Entretien

Rencontre avec les Cowboys Fringants

16 août 2011
Par Manue
Rencontre avec les Cowboys Fringants
©Berubé

C’était avant de faire vibrer l’Olympia pendant trois soirs que trois des Cowboys Fringants avaient bien voulu répondre à quelques questions avec une gentillesse et une bonne humeur, devenues rares dans ce métier. Marie-Annick Lépine, Karl Tremblay et Jérôme Dupras nous disaient tout sur leur art, leurs convictions, leurs engagements et se livraient avec honnêteté et sincérité. Une belle rencontre. Mémorable !

Sur la jaquette de votre album « Motel Capri », vous aviez noté : « Les cowboys demeureront à jamais le groupe du peuple ».

Marie-Annick : Rires.

C’est quoi être le groupe du peuple ?

Karl : C’est le groupe qui s’occupe de ses fans, qui vit avec eux. On n’est pas nécessairement des artistes qui se prennent pour d’autres. Nous, notre public, c’est un peu une partie de nos spectacles. Si tu as vu déjà un des nos spectacles, tu verras les gens qui chantent et qui dansent. C’est ça être le groupe du peuple. On ne fait pas de la musique pour l’élite ou pour ces gens-là. On fait de la musique pour le peuple, simple et efficace. On peut boire une bière tranquille ensemble, discuter.

Marie-Annick : On essaye de ne pas créer de grande distance entre nous et le public. Il y a une proximité entre le public et l’artiste. Nous quand on est sur scène, le public est avec nous et nous avec eux. Je pense qu’on réussit vraiment à créer ça dans nos spectacles. En tout cas chez nous, ça a marché. Les gens nous prennent comme si on était des chums, des amis …

Karl : Un peu trop parfois !

Marie Annick : Un peu trop parfois (rires). Bref, je pense c’est ça être le groupe du peuple, c’est être proche du public.

Et puis vous parlez du peuple aussi.

Karl : Effectivement, les paroles de chansons parlent souvent de la classe moyenne, du peuple, de la réalité des gens, de ce qu’on est.

Marie-Annick : C’est plusieurs personnages et c’est par l’entremise de ces personnages que beaucoup de choses sont dites. Je pense qu’on touche cette classe là, tout le monde en fait, l’être humain en général.

Votre image est celle d’un groupe engagé, revendicatif sur les questions environnementales ou de souveraineté du Québec. Avec votre dernier album « Expédition », le côté revendicatif a été moins mis en avant. Aviez-vous envie de casser cette image?

Jérôme: On n’a surtout pas envie de tomber dans une recette toute faite. On voulait se garder une latitude artistique, pouvoir faire ce qu’on veut. En même temps, on n’a pas non complètement évacué l’engagement, on l’a juste traité de façon différente. Il y a des chansons « Histoire de pêche », « Monsieur », on traite de ces sujets qui auparavant, sur les autres albums, étaient peut être plus simples parce que le propos était plus revendicateur, plus cynique et plus dénonciateur. Ca prend une autre forme. On a notre fondation qu’on a crée en 2006 qui sert aussi à ce que notre engagement soit proactif puis nous laisse une totale latitude artistique.

Moi, je trouve que cet album est aussi politique que les autres. Peut-être plus social que politique.

Marie-Annick : Oui plus social. En fait, je trouve ça drôle quand les gens trouvent, oups, qu’on n’est plus engagé. Je trouve qu’il y a un engagement, un discours qui est important dans cet album. Moi, je trouve que la « Tête haute » est un discours important qui n’a pas été traité comme sujet jusqu’à présent. Bobo et la dépression. C’est des sujets encore tabous dans la société. On en parle très peu et pourtant beaucoup de gens ne sont pas bien dans leur peau, sont malheureux. Je trouve cela autant de l’engagement sinon plus. C’est juste la façon dont cela a été abordé. Jean François avait le désir de ne plus être dans le premier degré, trop direct dans le sujet. Vue que c’est par l’entremise de personnages, tu racontes des histoires c’est un peu détourné et c’est moins revendicatif. Je pense que c’est ça l’effort du travail d’écriture de J.F ( Jean François Pauzé) sur cet album là. Il y a un côté plus poétique mais il y a autant de sujets importants que sur les autres albums.

Est ce qu’on vous a reproché d’avoir des chansons revendicatives.

Marie-Annick : Non.

