Dans son arsenal de mesures en faveur de la sobriété énergétique, le gouvernement a prévu l’obligation d’installer des thermostats programmables dans tous les logements. Que dit la loi ? C’est pour quand, pour qui et qui en a la charge financière ? On fait le point en quelques questions.
Le décret initial (qui date de l’été 2023) prévoyait d’appliquer cette obligation au 1er janvier 2027. On a récemment eu la confirmation que, pour les logements existants, le gouvernement a décidé de repousser l’obligation d’équipement en thermostat au 1er janvier 2030 (le nouveau décret, tout frais, date du 26 décembre 2025). Le but de ce report est de laisser plus de temps et « de souplesse » aux Françaises et Français pour s’équiper.
Toutefois, les bâtiments qui seront construits à partir de janvier 2027 devront obligatoirement en être équipés. De la même manière, si vous procédez à l’installation d’un nouveau système de chauffage, il doit être pourvu d’un « système de régulation automatique de la température » (c’est le cas depuis 2018).
Qui est concerné ?
Sont visés par cette obligation les « bâtiments résidentiels et tertiaires » – comprenez par là les particuliers, qui devront équiper leur logement, ainsi que les professionnels et locaux publics (ces derniers bénéficient du même délai, jusqu’à 2030). Quasiment tous les systèmes de chauffage sont concernés, à l’exception de ceux qui ne sont pas automatiquement alimentés en combustible (comme les cheminées ou poêles à bois, par exemple).
Le thermostat doit-il être connecté ?
Le texte a pu être interprété de cette manière à tort. En effet, rien n’indique qu’il faut opter pour un modèle connecté. La loi prévoit que les logements doivent renfermer un thermostat programmable gérant la température pièce par pièce ou éventuellement par zones « si c’est justifié ». Le pilotage par pièce est ce qui permet de faire le plus d’économies d’énergie : l’Ademe estime que dans cette configuration, elles peuvent atteindre jusqu’à 15 %. Les modèles connectés répondent à ces exigences, mais la connectivité n’est pas une condition sine qua non pour répondre à l’obligation. Précisons au passage que le texte de loi prévoit, comme pour le chauffage, le même type de régulation de la température (par pièce ou par zone également) pour les systèmes de refroidissement si les logements en sont pourvus.

Combien ça coûte ? Existe-t-il des aides ?
L’Ademe estime que le coût d’un thermostat programmable varie de 60 à 250 €, auxquels il faut ajouter 150 à 300 € si on fait appel à un professionnel pour l’installation. Ce prix nous semble relativement cohérent aussi si on veut s’équiper d’un thermostat connecté composé d’un pack de départ, accompagné soit d’un second thermostat, soit de quelques vannes thermostatiques. Naturellement, tout dépend du modèle choisi et surtout du nombre de radiateurs à équiper – s’ils sont nombreux, mieux vaut opter pour des têtes vendues en pack, ce qui est généralement plus avantageux.
Concernant les aides, plusieurs opérations « coup de pouce » ont été proposées sur les thermostats par le passé, mais aucune n’a cours au moment où nous écrivons ces lignes. En revanche, il est possible de solliciter des aides dans le cadre des certificats d’économies d’énergie (CEE) auprès des fournisseurs d’énergie. À noter que, si vous vous chauffez à l’aide de radiateurs électriques, sous certaines conditions, il est possible de faire installer de tels dispositifs gratuitement.
Qui a la charge de l’installation ?
Si vous êtes propriétaire du logement dans lequel vous vivez, l’installation est à votre charge (même s’il n’est pas prévu que qui que ce soit vienne vérifier la présence d’un tel équipement chez vous…). En revanche, si vous en êtes locataire, c’est au bailleur de faire le nécessaire pour respecter l’obligation légale. D’ailleurs, selon l’IGNES, « cette mesure vise surtout à s’assurer que les 40 % des ménages locataires puissent rapidement bénéficier de cet équipement minimal de pilotage de leur chauffage, alors qu’ils dépendent de leur propriétaire pour son installation. Les chiffres confirment ainsi que les ménages locataires sont aujourd’hui plus faiblement équipés (seulement 40 % contre 60 % des propriétaires occupants) ».

Pour autant, faut-il attendre 2030 ?
Tous les acteurs du secteur s’accordent sur ce point : malgré ce report, rien n’empêche de s’équiper dès maintenant, d’autant que les économies substantielles qu’il est possible de réaliser le justifient amplement. Dans un récent communiqué de presse sur les thermostats, l’IGNES a repris les estimations de l’Ademe concernant les économies réalisables sur les factures d’énergie : jusqu’à 270 € par an pour une maison chauffée à l’électricité (sur la base d’une facture de 1 800 €/an) et jusqu’à 210 € si le logement est chauffé au gaz (sur une facture annuelle de 1 400 €). L’IGNES a ensuite fait le calcul : un thermostat serait rentabilisé en moins de cinq ans. Si on se base cette fois sur l’étude sur le pilotage connecté récemment réalisée par la CSTB à l’initiative de l’IGNES, justement, en choisissant une solution de chauffage connectée, selon la maison et son niveau d’isolation, l’économie pourrait grimper jusqu’à 30 %.