Longtemps insaisissable à l’écran, la licence vidéoludique d’Ubisoft change de stratégie. Avec Netflix, elle adopte le format sériel, désormais devenu le terrain privilégié des adaptations ambitieuses.
Il aura suffi d’un nom pour raviver l’intérêt : Ramzy Bedia rejoint Assassin’s Creed et la série Netflix est à nouveau sous le feu des projecteurs. Longtemps resté discret, le projet est revenu dans l’actualité avec une promesse : faire oublier un précédent cinématographique catastrophique. Reste à voir si cette nouvelle tentative peut réellement corriger les erreurs du passé.
Que sait-on vraiment de cette série ?
Le projet s’inscrit dans un partenariat entre Netflix et Ubisoft initié en 2020, avec l’ambition de développer plusieurs contenus autour de la licence. Le lancement de la série a été officialisé en 2025, avec Roberto Patino et David Wiener à la tête du projet, deux profils issus de productions ambitieuses comme Westworld ou Halo.
Le synopsis officiel évoque un thriller centré sur une guerre entre les deux factions antagonistes. L’intrigue devrait se déployer à travers différentes périodes historiques, dans un récit original. Quant au casting, Toby Wallace, Lola Petticrew ou encore Tanzyn Crawford ont déjà été annoncés, rejoints récemment par Noomi Rapace, Sean Harris et donc Ramzy Bedia. Aucun rôle n’a toutefois encore été précisé. Le tournage est attendu en 2026, sans date de diffusion confirmée à ce stade.
Pourquoi le film de 2016 reste-t-il un contre-exemple ?
Difficile d’aborder ce nouveau projet sans revenir sur le film Assassin’s Creed sorti en 2016. Porté par Michael Fassbender, le long-métrage ambitionnait déjà de transposer l’univers du jeu à l’écran. Le résultat n’a convaincu personne : 18 % d’avis positifs côté presse sur Rotten Tomatoes, 36/100 sur Metacritic.
Les critiques ont pointé une narration confuse, un univers mal introduit et une intrigue trop dense pour être lisible. Le film a alors mis en lumière une limite structurelle : la saga repose sur une mythologie complexe, difficile à condenser sans perdre en clarté.
Le format série peut-il changer la donne ?
C’est sur ce point que la série cherche à se distinguer. En s’affranchissant du format contraint du cinéma, Netflix veut privilégier une narration plus ample, mieux adaptée à l’exploration des temporalités. Le contexte joue également en sa faveur : les adaptations de jeux vidéo ont récemment gagné en maturité, de The Witcher à The Last of Us, en passant par Fallout et Arcane.

Reste qu’Assassin’s Creed demeure un univers exigeant, qui suppose une véritable maîtrise narrative. Le risque persiste : perdre le spectateur ou l’identité de la licence. Tout l’enjeu sera donc de trouver une ligne de crête entre accessibilité et cohérence, dans un paysage où les adaptations ont sensiblement relevé le niveau.