Karl : Peut-être que des personnes se sont un peu tannées de nous mais pas beaucoup 4, 5 …

Marie-Annick : En même temps ca fait 13 ans qu’on existe donc on a gagné beaucoup de fans avec les années mais il y a peut-être des fans du début qui ne nous suivent plus.

Karl : Il y a des gens qui aimaient notre côté rigolo qui nous ont peut-être quitté quand ca a commencé à être politique parce que ce n’était pas leur bagage, ce n’était pas leur idée. Avec le temps ils sont revenus un peu.

Marie-Annick : « Les étoiles filantes » c’est quand même pour tout le monde. C’est un sujet qui peut toucher plusieurs personnes. Ce n’est pas nécessairement engagé. Bref on ne se l’est pas trop fait reproché. Même au contraire parce que nous, mis a part le discours, on a commencé avec le discours mais c’est en 2002 qu’on a commencé à donner à d’autres organismes environnementaux. C’était déjà au début de notre carrière qu’on essayait de faire des choses proactives.

Pouvez-vous nous parler du petit frère de « l’expédition », « sur un air de déjà vu » ?

Jérôme : Pendant qu’on enregistrait « l’expédition », simultanément on a enregistré une trentaine de chansons. C’est au terme de l’enregistrement et du processus créatif qu’on a choisi 14 chansons pour faire « l’expédition ». Les 16 autres, c’était impossible de les insérer mais elles étaient travaillées. On trouvait que les maquettes de départ étaient bonnes. On s’est dit qu’avec ces chansons là, on allait faire un disque que l’on allait mettre sur le marché pour, à la fois, faire un bonus aux fans et puis nous se permettre de jouer quelques unes des chansons, sur scène. « L’expédition » c’est un album un peu plus tranquille, un concept avec une ligne directrice. « L’expédition » et « Sur une air de déjà vu », c’est un peu comme le yin et le yang. « Sur un air de déjà vu » c’est notre côté humoristique, plus rigolo, plus rythmé, plus festif. Avec ces 30 chansons là, on a l’ensemble de l’univers des cowboys.

Pourquoi ne pas l’avoir publié en même temps, c’était pour vraiment les séparer ?

Marie-Annick : Je pense que « l’expédition » nous amène quelque part. C’est une évolution des Cowboys fringants. « L’expédition », c’est l’album qu’on voulait faire, un album avec une belle ligne directrice, des chansons qui vont bien ensemble. Sortir les deux en même temps, c’est gâcher un peu le côté où nous voulions aller. C’est pour cela qu’on le sort un peu plus tard mais on ne voulait pas renier le côté humoristique des cowboys. On l’a appelé justement « sur un air de déjà vu » parce que ça ressemble à ce qu’on a déjà fait.

Votre engagement pour la protection de l’environnement ne se résume pas à l’écriture de quelques chansons. J’aimerais que vous nous parliez de votre action avec la fondation des Cowboys Fringants.

Jérôme : On a crée notre fondation en 2006 mais depuis 2000 on participait à différentes causes et on donnait à des organismes. On a voulu rendre tout cela plus transparent, plus rigoureux. Le principe c’est simple, c’est à partir des billets de spectacle et des ventes d’albums qu’on se finance. On prend toujours une partie des profits là-dessus et on les utilise pour mener des projets concrets sur le terrain. La première classe de projets, c’est la protection de territoires à haute valeur écologique, des habitats précaires, des espèces menacées au Québec, des endroits qui ne sont pas encore protégés. Nous, avec des organismes partenaires, comme Conservation pour la nature, on va acheter ces territoires et en faire des aires protégées naturelles privées au Québec. De l’autre coté, on veut que nos concerts soient des évènements éco-responsables. On veut minimiser le plus possible nos impacts néfastes sur l’environnement alors on mesure de façon assez fine le gaz carbonique, le co2 que nous on émet mais que le public aussi émet. Avec des plantations d’arbres, on va faire des équivalences carbone. Au Québec, il y a un projet de plantation de 35 000 arbres qui est en chantier. On avait aussi le désir de faire la même chose en Europe alors on s’est associé à un groupe qui s’appelle « Planète Urgence » qui fait des projets pour réconcilier les discours Nord-Sud, entre les pays pauvres et occidentaux. Le principe, c’est que pour chaque billet vendu, on remet le financement nécessaire pour planter un arbre. Un billet vendu, c’est un arbre planté. Les arbres sont plantés en Indonésie pour restaurer les écosystèmes côtiers, les mangroves. Notre engagement aujourd’hui, c’est donc dans le concret.

