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En plein scandale, Activision Blizzard est boycotté des Game Awards 2021

09 décembre 2021
Le PDG Bobby Kotick aurait couvert l'ancien co-directeur de Treyarch et un superviseur de Sledgehammer pour des faits supposés de harcèlement et d'agressions sexuelles.
Le PDG Bobby Kotick aurait couvert l'ancien co-directeur de Treyarch et un superviseur de Sledgehammer pour des faits supposés de harcèlement et d'agressions sexuelles. ©BitTech

La présence de l’éditeur à la célèbre cérémonie a été interdite, suite aux nombreuses affaires d’harcèlement ou agressions sexuelles.

Racisme, discrimination, harcèlement moral ou physique ou encore agressions sexuelles : Activision Blizzard est en plein cœur de la tourmente, avec des affaires qui concernent les hautes sphères de la direction. Après le scandale d’harcèlement moral et physique sur des employés qui a éclaboussé Ubisoft, les paroles se libèrent petit à petit dans tout le secteur du jeu vidéo et certains grands groupes sont ainsi pointés du doigt pour dénoncer leurs conditions de travail. Concernant Activision Blizzard (Overwatch, Call of Duty), un rapport du Wall Street Journal a révélé que Robert Kotick, actuel PDG de l’entreprise, était au courant des agissements toxiques de certains de ses salariés dans l’entreprise, et ce, depuis « des années ».

Une vague sans précédent de plaintes contre l’éditeur

Une annonce qui fait l’effet d’une véritable bombe, notamment parce que l’homme d’affaires avait toujours nié avoir la moindre connaissance des faits. Toujours selon le Wall Street Journal, le PDG de Blizzard aurait également joué un rôle important dans la protection de la culture toxique au sein de l’entreprise. Dans le fameux rapport, on apprend par ailleurs qu’il aurait lui-même trempé dans une affaire de harcèlement, impliquant des menaces de mort. Le Wall Street Journal rapporte aussi le cas du co-directeur de Treyarch Dan Bunting, accusé de harcèlement sexuel.

Alors que les ressources humaines avaient pris la décision de le licencier, Robert Kotick a fait annuler cette sanction, en faisant directement appel au conseil d’administration de l’entreprise. Ces derniers jours, plus de 500 plaintes ont déjà été déposées contre Activision, pour des faits allant du harcèlement sexuel à l’intimidation, en passant par les agressions, sans oublier le départ de J. Allen Brack de la direction suite aux premières révélations sur l’entreprise. Certains employés réclament désormais la démission de Robert Kotick, qui souhaitait pourtant redorer l’image d’Activision il y a peu.

Les organisateurs des Game Awards écartent Activision Blizzard

Une vague de manifestations et de grèves a d’ailleurs été annoncée pour porter ces nouvelles revendications. Ces dernières heures, c’est un nouveau coup de massue qui s’est abattue sur le studio : l’éditeur se voit privé de participation aux Game Awards 2021, la célèbre cérémonie qui récompense les jeux vidéo chaque année. Geoff Keighley, qui anime et produit la cérémonie, a rappelé sur Twitter qu’il n’y avait « pas la place pour les abus, le harcèlement ou les pratiques prédatrices dans une entreprise ou une communauté ». Néanmoins, Activision Blizzard conserve ses chances de victoire puisque le battle royale Warzone est nommé pour le prix de Meilleur suivi de jeu, tandis que la franchise Call of Duty (un univers infesté de tricheurs) est candidate au titre de Meilleur jeu esport.

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Article rédigé par
Alexandre Manceau
Alexandre Manceau
Journaliste
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