Critique

Alter ego : quand Laurent Lafitte se dédouble

04 mars 2026
Par Lisa Muratore
Laurent Lafitte dans “Alter ego”, en salle le 4 mars.
Laurent Lafitte dans “Alter ego”, en salle le 4 mars. ©Tandem Films

Laurent Lafitte prête ses traits non pas à un, mais à deux personnages dans Alter ego, une comédie sur le double au postulat intéressant, loin toutefois d’être convaincante. Critique.

Seulement quelques jours après son sacre en tant que meilleur acteur aux César 2026, Laurent Lafitte est déjà de retour. Cette fois-ci, l’acteur récompensé pour son rôle dans La femme la plus riche du monde (2025) incarne Alex, un père de famille heureux et sans complexe qui va voir son bonheur s’écrouler quand débarque, dans la maison mitoyenne à la sienne, son sosie parfait. Chevelure dominante, une femme tout droit sortie des podiums, un succès fou en affaires… Axel a tout ce qu’Alex n’a pas, au point de déclencher chez ce dernier une jalousie extrême.

Laurent Lafitte incarne Alex et Axel dans Alter ego. ©Tandem Films

Imaginé par Nicolas Charlet et Bruno Lavaine (les scénaristes derrière 99 francs de Jan Kounen) cette comédie autour de la notion du double aurait pu convaincre si son principe de base ne se confondait pas dans une absurdité finale décevante.

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Jeux de miroirs

Si les deux réalisateurs s’emploient, une nouvelle fois avec humour, à explorer la dualité masculine – après La personne aux deux personnes (2008), sur deux hommes coincés dans un même corps, ou encore Le grand méchant loup (2013), qui voyait trois frères redonner du sens à leur vie après le décès de leur mère –, avec Alter ego, Bruno Lavaine et Nicolas Charlet s’intéressent à l’effet miroir et à la paranoïa d’un homme.

Pour cela, le duo de cinéastes use d’une mise en scène double, cultivant sans arrêt le reflet au moyen d’anagrammes, de pavillons jumeaux ou de bureaux placés l’un en face de l’autre. Cette densité de symboles permet également aux réalisateurs de mélanger les genres. Car, outre la comédie, Alter ego est également un film fantastique qui flirte parfois avec le cinéma d’épouvante : celui du quotidien, celui d’une diagonale du vide oppressante, sans artifice, mais souvent très saturée en termes d’image.

Alter ego. ©Tandem Films

Laurent Lafitte à la rescousse ?

Il en ressort une forme de malaise – un sentiment recherché par Lavaine et Charlet pour nous embarquer un peu plus dans la paranoïa d’Alex – que la comédie ne parviendra jamais à contrebalancer. Bien qu’ils s’entourent de personnages fantasques incarnés avec brio par Blanche Gardin ou Monsieur Fraize, les metteurs en scène peinent à offrir un dernier acte convaincant.

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Après avoir effleuré plusieurs comiques de situation, Alter ego s’embourbe dans un rythme poussif et des explications scénaristiques douteuses. Seul Laurent Lafitte, brillant de bout en bout dans cette double interprétation – on retiendra une scène de bagarre à faire tourner la tête et quelques passages hilarants dans une cabane pour enfant –, tire son épingle du jeu et tente de sauver ce qu’il peut du film.

La bande-annonce d’Alter ego.

Reste ainsi de ce nouveau long-métrage l’interprétation de sa troupe – dans laquelle on retrouve également Olga Kurylenko dans un rôle à contre-emploi –, seul véritable pilier de cette comédie en miroir, loin d’être jubilatoire. Car, si le postulat de départ d’Alter ego est intéressant et surprend par la suite dans sa démonstration, force est de constater que Nicolas Charlet et Bruno Lavaine s’embourbent dans une comédie fantastique, loin de leurs précédentes flamboyances.

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Article rédigé par
Lisa Muratore
Lisa Muratore
Journaliste