Marie-Annick : Cette semaine, avec les concerts, c’est 25 000 personnes qui vont venir nous voir, c’est donc 25 000 arbres qui seront plantés.

Etes-vous satisfaits de la politique d’environnement au Québec ?

Jérôme : On a crée notre fondation parce qu’il y a eu un grand débat début 2000 au niveau des aires protégées, la création de ces territoires là. A cette époque là, il y avait 5% du territoire qui était conservé, aujourd’hui on est rendu à 8%. La politique environnementale, c’est aussi la politique de la gestion des ressources naturelles, la production d’énergie. Au niveau des coupes de forêts, des mines, on prend une bonne direction mais on part de loin car il y avait des régions au Québec où on vivait pour exploiter la nature sans trop vraiment penser à sa régénération. On prend un axe de politique de développement durable. Il y a la politique environnementale mais il y a aussi l’action citoyenne. C’est aux deux plans de faire leur bout de chemin. On est sur la bonne voie. Dans le Canada, le Québec est la province qui est le plus en avant sur ce sujet. Même par rapport à l’Amérique du Nord. On n’est pas au même niveau qu’en Europe pour certains problèmes de transports en commun mais …

Marie-Annick : C’est plus difficile pour la question des transports en commun au Québec parce que c’est des grands espaces avec peu de monde. Ca ne sert pas à grand chose de construire un TGV qui se rendrait en Gaspésie, il n’y a personne qui le prendrait.

On connaît votre position sur la question de la souveraineté du Québec. Est-ce que le drapeau des Cowboys est toujours en berne ?

Jérôme : Présentement, au Québec, c’est un gouvernement qui est fédéraliste. Le discours sur la souveraineté est donc évacué. Mais si on regarde la position du parti québécois qui est le parti souverainiste, nous, on trouve que le discours n’a pas été vraiment renouvelé depuis la première vague des années 70. On arrive aujourd’hui et c’est un discours un peu rigide et pas très dynamique. En fait, le projet souverainiste ne soulève pas énormément de passion. Nous, on l’est toujours au fond de notre cœur car on pense qu’on a une diversité culturelle assez forte pour pouvoir gérer plus de points de compétence au Québec directement. Mais bon présentement le groupement n’est pas très fort. Si on regarde à hisser le drapeau national du Québec, je pense qu’il est encore en bas.

Marie-Annick : Ça va revenir. C’est des vagues, des cycles.

Jérôme : Avec la nouvelle génération, nous, on essaye de s’impliquer, de rendre plus intéressant le projet. Justement les questions environnementales, ça peut être un bel axe pour dire au Québec qu’on peut faire cavalier seul au Canada. On pourrait se servir de ce tremplin là pour sortir plus fort.

Marie-Annick : Je me dis que, dans quelques années, ça va être notre génération qui sera peut-être au pouvoir. Alors peut-être qu’à ce moment là, il y aura de nouvelles idées.

Karl : C’est bien aussi de garder le mot pour les générations futures. Le référendum de 95 a déjà 14 ans aujourd’hui. Il y a des gens de 14 ans qui n’étaient pas nés et à l’école, ça été un peu évacué des programmes scolaires. C’est bien que les gens se souviennent qu’il y a cette option là qui est encore possible C’est un rêve de nos parents. C’est un rêve de nous, jeunes adolescents, qui est encore possible aujourd’hui.

Marie-Annick : Il y a peut-être aussi d’autres débats qui sont plus importants présentement comme les questions d’environnement.

Karl : C’est vrai, il y a l’urgence de la récession, du problème de la crise climatique. C’est plus vaste mais ça n’évacue pas le coté politique et social de la chose.

Qu’est-ce que le Québec pour vous aujourd’hui ?

Jérôme : Comme dans la mouvance du monde occidental, c’est globalisé mais pas dans le sens péjoratif du terme. Le Québec s’est ouvert avec internet et les nouveaux médias. Les jeunes québécois sont des gens qui voyagent beaucoup. Il ramène ce mixage là dans le portrait culturel. Dans notre génération, il y a un retour vers la gauche progressiste, on sent ça.

Marie-Annick : Il y a une belle diversité culturelle. Il y a beaucoup de talents, beaucoup d’idées, beaucoup de bons créateurs sauf qu’il n’y a pas de budget, pas d’argent, pas de façon de faire connaître trop ce que l’on fait non plus. Etant donné que c’est juste des anglophones autour de nous, ce n’est pas toujours évident. Moi, je trouve que ce qui est le plus triste par exemple quand tu vas voir un bon film fait chez nous, avec une belle idée mais que ça sent tellement qu’il n’y a pas de budget. C’est ça qui enlève un peu du charme. Je trouve triste qu’il y ait tellement de belles idées qui ne peuvent pas aboutir par manque de budget et de population. Globalement, on a une belle diversité.

