Décryptage

De Hollywood au Lido : la magie de Chantons sous la pluie opère toujours

23 septembre 2026

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Illustration
“Singin’ in the Rain” au Lido, à Paris, depuis le 17 septembre 2026. ©Maria-Helena Buckley

Pas une goutte annoncée à Paris, et pourtant, la troupe de Singin’ in the Rain débarque sur les Champs-Élysées, au Lido. L’occasion pour nous de revenir sur l’histoire de cette comédie musicale culte, de sa création à nos jours !

Introduction

« Il pleut, alors on danse ! », aurait pu écrire Stromae dans la chanson qui l’a rendu célèbre. Car c’est ainsi que ça se passe dans les comédies musicales : la morosité donne souvent lieu à des scènes merveilleuses. Et parmi elles, celle de Gene Kelly chantant sous une averse dans le film Chantons sous la pluie, qu’il a réalisé avec Stanley Donen en 1952, est devenue l’une des plus mythiques de l’histoire du cinéma.

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Après avoir raccompagné Kathy Selden (Debbie Reynolds) et conquis son cœur, Don Lockwood (Gene Kelly) rentre chez lui en pleine nuit quand, soudain, des gouttes de plus en plus nombreuses se déversent sur la ville. Débordant de bonheur, il se lance, malgré tout, dans un véritable numéro de danse. Trempé des pieds à la tête, il saute dans les flaques, tourne autour d’un réverbère, joue avec son parapluie et laisse sa joie totalement s’épanouir, défiant les éléments ! Ainsi, cette pluie d’ordinaire mélancolique devient le décor inattendu d’une scène pleine de vie qui célèbre un amour naissant.

De Boulevard du crépuscule à The Artist

Mais Chantons sous la pluie est bien plus qu’une romance sympathique en Technicolor. Dès sa sortie, le film est salué par la critique, qui le considère comme le chef-d’œuvre cinématographique consacré au cinéma. Superbement chorégraphiées par Gene Kelly lui-même et filmées de main de maître par Stanley Donen, déjà remarqué pour Un jour à New York (1949) et Mariage royal (1951), les nombreuses scènes de music-hall embarquent aussi le public.

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Cette fiction raconte, non sans humour, le passage du cinéma muet au parlant, un thème repris par Michel Hazanavicius dans The Artist (2011), auréolé de cinq Oscars en 2012, dont celui du meilleur film. Rappelons, toutefois, que Billy Wilder, dans Boulevard du crépuscule, en 1950, abordait déjà le sujet, mais de manière nettement plus glauque.

Un véritable juke-box

À Hollywood, à la fin des années 1920, The Jazz Singer (1927) popularise le cinéma parlant et met ainsi en danger la carrière du couple phare du cinéma muet, Don Lockwood et Lina Lamont, d’autant que cette dernière a une voix de crécelle. Sa volonté, malgré tout, de parler et de chanter nourrit un bon lot de scènes comiques. Mais la plus célèbre reste sans doute celle de Donald O’Connor qui, dans un numéro clownesque et enjoué, interprète Make ’Em Laugh, dont le thème musical a été repris pour une publicité de matelas en France, en 1987, soit 35 ans après la sortie du film.

Singin’in the Rain au Lido, à Paris.©Maria-Helena Buckley

Pas étonnant ! Le film a été conçu comme un véritable juke-box, à partir de chansons du catalogue de la MGM, écrites notamment par Arthur Freed et composées par Nacio Herb Brown entre les années 1920 et 1930, comme Singin’ in the Rain (1929) ou You Are My Lucky Star (1935). Certaines d’entre elles avaient même déjà fait leurs preuves dans des films ou sur scène !

Une nouvelle version signée Robert Carsen

Aujourd’hui, Singin’ in the Rain revient à Paris dans une version inédite, à nouveau signée Robert Carsen, metteur en scène canadien à succès, qui s’est attaqué, entre autres, à Carmen, La Traviata, Les contes d’Hoffmann ou encore My Fair Lady. Adaptée pour la scène du Lido, cette production repose essentiellement sur des décors vidéo projetés sur des murs de LED, en clin d’œil au sujet traité : le cinéma. Elle réunit également un large casting anglophone, d’une vingtaine d’interprètes, tous formidables.

Singin’in the Rain au Lido, à Paris.©Maria-Helena Buckley

Par leur charisme et leur virtuosité, ils parviennent à masquer l’absence de décors réels, notamment lors d’une scène de claquettes magistrale, portée également par les 14 musiciens de l’orchestre, discrètement installés en hauteur sur les côtés de la salle. Quand la pluie se met à tomber, les spectateurs retiennent leur souffle… Mais, une nouvelle fois, la magie opère grâce à Ashley Day, qui insuffle à Don Lockwood une joie parfaitement communicative !

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