Souvent relégués au fond d’un tiroir, les écouteurs filaires s’affichent de nouveau dans la rue et sur les réseaux sociaux. Après le diktat du tout sans fil, certains utilisateurs reviennent au bon vieux câble. Prix, simplicité, écologie, autonomie… Les écouteurs filaires ont plus d’un argument à faire valoir, malgré des fonctionnalités limitées et quelques compromis au quotidien.
On pensait les écouteurs filaires crucifiés sur l’autel de la finesse des smartphones avec l’avènement, en 2016, de l’iPhone 7 et la disparition progressive des prises mini-jack (3,5 mm) chez les fabricants. En même temps, les écouteurs true wireless, connectés en Bluetooth, enfonçaient le clou avec de nombreux avantages, comme une liberté totale de mouvement, une meilleure discrétion et la fin des insupportables nœuds dans les fils.

Plus de fil à la patte
Les années passant, les écouteurs true wireless (vraiment sans fil) se sont considérablement enrichis, avec des fonctionnalités pointues et très pratiques. On citera pêle-mêle, le traitement aux petits oignons de la chaîne audio numérique-analogique, la réduction de bruit active (RBA, ou ANC dans la langue de Shakespeare, pour Active Noise Cancellation) qui permet de s’isoler dans les environnements bruyants, la détection de port pour un contenu audio qui s’arrête automatiquement quand vous retirez un écouteur, le mode transparence pour écouter vos interlocuteurs, les multiples micros ou la spatialisation du son.
Certains modèles, haut de gamme, ne se cantonnent pas à la musique et peuvent désormais mesurer certaines données biométriques (température du corps, rythme cardiaque) et même « remplacer » les prothèses auditives. De véritables concentrés technologiques qu’il paraissait difficile de supplanter… et pourtant.
Dans le métro, sur les campus ou au bureau, on voit de nouveau fleurir ces câbles blancs ou noirs attachés au smartphone. Ce retour ne se joue plus seulement dans la rue, il est surtout visible sur TikTok et Instagram, où le filaire redevient un signe distinctif dans les looks du quotidien.
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Du low tech qui fait du bien
Dans notre monde ultraconnecté (bonjour wifi, Bluetooth et autres NFC), les écouteurs et casques filaires apparaissent comme un havre de paix low tech qui éloigne les problèmes d’appairage quand on change de source, les batteries épuisées en plein milieu d’un podcast, la multitude de réglages dans l’application ou la peur (infondée selon un consensus scientifique) de la dangerosité des ondes électromagnétiques Bluetooth.
Avec le casque filaire, l’utilisateur a le sentiment de reprendre le contrôle, de s’assurer un fonctionnement sans faille et de limiter sa charge mentale (ai-je bien rechargé mon boîtier audio en plus de la montre, du smartphone, de l’ordinateur portable… ?). En outre, le fil à la patte rassure. Le câble des écouteurs filaires les rend plus visibles, ce qui réduit drastiquement le risque de les perdre. On se rappelle qu’égarer un écouteur true wireless oblige trop souvent au rachat d’un kit complet.
Moins d’électronique, un peu plus d’écologie
En outre, et dans un contexte où l’impact environnemental de nos appareils électroniques est de plus en plus scruté, le filaire marque quelques points. Un écouteur sans fil moderne embarque une batterie, une puce Bluetooth, plusieurs microphones, parfois des capteurs de proximité et un boîtier de charge qui contient lui‑même une batterie. Autant de composants qui nécessitent l’extraction de métaux, une chaîne industrielle complexe et une réparation périlleuse – quand elle n’est pas carrément impossible (coucou les AirPods Pro 3 !).
À l’inverse, un modèle filaire d’entrée ou de milieu de gamme reste souvent beaucoup plus simple : transducteurs, câble, connecteur, un minimum d’électronique. L’absence de batterie limite l’extraction de certains matériaux et simplifie le recyclage (quand il est possible). Vous oubliez, un temps, les cycles de charge qui « fatiguent » le produit. Moins technologiques, les écouteurs filaires sont potentiellement moins gourmands en ressources, avec une durée de vie plus longue si l’on en prend soin. Gardez en tête toutefois que le câble, justement, reste le point faible et, s’il est trop fin, il pourra s’user rapidement et rares sont encore les modèles à câbles détachables.
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La qualité audio, le nœud du problème
Même si c’est de moins en moins vrai, la prise mini-jack (3,5 mm) se veut universelle et d’un usage enfantin : il suffit de brancher et cela fonctionne. Que demander de plus ? Un meilleur son ? Ce point fait débat. D’un côté, les modèles filaires ne compressent pas le signal audio et ne font que transmettre l’information de la source aux écouteurs. Mais ce qui peut paraître comme un avantage peut toutefois devenir le talon d’Achille.
En effet, vous dépendez de la source du signal et donc de la qualité du DAC (Digital to Analog Converter ou Convertisseur numérique-analogique) intégré au smartphone ou à l’ordinateur. Selon votre source, la qualité d’écoute peut donc varier et pas forcément dans le bon sens. Des solutions existent et vous pouvez utiliser un DAC externe qui, branché sur une prise USB-C, viendra améliorer et uniformiser la qualité audio. Si vous souhaitez conserver la recharge pendant l’écoute, optez pour un modèle double jack/usb-c.
Avantage au traitement du signal numérique
Côté sans fil, la connexion Bluetooth induit une compression du signal numérique qui peut dégrader la qualité audio finale. Là encore, il y a des exceptions, avec des produits récents compatibles avec les codecs, comme l’aptX Lossless de Qualcomm ou, dans une moindre mesure, le LDAC de Sony. On pourra également pointer une certaine latence audio-vidéo surtout sensible pour les jeux style FPS. Notez toutefois que certaines applications comme YouTube ou Netflix compensent automatiquement ce retard.
L’avantage du flux audio numérique reste la constance de la qualité d’écoute. En effet, le fabricant du casque ou des écouteurs sans fil maîtrise tout le processus de la conversion numérique vers l’analogique, mais aussi le traitement du signal et l’amplification. Un contrôle qui permet aux ingénieurs des marques d’envoyer un signal adapté (au mieux) aux transducteurs électroacoustiques. Au final, le son numérique, même compressé, « sonne » souvent mieux qu’un flux analogique direct.
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Le choix du rapport qualité-prix
Au final, les écouteurs filaires sont généralement moins chers, un peu plus vertueux et plus simples d’utilisation, en plus de répondre à un usage « basique » voire de secours et à la tendance des réseaux sociaux. Toutefois, si vous êtes à la recherche d’un bon rapport qualité-prix, l’option sans fil est plus réaliste, avec une qualité audio supérieure, des fonctionnalités plus nombreuses et un meilleur confort, dans l’ensemble.