Pourtant vu de France, on a l’impression que le gouvernement soutient les artistes.

Jérôme : Ça a été coupé. On n’a pas le choix non plus avec le bassin qu’on a si on veut avoir une belle diversité culturelle. Il faut que ce soit subventionné. Après ça, quel est le montant de la subvention ! Si on subventionne l’écrivain à 5000 $ par an, il ne vivra pas mieux.

Marie-Annick : Oui ! Et des fois, les subventions s’en vont aux compagnies de disques qui, elles, gèrent la subvention comme elles veulent. Donc ce n’est pas nécessairement tout le monde qui en profite.

Quelle image ont les français du Québec ?

Jérôme : Un français sur deux rêve d’aller au Québec, aller voir l’Amérique mais francophone, les grands espaces. En même temps, les vieux préjugés amérindiens sont tombés un petit peu …

Marie-Annick : Mais quoique il y en a qui pense que c’est encore la grosse nature chez nous et puis qu’on se promène en canoë. Je trouve ça drôle. Je ne m’attendais pas à ça. C’est des gens dans le quartier qui disent « Ah le Québec ! Ouais, la chasse, la pêche ! (rires)

Karl : On chasse, on pêche et on se promène en canoë.

Marie-Annick : On a internet là !

Karl : Il y a aussi les chanteuses qui sont venues ici Céline Dion, Natasha Saint-Pier (bien qu’elle vienne du Nouveau Brunswick).

Marie-Annick : Tranquillement, ils connaissent d’autre monde.

Karl : C’est une image du Québec parce qu’ils ont été populaires. C’est Garou mais ce n’est pas juste ça le Québec, Dieu merci.

Marie-Annick : Je pense que la France a du Québec, une belle image.

Et de la musique québécoise ?

Jérôme : Tranquillement ça s’évacue. Au delà des Charlebois, Vigneault qui sont venus, du coté de l’histoire contemporaine, c’est plus la variété, les chanteuses à voix ou Garou etc. Mais les nouveaux médiums comme internet permettent de faire voir aux français qu’il y a un beau dynamisme, plein de choses qui se passent au Québec. C’est vrai que nous, on nous fait encore des références « le pays de Céline » mais on voit qu’il y a d’autres choses. Les jeunes voient qu’au Québec, c’est un peu à l’instar de la scène française, ça bouge.

Marie-Annick : En faisant une interview avant de partir, on m’a dit que l’Olympia rempli par des québécois, il n’avait pas vu ça à part par des chanteuses à voix depuis le début des années 80. Qu’est-ce qui est arrivé chez vous pour que ça prenne une telle ampleur. Depuis Vigneault ou Charlebois, on n’a pas de truc original arrivant du Québec et qui a réussi.

Karl : Est-ce que c’est la première fois qu’un groupe québécois remplit l’Olympia ? Est-ce que ça se peut ?

Jérôme : Il y a eu un peu Harmonium mais ils n’ont pas continué ça. Beau Dommage ne s’est pas rendu ici.

Karl : Serions-nous le premier groupe québécois à faire l’Olympia? Il faudrait fouiller les archives ! Peut-être y a-t-il eu un groupe obscur dans les années 70 ?

On a plus retenu Lynda Lemay ou Isabelle Boulay qui viennent à chaque fois à l’Olympia.

Marie-Annick : Oui, Lynda Lemay. On a, je trouve, tendance à l’oublier mais elle est auteure-compositeur-interprète. Moi j’ai beaucoup de respect, énormément, j’en ai aussi pour les chanteuses, mais dans le sens où c’est un matériel original qu’elle vient présenter. On l’oublie souvent c’est comme si il n’y avait rien eu après Charlebois ou Vigneault mais dans le fond il y a Lynda Lemay.

Depuis quelques années, vous venez régulièrement en France, remplissez les salles de concert et ce sans réel support des médias. Comment expliquez-vous que votre singularité n’ait pas intéressée les médias en France ?

