Du 30 janvier au 24 mai, Global Warning par Martin Parr offre une plongée dans un demi-siècle d’images drôles, inconfortables et révélatrices d’un monde obsédé par le loisir, la consommation et la mise en scène de soi.
Au musée situé au cœur du jardin des Tuileries, l’exposition Global Warning propose une rétrospective thématique réunissant près de 180 photographies du Britannique Martin Parr. Elle rend hommage à cette figure de la photographie, décédée en décembre dernier, célèbre pour son regard ironique, frontal et mordant sur les sociétés occidentales. Ce projet s’inscrit entre outre dans la ligne éditoriale du lieu, consacré à l’image sous toutes ses formes, de la photographie à la vidéo.
Que raconte Global Warning ?
L’exposition offre une relecture de plus de 50 ans de carrière. Le titre joue sur les expressions global warming (« réchauffement climatique ») et global warning (« avertissement mondial ») pour interroger nos modes de vie : tourisme de masse, surconsommation, crise écologique, dépendance technologique… « Il ne s’agit pourtant ni d’une rétrospective, ni d’une exposition testamentaire », comme le note France Info, mais d’une « lecture un peu sérieuse de son travail », commente Quentin Bajac, directeur du Jeu de paume et commissaire de l’exposition.
Plages saturées, supermarchés débordant de produits, touristes rivés à leurs smartphones, animaux humanisés ou objets kitsch : l’esthétique de Parr repose sur des couleurs vives, des cadrages directs et un humour visuel. « J’aime que mes photos soient vives, colorées et, je l’espère, accessibles, parce que je souhaite toucher le public le plus large possible », expliquait-il dans le livre entretien signé par Bajac en 2013, Le mélange des genres (cité par France info).
Que disent les premiers retours critiques ?
La presse salue largement la force du dispositif. Milk Decoration parle d’un « véritable événement » retraçant « un demi-siècle de création photographique » et d’une œuvre qui « nous invite, plus que jamais, à l’introspection ». Le Parisien évoque « un sourire dans la débâcle du monde », décrivant des images où « c’est nous encore » qui sommes photographiés dans nos contradictions.
Pour Télérama, cette exposition posthume consacre Parr en « humaniste du quotidien », capable de mêler « empathie certaine » et ironie. Quant à France Info, elle voit dans Global Warning « un tour du monde édifiant des dérives de nos sociétés globalisées », porté par un regard « visionnaire » sur les excès contemporains.