Désormais baptisé « Vibe », le chatbot d’intelligence artificielle de la startup parisienne vise un public plus professionnel.
Introduction
« Le Chat » n’est plus. Sans doute pas assez sérieux, pas assez international aussi, le robot conversationnel de Mistral change d’état civil et devient « Vibe », un patronyme portant clairement les nouvelles ambitions stratégiques de son concepteur. Comme la concurrence de chez Anthropic, Google ou OpenAI, l’heure n’est plus à séduire le grand public, mais bien les entreprises, pour qu’elles souscrivent d’onéreux abonnements offrant les tokens nécessaires au fonctionnement des agents d’intelligence artificielle.
“Le Chat” devient “Vibe”
La lune de miel est déjà terminée pour les concepteurs de robots conversationnels alimentés par l’intelligence artificielle. Si le public est globalement conquis par ces outils, rares sont ceux qui sortent la carte bancaire pour souscrire les inévitables abonnements qui permettent de décupler les limites d’utilisation. Mais, alors que les investissements de l’IA ne faiblissent pas, il devient urgent de dégager des fonds pour ne pas frôler la banqueroute. Des fonds que les grands de la tech pensent pouvoir trouver auprès des pros, avec la révolution annoncée des « agents d’IA », ces outils spécialisés, autonomes, permettant d’effectuer des tâches répétitives sans aucune considération horaire.
Si le chatbot de Mistraltel que vous le connaissez peut-être est toujours accessible au grand public depuis l’application sur smartphones, l’entreprise change de braquet. Son robot d’IA peut désormais se greffer à des espaces de travail tels que Google Workspace, Slack, GitHub ou Notion et gérer des tâches complexes dans les outils que les pros utilisent déjà au quotidien.
« Vibe est désormais un assistant unique pour les tâches de longue durée et en plusieurs étapes. Il passe en revue votre boîte de réception et votre agenda, effectue des recherches approfondies, rédige des documents et coordonne les processus récurrents qui régissent votre quotidien. Il prend également en charge les tâches de codage, de la requête à la fusion des modifications, que ce soit dans l’application web, votre éditeur ou votre terminal. L’agent développe des fonctionnalités, corrige des bugs, refactorise le code et envoie des pull requests prêtes à être révisées. »
Mistral
Un outil taillé pour les développeurs
Avec son nom faisant une référence directe au vibe coding, ou le fait de laisser l’IA écrire du code à notre place, Mistral indique assez clairement dans quelle direction il souhaite se développer. Tentant de se mettre au niveau de son grand rival Anthropic, Mistral lance aussi le « Mode Code » (un paronyme évident de Claude Code), décuplant encore les capacités de programmation et de débogage de ses grands modèles de langage (LLM) de ses outils pour séduire les pros.
Vibe est accessible gratuitement sur le Web dans une version assez limitée, mais permettant de commencer à éprouver les capacités de l’outil. Il est également disponible via des lignes de commande (CLI) et dans une nouvelle extension VS Code pour les développeurs – comme Claude Code ou ChatGPT Codex. L’outil reste néanmoins plus accessible que ceux de la concurrence avec une offre Pro qui démarre à 17,99 € par mois et une formule Équipe à partir de 29,99 € par personne. Pour les entreprises de plus grande taille, la tarification est établie sur devis.
Mistral a une position assez unique dans le paysage des entreprises de la tech en sa qualité de fleuron français (et même européen) de l’intelligence artificielle. Pourtant, à part nous autres Français·es, peu d’internautes semblent connaître l’existence de l’entreprise, qui peine à garder la tête hors de l’eau alors que ses grands rivaux américains et chinois inondent l’espace avec des LLM toujours plus perfectionnés à un rythme inédit.