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Thin Lizzy : pourquoi la réédition du premier album du groupe de rock irlandais est un must

25 juin 2026

Par Julien D.

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©Fnac

Alors que leur tout premier album enregistré en 1971 ressort dans une luxueuse édition CD et vinlyle truffée de bonus et d’inédits, l’occasion de se repencher sur ce power trio originaire de Dublin était trop belle. Thin Lizzy aura marqué à sa façon l’histoire du rock mondial en ouvrant, aux côtés d’autres groupes comme Deep Purple, Motörhead ou Led Zeppelin, les brèches d’une musique qui deviendra plus connue sous le nom de hard rock.

Introduction

Fin des années 1960, alors que le rock britannique domine la scène internationale, un trio venu de Dublin, conduit par un musicien noir d’origine irlando-guyanaise (dans une scène rock majoritairement blanche), s’impose rapidement comme une formation singulière et va redessiner les contours du hard-rock naissant. Ce groupe, c’est Thin Lizzy.

Fondé en 1969 par Phil Lynott — bassiste, chanteur et principal auteur-compositeur — ce power trio fascine autant par la personnalité de son charismatique leader que par son identité musicale, qui regarde au-delà d’un rock bruyant, binaire et pesant, comme le sont nombre de groupes aspirant à être catalogués « hard rock ».

Premiers de cordée

Car dans ce premier album sorti en 1971, au-delà de compositions nerveuses, parfois sophistiquées, et d’un style de jeu de guitares harmonisées (Metallica, Guns N’ Roses ou encore Iron Maiden reprendront cette signature sonore dans les décennies suivantes), on retrouve de fortes influences propres à l’héritage folk irlandais, mais aussi quelques pincées de blues, voire de funk (Ray Gun et Old Moon Madness), qui ouvriront la voie à des vibrations quasi glam-rock dans les albums suivants.

Côté textes, Lynott magnifie la classe ouvrière, évoque l’histoire romanesque de ce pays de résistances et aborde des questions sociales, raciales et sociétales, construisant ainsi, sans calcul ni posture, sa future réputation de « poète rock ». 

Musicalement novateur et abordant des thèmes qui confortent la « mythique irlandaise », le groupe se fait un nom, se constitue un public et apparaît comme une petite révolution dans le monde du rock anglo-saxon. 

D’ailleurs, la réédition anniversaire de ce premier album éponyme ce 10 juillet 2026 illustre parfaitement ces différentes influences avec son lot de démos, d’outtakes, de mixages alternatifs et ces légendaires John Peel Sessions enregistrées pour la BBC, que l’on a véritablement hâte de découvrir.

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Mettre les amplis à fond et faire le dos rond

Mais si l’Irlandais Phil Lynott chante admirablement son pays et ses semblables, il gardera bien ses distances avec le sujet complexe et ultra casse-gueule des Troubles qui embrasent l’Irlande du Nord et se répercutent sur toute l’île à l’époque où Thin Lizzy rencontre le succès.

Certains verront dans le rayonnement de sa musique une fierté à revendiquer leur identité, mise à l’épreuve depuis des siècles par la couronne anglaise voisine. Mais ni le frontman ni les deux autres membres du groupe ne prendront directement parti dans cette Irlande souvent partisane, devenue parfois militante par obligation et combattante par désespoir.

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Tragiquement scindée en deux (République d’Irlande et Irlande du Nord), l’île voit son conflit interroger artistes et musiciens irlandais, qui dénoncent majoritairement le cycle de la violence plutôt qu’un camp ou un autre.

Pour Thin Lizzy, qui tourne et vend ses disques aussi bien au Royaume-Uni qu’en Irlande (au nord comme au sud), le combat doit rester avant tout humaniste, culturel et musical.

Une inspiration pour la nouvelle génération

La suite, vous la connaissez peut-être. Quelques standards, sûrement. Elle s’écrit comme beaucoup de ces succès qui marquent l’histoire du rock d’hier comme celle d’aujourd’hui. Des tubes que vous avez dans vos playlists (Whisky In The Jar, The Boys Are Back In Town, Dancing In The Moonlight) et une fin tragique digne du « Club des 27 » — même si Phil Lynott est mort à 36 ans — après une vie menée à cent à l’heure, rongé par l’alcool et les drogues dures.

Au début des années 1980, malgré des tensions internes et des problèmes personnels, le groupe continue d’influencer toute une nouvelle génération de musiciens. Ceux du hard rock dit « classique », mais aussi cette scène que l’on qualifiera de rock fusion dans les années 1990. La mort prématurée de Phil Lynott en 1986 met fin à l’histoire de Thin Lizzy, mais la légende, comme la musique, reste bien vivante.

Article rédigé par

Disquaire à la Fnac Montparnasse

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