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Malaise dans la Civilisation : dans son nouvel album, Orelsan tend un miroir à la société

19 novembre 2021
Par Félix Tardieu
Malaise dans la <i>Civilisation</i> : dans son nouvel album, Orelsan tend un miroir à la société
©Wagram Music /3eme Bureau

Quatre ans après son dernier album studio La fête est finie, le phénomène Orelsan revient avec Civilisation et marque déjà les esprits.

Orelsan sait préparer le terrain comme personne. On se rappelle notamment de la sortie du clip de Basique, qui annonçait la sortie de La fête est finie (2017). Réalisé en un plan-séquence virtuose, Basique, dont le clip culmine à plus de 90 millions de vues sur YouTube et plus de 50 millions d’écoutes sur la plateforme d’écoute Spotify, est rapidement devenu un refrain populaire, aussi bien repris par l’Académie des César que par des avocats, des figures politiques et des militants, à l’instar du collectif féministe Le Meufisme. Fin octobre, le rappeur originaire de Caen annonçait sur les réseaux sociaux la date de sortie de son quatrième album solo Civilisation, dont la tracklist laissait entrevoir des collaborations alléchantes, à l’image du titre Dernier Verre où Orelsan collabore avec The Neptunes, le groupe de Pharrell Williams. Le rappeur annonçait au passage les dates de sa future tournée française mais laissait planer le mystère sur le contenu même de l’album… Du moins jusqu’à la sortie explosive du clip de L’odeur de l’essence deux jours seulement avant la sortie de Civilisation.

Avec L’odeur de l’essence, Orelsan déroule un flow furieux, exprimant une colère politique à laquelle il ne nous avait pas habitués, et prophétise le « crash » de la société.

Pris dans un vortex infernal
On soigne le mal par le mal et les médias s’en régalent
Que des faits divers, poule, renard, vipère
Soit t’es pour ou soit t’es contre, tout est binaire.

Orelsan
L’odeur de l’essence

Ce titre incendiaire – qui rappelle d’ailleurs le titre Suicide Social, sur l’album Le chant des sirènes (2011) – où Orelsan s’attaque aussi bien aux leaders politiques qu’aux médias de masse ou aux théoriciens du grand remplacement illustre bien le tournant entamé par Civilisation : manifeste écologique dans Baise le monde, une manifestation qui tourne mal dans Manifeste, avertissement sur les simulacres des réseaux sociaux dans Rêve mieux, Orelsan met de côté son spleen et ses humeurs pour livrer sa vision – toujours un brin cynique et pessimiste – de la société à un instant t. L’autre face de l’album est nettement plus intime : le rappeur de 39 ans retourne le miroir et s’interroge sur sa trajectoire, sur la paternité, se confie sur son couple dans des morceaux tels que Bébéoa ou Ensemble ou bien sur sa vie de famille dans Seul avec du monde autour. Avec Civilisation, Orelsan expérimente les formes musicales, fait varier les thématiques et brille par son storytelling. Le rappeur livre peut-être son album le plus sage, mais aussi le plus abouti.

Civilisation, Orelsan (Wagram Music/3e Bureau) – Disponible en CD, Vinyle et en streaming – 15 titres – Paru le 19/11/2021

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Article rédigé par
Félix Tardieu
Félix Tardieu
Journaliste
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