Entretien

Giorda pour Hypn’ose : “Dans mon spectacle, j’assume toutes mes couleurs : l’humour, l’émotion, le spectaculaire”

21 février 2026
Par Lisa Muratore
“L'Éclaireur” a rencontré Giorda, la première hypnotiseuse de France pour son spectacle “Hypn'ose”.
“L'Éclaireur” a rencontré Giorda, la première hypnotiseuse de France pour son spectacle “Hypn'ose”. ©Stéphane Kerrad

Première femme hypnotiseuse de France, Giorda présente son premier seule-en-scène. Un voyage immersif et participatif qui mêle hypnose, humour et émotion dans un show où rien n’est jamais écrit d’avance. Rencontre avec une artiste qui revendique l’audace.

Pourquoi l’hypnose ? Comment êtes-vous entrée dans cet univers ?

Je suis comédienne de formation. Avant, je ne connaissais pas l’hypnose de spectacle. En revanche, j’avais été initiée très jeune à la sophrologie et à l’autohypnose : j’étais en sport-études, donc très sensibilisée aux techniques de concentration et de performance. Le déclic arrive à Paris. Je joue une comédie dans un théâtre où se produit aussi un mentaliste. Curieuse, je vais voir son spectacle. Pendant une quinzaine de minutes, il propose une séquence d’hypnose. Je suis à la fois fascinée et sceptique. Je me dis : “Ce n’est pas possible.” Je retourne voir le spectacle plusieurs fois pour m’assurer qu’il ne s’agit pas de complicité. Les volontaires changent chaque soir. Là, je comprends que quelque chose de réel se joue. Je lui pose mille questions. Il m’initie aux bases, m’encourage à me former. Et me lance un défi : si je m’y mets sérieusement, je pourrais devenir la première femme hypnotiseuse de spectacle en France. Le challenge me parle. J’aime la scène, j’aime les gens et, soudain, j’entrevois une manière de concilier les deux !

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À quel moment décidez-vous d’y mêler l’humour ?

Je suis naturellement spontanée et joueuse. Je n’avais aucune envie de me travestir en figure froide et démonstrative. Dans mon spectacle Hypn’ose, j’assume toutes mes couleurs : l’humour, l’émotion, le spectaculaire. Certains retiendront la performance, d’autres le rire, d’autres encore un moment plus intime. J’avais envie d’un spectacle humain, qui crée du lien. Chaque soir est différent. Je ne sais jamais combien de personnes monteront sur scène, ni leur degré de réceptivité. C’est un saut dans le vide permanent. Longtemps, cette incertitude m’a terrorisée. Aujourd’hui, j’essaie d’en faire une force. J’ai le trac, bien sûr, mais je préfère savourer la chance d’être sur scène plutôt que de redouter l’échec.

Giorda. ©Stéphane Kerrad

Quels retours avez-vous du public ?

Ce qui me touche le plus, c’est quand on me dit : “Merci, je me sens capable.” Beaucoup de spectateurs m’écrivent après le spectacle pour me dire qu’ils ont osé se lancer dans un projet, reprendre un rêve d’enfance, dépasser une peur. Je ne prétends pas transformer des vies en une soirée. Mais si le spectacle déclenche une prise de conscience, une impulsion, c’est déjà énorme. Mon message est simple : rien n’est un échec. On apprend, on ajuste, on avance.

« L’hypnose repose sur la confiance. Sans les volontaires, il n’y a pas de spectacle. »

Giorda

Peut-on alors parler de développement personnel ?

Il y a une dimension de développement personnel, oui, mais elle ne se vit pas de la même manière pour tout le monde. Chacun reçoit le spectacle selon sa sensibilité. Mon moteur, c’est l’audace. Oser être soi. Oser passer à l’action. Oser montrer ses fragilités. Sur scène, je ne triche pas. Parfois, ça fonctionne à merveille, parfois moins. Mais c’est vivant. Et j’aimerais que les spectateurs repartent en se disant : “Moi aussi, je peux.”

Giorda sur scène. ©Stéphane Kerrad

Et comment avez-vous eu le déclic de ce spectacle et de l’hypnose ?

Une adolescente, montée sur scène lors d’une tournée, vient me voir après le spectacle. Elle pleure. Je pense d’abord à une décharge émotionnelle classique. Mais elle me dit : “Je me sens heureuse. Je n’ai pas l’habitude.” Ce moment a été un électrochoc. À la suite de ça, je me suis formée à l’hypnose thérapeutique pour approfondir ma pratique. Si je peux conjuguer la lumière, les applaudissements – dont je rêve depuis mes 7 ans – et le fait de faire du bien aux gens, alors j’ai trouvé ma voie. 

Vous arrive-t-il d’être débordée par l’émotion sur scène ?

Oui, et je l’accepte. C’est du spectacle, mais c’est avant tout de l’humain. Il m’est arrivé de pleurer sur scène, d’interrompre un numéro pour accompagner quelqu’un qui vivait une émotion forte. Je tiens à ce que tout soit consenti. Personne n’est forcé de rester sur scène. Mon rôle n’est pas de ridiculiser, mais de valoriser. Si une personne préfère retourner à sa place, je respecte. Si je sens qu’une expérience peut lui faire du bien, je lui propose, jamais je n’impose. L’hypnose repose sur la confiance. Sans les volontaires, il n’y a pas de spectacle.

Vous commencez le spectacle en évoquant la petite fille que vous étiez, qui rêvait de faire de la scène. Si vous pouviez lui parler aujourd’hui, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais : “Tu as eu raison d’y croire.” Je viens du Sud-Est, j’ai rêvé très tôt de scène, de lumière, d’applaudissements. Aujourd’hui, des salles se remplissent, des spectateurs m’attendent à la sortie, lisent mes livres. Oui, j’en serais fière. Mais je lui dirais aussi que le chemin continue. Je suis heureuse et, en même temps, toujours en mouvement. L’humilité fait partie de l’aventure.

Et quel est le prochain rêve ?

Continuer à faire grandir le spectacle. Et, un jour, jouer à L’Olympia. Comme pour beaucoup d’artistes, c’est un symbole fort. J’aimerais aussi développer des conférences et des ateliers autour de l’hypnose, sur la manière de dépasser ses peurs et ses croyances limitantes. Et pourquoi pas imaginer, à terme, un nouveau spectacle ? L’hypnose s’appuie sur l’imagination. Or, notre seule limite, c’est celle que l’on se fixe. À moi d’ouvrir le champ des possibles.

Hypn’ose, de Giorda, à L’Européen du 28 février au 27 juin 2026, à Paris et en tournée dans toute la France du 26 février 2026 au 6 mars 2027.

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Article rédigé par
Lisa Muratore
Lisa Muratore
Journaliste
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