Jusqu’à 30 % : c’est l’économie qu’on peut espérer réaliser sur les consommations énergétiques dans une maison individuelle grâce au pilotage connecté des principaux usages. C’est ce que révèle une étude d’IGNES réalisée par le CSTB.
Jusqu’à présent, quand on parlait d’économies possibles grâce à la maison connectée, un chiffre revenait souvent, à savoir qu’on peut faire 15 % d’économies d’énergie sur le chauffage en installant un thermostat programmable – connecté ou non, d’ailleurs. Toutefois, ce chiffre datant de plus de dix ans, les technologies ont évolué ; les usages aussi. Il existe notamment des solutions de pilotage connectées plus globales. C’est la raison pour laquelle IGNES (l’Alliance des industriels des solutions électriques et numériques du bâtiment) a commandé une étude réalisée par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) pour quantifier les économies réelles dont on peut bénéficier grâce à une maison connectée aujourd’hui.

Plus de 1500 simulations sur une maison de 100 m2
Cette étude nommée « Évaluation multicritère des solutions de pilotage connecté pour la maison individuelle » porte sur un système composé d’une box domotique reliée à divers équipements connectés. Le but est d’évaluer l’impact annuel du système de pilotage connecté sur quatre postes : l’économie d’énergie (sur les cinq usages que sont le chauffage, la climatisation, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage, la « ventilation et auxiliaires »), le confort thermique en été et en hiver, les émissions de gaz à effet de serre et la flexibilité (la possibilité de décaler les usages aux moments opportuns).
Dans le cadre de l’étude, le CSTB a réalisé plus de 1500 simulations numériques dont l’objet est une maison de plain-pied de quatre pièces, d’une surface habitable de 100 m² – ce socle est demeuré identique dans toutes les simulations. En revanche, tous les autres critères ont systématiquement varié : la zone géographique (avec des climats différents), le type de chauffage, le mode de production d’eau chaude sanitaire, l’année de construction de la maison ainsi que son niveau d’isolation, la composition du ménage (couple de retraités ou famille de quatre personnes) et le mode de vie (télétravail, semaines de travail classiques ou hybrides…).

Enfin, pour pouvoir faire des comparaisons et calculer l’apport de la connectivité, trois scenarii ont été définis avec des niveaux d’automatisation différents :
– un scénariodit de « base » (sans programmation, sans régulation, avec toutes les pièces chauffées à la même température, une gestion manuelle des volets roulants et le ballon d’eau chaude qui fonctionne toute l’année sans distinction (vacances, horaires…),
– un scénario « base + » correspondant aux logements plus récents, construits après 2012 avec seulement quelques programmations (thermostat programmable, régulation basique du chauffage au niveau des radiateurs, volets roulants manuels…),
– et enfin, un scénario « pilotage connecté » dans lequel les principaux usages sont programmables et commandables à distance (chauffage programmable pièce par pièce, ballon d’eau chaude dont l’activité est calquée sur les habitudes, volets roulants automatisés, climatisation gérée pièce par pièce avec détection de présence…). Dans ce dernier scenario, les équipements connectés sont le chauffage, la climatisation, l’eau chaude sanitaire et les volets roulants.
L’étude a consisté à comparer les résultats obtenus avec un scenario « base » ou « base + » vs une configuration « pilotage connecté ».
Des économies d’énergie conséquentes qui se répercutent sur les factures
La dimension économique est celle qui interroge en premier lieu. D’après l’étude, en maison individuelle, grâce au pilotage connecté, les consommations énergétiques peuvent être réduites jusqu’à 30 %, le gain le plus flagrant étant obtenu dans une maison non isolée d’avant 1974. Toutefois, dans une maison plus récente et mieux isolée (construction après 2012), l’économie reste non négligeable car elle peut atteindre 16 %.
Le syndicat IGNES a fait le calcul : sur la facture, c’est loin d’être négligeable puisqu’on économise au moins 250 € par an (dans une maison isolée équipée d’une pompe à chaleur et d’un chauffe-eau électrique) et jusqu’à 770 € (dans une maison ancienne utilisant des convecteurs électriques et un chauffe-eau électrique).

Si l’on considère l’un des postes de dépenses les plus importants, à savoir le chauffage, l’étude confirme sans surprise l’intérêt d’un pilotage pièce par pièce. Elle met aussi en lumière que la combinaison optimale pour économiser consiste à combiner chauffage connecté et volets roulants connectés. L’économie sur le chauffage peut alors atteindre jusqu’à 38 %.
Une réduction très nette de l’inconfort thermique, surtout en été
À l’inverse, si l’on prend l’exemple d’une maison construite en zone chaude, c’est en période estivale qu’on peut économiser (jusqu’à 35 %) en couplement volets/protections solaires connectés et pilotage automatisé de la climatisation. Et les économies d’énergie ne sont pas le seul avantage. L’étude met en évidence une réduction de 50 % de l’inconfort en cas de forte chaleur (maisons non climatisées), ce qui est loin d’être anodin dans un contexte d’augmentation de la température, avec des périodes de canicule répétées.
Des gains significatifs quelle que soit la maison, la composition familiale et le mode de vie
L’étude est vraiment complète, si bien qu’il est difficile de présenter tous les résultats de manière exhaustive (si vous souhaitez la consulter, elle est accessible via le site d’IGNES). Cependant, il nous semble intéressant de relever que le pilotage connecté garantit des économies substantielles dans toutes les circonstances testées : quelles que soient la composition du foyer (couple de retraités ou famille de quatre personnes), la zone géographique, les habitudes de vie et surtout quelle que soit l’année de construction de la maison et son niveau d’isolation.
En confirmant que la connectivité permet d’optimiser la performance des habitations, cette étude montre que ces systèmes de pilotage ont toute leur place au sein d’une politique globale de sobriété énergétique des logements. Les solutions connectées ne remplaceront certes pas des travaux d’isolation, mais elles peuvent constituer une solution complémentaire pour faire baisser les consommations. Laissons le mot de la fin à IGNES, qui conclut que cette étude « assoit le caractère incontournable de ces systèmes dans le logement pour ‘’consommer moins’’ et demain le ‘’consommer mieux’’ ».