracle de saint Augustin (1547-1549) ou Suzanne et les vieillards (vers 1555-1556). Une occasion unique de découvrir ces œuvres en France.
| Andy Warhol. La ligne et l’image, au musée du Luxembourg, jusqu’au 10 janvier 2027
Vous croyez tout connaître d’Andy Warhol ? Cette exposition risque bien de vous surprendre. Elle met en lumière une facette méconnue du pionnier du pop art : son talent pour le dessin. Certaines œuvres étonnent tant elles contrastent avec l’image que l’on connaît de l’artiste, à l’instar de Figures en patins à roulettes (1946-1947), réalisée à l’encre et à l’aquarelle sur papier. Le parcours offre néanmoins quelques repères familiers, comme ses iconiques boîtes de conserve, ici déclinées au crayon et à la tempera sur papier, ses portraits de Marilyn Monroe et de Mao, ainsi que la célèbre étude pour Querelle (1982), le dernier film de Rainer Werner Fassbinder.

L’intérêt de l’exposition réside toutefois dans la présentation de dessins plus rarement montrés au public, notamment des compositions homoérotiques dans la lignée de Cocteau, restées dans la sphère privée jusqu’au début des années 1960. Autre ensemble marquant, la série des Crânes fait écho à l’attentat dont Warhol a été victime en 1968 et auquel il a survécu de justesse. Autant de découvertes qui révèlent une facette moins connue de l’œuvre d’un artiste pourtant omniprésent dans l’imaginaire collectif.