Jérôme: C’est un peu le même principe qu’au Québec où pendant longtemps, ca a été un succès de bouche à oreille. C’est vraiment les gens qui nous portent et parlent de cette vibration là et de notre musique. Cette vibration populaire a émergé dans les plus grands médias, dans les circuits plus commerciaux. Ils n’avaient pas le choix car les gens s’intéressaient trop à ça, remplissaient les salles. C’est le même phénomène en France. On est là. On essaye d’avoir cette proximité avec les gens, de jouer de la même façon, de venir régulièrement, de remplir les salles. En même temps, les salles sont pleines mais ça fait quand même 5 ans que l’on vient de façon régulièrement.

Marie-Annick : C’est un travail de terrain. En même temps il y a quelque chose dont je suis fière. Au Québec on ne fait pas beaucoup de télé encore, pas parce qu’on n’est pas invité, on est invité depuis au moins 6 ans à y aller, mais on ne les fait pas toutes. Moi, je suis contente de ce qui se passe cette semaine (remplir 3 Olympia), ça représente bien que les médias ne sont pas tout dans ce milieu là.

Karl : Il existe une alternative au chemin que les gens connaissent.

Marie-Annick : Ce n’est pas nécessairement par ce chemin qu’il faut passer pour se faire connaître. Les médias se sentent tellement importants dans la réussite d’un artiste « c’est nous qui l’avons créé ». Je trouve ça bien quand, quelque part, un groupe fait 3 fois l’Olympia, sans avoir nécessairement besoin d’eux, en tout cas pas des gros médias. Parce qu’on fait toujours les médias qui veulent nous voir, étudiant. Par exemple, au Québec, on fait encore des interviews avec des jeunes qui étudient en journalisme. Je suis contente du chemin qu’on a pris par rapport à ça.

Vous allez faire l’Olympia de Paris. Qu’est-ce que cette salle représente pour vous ?

Marie-Annick : Elle est connue chez nous.

Karl : On ne l’a pas vue encore.

Marie – Annick : Non, on ne l’a pas vue encore, on a hâte. C’est mythique.

Karl : Comme le dit Marie, il y a des québécois qui ont fait l’Olympia. Dans l’imaginaire collectif québécois, l’Olympia ça devient tout de suite quelque chose de gros. Je pense que c’est la même chose pour les Français. L’Olympia est quand même une salle mondialement reconnue. Tout le monde a joué là, les plus grands les plus petits.

Marie-Annick : Même si on a fait le Grand Rex qui a, à peu près, le même nombre de personnes, ça n’a pas le côté mythique et la réputation de l’Olympia. Faire l’Olympia, au Québec, ils n’en reviennent pas !

Quels coups de cœur pour des artistes québécois aimeriez-vous partager avec les lecteurs/lectrices de ce blog ?

Marie-Annick : Vincent Vallières : il faut absolument que les gens ici le découvrent. Il a déjà une belle carrière vous allez aimer car il y a un côté français dans plusieurs chansons. Damien Robitaille que moi j’aime beaucoup.

Jérôme : Il y a un groupe les Vulgaires Machins. Ils ont le même âge que nous mais ils sont moins connus. Ils viennent souvent faire un tour en France. C’est punk-rock mais il y a des supers bons textes et des belles mélodies.

Marie-Annick : Je ne comprends pas pourquoi Daniel Bélanger, personne ne le connait ici. Peut-être que c’est lui qui ne veut pas venir.

Karl : Il aime bien ses repères, ses enfants, faire ses petits trucs dans son studio.

Marie-Annick : Ouais mais je pense que sa musique pourrait facilement traverser les frontières. Catherine Major : son dernier disque est excellent et mérite vraiment d’être découvert. Catherine Durand, c’est mon amie en plus. Mara Tremblay : Je ne sais si elle est connue chez vous. Elle va sortie son quatrième album solo. Il risque d’être encore éclaté et intéressant musicalement. Je pense qu’elle elle est à découvrir pour les français.

Un message ou un mot de fin …

Karl : Merci à vous peuple français de nous accueillir et de venir chanter avec nous.

Marie-Annick : Ceux qui n’ont pas eu la chance de venir nous voir à l’Olympia, on revient en novembre pour faire le Zénith de Paris. On revient aussi au printemps pour faire des dates en dehors de Paris et en Europe.

Jérôme : Pour n’importe quels détails, pour se faire une idée, pour ceux qui ne nous connaissent pas, il y a internet, « cowboysfringants.com », un site riche, régulièrement mis à jour.

www.fondation.cowboysfringants.com

Extraits de l’entrevue réalisée en février 2009 pour le blog « Culture québécoise (fnaclive.com) 

Photographe J.F Berubé

Article rédigé par
Manue
Manue
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