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Quel est le problème du producteur de Final Fantasy XVI avec les JRPG ?

13 mars 2023
Par Vincent Oms
Quel est le problème du producteur de Final Fantasy XVI avec les JRPG ?
©Square Enix

Alors que la période de promotion autour du titre de Square Enix bat son plein, son producteur a soulevé une question pertinente.

La question du genre est souvent d’actualité, mais désormais, il faudra aussi y réfléchir lorsque l’on évoque un jeu vidéo. Le producteur de Final Fantasy XVI (à sortir en juin prochain), Naoki Yoshida, avait déjà beaucoup fait parler de lui suite à son agacement autour des questions récurrentes (mais fondées) liées à une future version PC.

Conseillant aux joueurs de s’acheter une PlayStation 5, il pensait régler ainsi ce problème, et continuer la promotion autour de son futur titre paisiblement. Hélas, c’était sans compter sur un autre terme qui n’a pas manqué de provoquer sa colère, plus légitime : la classification de son jeu en « JRPG ».

Aux racines du mal

Petit rappel pour les néophytes : le JRPG, c’est tout simplement l’abréviation de Japanese Role Playing Game, par opposition aux CRPG, Computer Role Playing Game. La différenciation est née lorsque les premiers RPG japonais ont pointé le bout de leur nez vers la fin des années 1980, s’écartant du modèle occidental, resté plus fidèle aux jeux de plateau classiques. À l’époque, les productions japonaises étaient si nombreuses et différentes que le terme s’est imposé de lui-même.

Mais Yoshi-P, de son surnom, n’apprécie pas cette classification, qu’il juge raciste. Il explique que pour beaucoup de développeurs japonais, le terme est connoté négativement, avec nombre de remarques désobligeantes associées, notamment de la part de journalistes occidentaux.

Festival de dérapages

Une remise en question de certains médias américains, archives à la clé, a révélé toute la pertinence de cette remarque. Poncifs, imitations d’accents racistes… La panoplie est complète et écœurante, notamment de la part de la chaîne G4TV, comme le relève le site Kotaku. Aujourd’hui, le terme apparaît comme plus positif, la bonne santé des productions japonaises y étant pour beaucoup.

Entre un sublime Octopath Traveller II et sa patte graphique unique, des remakes splendides tels que Crisis Core FFVII Reunion, Square Enix aura été l’un des artisans du retour en grâce du genre. Mais au-delà de son aspect connoté, c’est surtout son archaïsme que dénonce le producteur. Aujourd’hui, quelles que soient ses origines, un RPG avance souvent masqué, ses mécaniques infusant un jeu d’action spectaculaire, à même de séduire un plus large public. La leçon est entendue.

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Article rédigé par
Vincent Oms
Vincent Oms
Journaliste
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