Entretien

The Woman in the Wall : 5 questions à Ruth Wilson

22 janvier 2024
Par Agathe Renac
“The Woman in the Wall” est disponible sur Paramount+ depuis le 20 janvier.
“The Woman in the Wall” est disponible sur Paramount+ depuis le 20 janvier. ©Paramount Pictures

Après The affair, Luther et His dark Materials, l’actrice britannique incarne Lorna, une jeune femme qui a survécu aux “blanchisseries Madeleine”. Ruth Wilson nous a accordé une interview, dans laquelle elle revient sur les coulisses de cette série inspirée de faits réels.

The Woman in the Wall est LA série à regarder en ce début d’année. Sombre, étonnante et captivante, elle nous plonge dans une ambiance (très) particulière et nous permet de découvrir une affaire qui a profondément marqué l’Irlande au siècle dernier. L’actrice primée Ruth Wilson y incarne Lorna, une couturière connue par ses voisins pour ses crises de somnambulisme. Traumatisée par son incarcération dans l’un des couvents de la Madeleine (ou « Magdalene laundries »), elle garde de nombreuses séquelles et soufre du manque de son enfant, qui lui a été arraché alors qu’il venait de naître.

Comme des milliers de filles-mères, elle a été forcée à travailler comme blanchisseuse et n’a jamais revu son bébé. Plus de 20 ans plus tard, Lorna se réveille après une crise de somnambulisme et trouve un cadavre dans sa maison. Ne connaissant ni son identité ni sa propre responsabilité dans ce meurtre, elle se lance dans une enquête qui va l’obliger à se confronter à son passé. Aussi intense que convaincante, Ruth Wilson crève l’écran dans un rôle qu’elle interprète à la perfection.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet, au point de vouloir rejoindre l’aventure ?

J’avais l’impression que cette histoire n’avait jamais été racontée. J’avais déjà entendu parler de cette affaire de la blanchisserie Madeleine, j’avais vu le film Philomena avec Judi Dench, mais je ne connaissais pas les détails horrifiants de ce fait divers et je sentais que ce récit valait la peine d’être raconté. J’ai tout de suite senti que le show de Joe Murtagh [le créateur de la série, ndlr] avait la capacité d’atteindre un large public, car il y a un vrai mélange des genres (entre l’horreur, le gothique et le thriller policier), et c’est très divertissant.

Comment choisissez-vous vos rôles ? Que regardez-vous en premier lorsque vous recevez un scénario ?

Ça dépend beaucoup de la période de ma vie et de ce qui m’attire à ce moment-là, mais plusieurs éléments entrent en jeu. Tout d’abord, le personnage, l’histoire et l’univers de la série ou du film doivent être vraiment intéressants. J’accorde aussi une grande importance à l’équipe.

J’ai tout de suite senti que The Woman in the Wall était une production unique : je n’avais jamais lu une telle une histoire et rencontré une telle héroïne. De plus, Joe a une vision très singulière des choses et j’avais déjà travaillé avec la scénariste Harry Wootliff, qui est brillante. Cette fois-ci, toutes les étoiles étaient alignées !

Comment avez-vous préparé le personnage de Lorna ? Vous reconnaissez-vous en elle ?

Je me retrouve dans son aspect combattif et sa soif de justice, mais Dieu merci, je ne suis pas comme elle (rires). Concernant la préparation, j’ai fait énormément de recherches, j’ai lu de nombreux témoignages de femmes qui sont passées par ces institutions et je suis allée sur la côte ouest-irlandaise pour visiter les lieux qui sont au cœur de l’affaire. J’ai aussi travaillé mon accent avec un coach, pour complètement entrer dans mon personnage.

Lorna est somnambule. La nuit, elle fait des choses en étant complètement inconsciente. Vous est-il déjà arrivé d’avoir la sensation de perdre le contrôle ?

J’ai la chance d’avoir un sommeil tranquille ! Je n’ai jamais eu cette sensation d’être désorientée au réveil. En préparant mon rôle, j’ai fait des recherches et je suis tombée sur une femme, somnambule, qui se filme quand elle dort. Finalement, elle ressemble à un bébé qui se promène. Elle jette des objets, parle aux plantes… Ça doit être difficile à vivre, mais c’est très drôle à voir (rires).

©Paramount Pictures

Elle m’a inspirée pour le comportement de mon personnage, parce que c’est quelque chose que je n’ai jamais expérimenté. Enfin… Vous savez, c’est un peu personnel, mais mon père souffre de la maladie d’Alzheimer et je le vois parfois avoir du mal à s’orienter dans l’espace. Je pense que Lorna doit partager ce ressenti. Il est conscient de tout ce qu’il se passe et cette expérience, dans un lieu censé être familier, doit être effrayante.

Entre His Dark Materials et The Woman in the Wall, il est toujours question d’une relation perdue entre une mère et son enfant. Pourquoi la question de la maternité est-elle particulièrement importante pour vous ?

Je ne suis pas maman, donc j’essaie peut-être d’appréhender une situation et un sujet qui me sont inconnus. En réalité, je ne sais pas vraiment pourquoi cette thématique m’intéresse autant. Il s’agit du lien le plus extraordinaire qui existe entre deux êtres humains, donc ça représente forcément un terrain de jeu gigantesque pour imaginer des histoires. The Woman in the Wall s’inspire néanmoins du réel et nous raconte la séparation brutale et douloureuse entre toutes ces femmes et leurs enfants, et le vide qu’elle a provoqué.

The Woman in the Wall est disponible sur Paramount+.

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Article rédigé par
Agathe Renac
Agathe Renac
Journaliste