La pénurie de composants (et notamment de RAM) a des conséquences désastreuses sur le calendrier des fabricants et sur leur stratégie commerciale.
Nouveau chapitre dans le feuilleton de la pénurie de composants informatiques. Ce qui n’était encore qu’une hypothèse il y a quelques semaines tend à se confirmer, à l’aune de la publication d’un article de Bloomberg citant des sources proches de Sony et Nintendo. D’après le média américain, la prochaine console PlayStation serait repoussée à 2029, et la Switch 2 pourrait, déjà, subir une hausse de son prix de vente dans les prochains mois.
La PlayStation 6 prend du retard
On sait Sony déjà au travail sur la successeure de la PlayStation 5. Alors que celle-ci s’approche tranquillement des 100 millions d’unités vendues, la PS6 aurait normalement dû prendre la relève avant la fin 2027. Ça, c’était avant. Avant que les stocks de mémoire vive (RAM) et de stockage flash (SSD) ne s’amenuisent, conduisant à une hausse proprement spectaculaire des coûts pour les constructeurs.
Pour espérer vendre sa nouvelle console haut de gamme, Sony doit choisir avec justesse son prix de vente. On imagine assez naturellement que la PS6 sera proposée à un tarif compris entre les 499 € de la PS5 Digital et les 799 € de la PS5 Pro. Mais, au vu de l’inflation du prix des composants, il apparaît que cette fourchette n’est tout simplement pas envisageable, et donc que la PS6 court, en l’état, à l’échec commercial.
D’après les sources de Bloomberg, Sony envisage alors de repousser la sortie de la PlayStation 6 à 2028, voire 2029 si la crise perdure, rompant ainsi avec sa tradition d’une nouvelle génération de console tous les six ans (la PS5 est sortie en novembre 2020).
Vers une hausse de prix de la Switch 2 dès cette année ?
Sony n’est pas l’unique consolier à être affecté par cette pénurie, qui touche absolument tout le secteur de la tech. Son concurrent Nintendo, sur un petit nuage alors qu’il a déjà écoulé près de 18 millions de Switch 2 depuis l’été dernier, envisage quant à lui d’augmenter le prix de vente de sa dernière console afin d’éponger la hausse du prix de la RAM.
Dans quelle mesure ? L’article de Bloomberg ne le dit pas. Les choses ne doivent pas encore être arrêtées du côté de Nintendo qui, par ailleurs, a assuré à ses actionnaires la semaine dernière avoir sécurisé un stock de mémoire vive suffisant pour couvrir la production de consoles en 2026. Quid de 2027 ?
Aujourd’hui, la Nintendo Switch 2 est commercialisée, sans jeu, à partir de 429 €. Un tarif déjà largement supérieur à celui de la Nintendo Switch première du nom, vendue à partir de 329 € hors promotion. Reste que, dans le contexte actuel, il ne serait même plus si extravagant de voir, déjà, le prix de la jeune Switch 2 partir en flèche : la PS5 et la Xbox Series X ont toutes deux connu des augmentations de prix depuis leur sortie il y a bientôt six ans — et la crise semblait alors moins épineuse.