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Mohamed Mbougar Sarr et sa Plus secrète mémoire des hommes remportent le Goncourt

03 novembre 2021
Par Sophie Benard
Mohamed Mbougar Sarr et sa <i>Plus secrète mémoire des hommes</i> remportent le Goncourt
©Joël Saget/AFP

Le 119ème prix Goncourt vient d’être décerné, ce mercredi 3 novembre, à l’écrivain Mohamed Mbougar Sarr. Son livre La plus secrète mémoire des hommes (Philippe Rey / Jimsaan) lui avait permis d’être nommé dans pas moins de huit prix différents cette année.

Les quatre finalistes avaient été annoncés le 26 octobre dernier. Le Goncourt s’est donc disputé entre Mohamed Mbougar Sarr, Sorj Chalandon pour Enfant de salaud (Grasset), Louis-Philippe Dalembert pour Milwaukee Blues (Sabine Wespieser) et Christine Angot pour Voyage dans l’Est (Flammarion). Il y a quelques jours, Christine Angot se voyait décerner le prix Médicis – ce qui laissait déjà imaginer qu’elle ne serait pas lauréate du Goncourt. Le président de l’Académie Goncourt affirmait alors : « Il ne faut pas oublier nos amis et alliés que sont les libraires. Si on donne deux prix à un seul livre, ça ne fait qu’un livre dans la vitrine. »

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À 31 ans, c’est ainsi le benjamin de cette sélection qui l’a emporté. La plus secrète mémoire des hommes est un roman d’apprentissage qui se déploie entre le Sénégal, la France, l’Argentine et les Pays-Bas. Il met en scène un jeune écrivain sénégalais particulièrement marqué par un texte paru en 1938. Fasciné et intrigué par ce livre, il décide d’enquêter sur le récit de son auteur ; cette enquête le plonge dans des mémoires traumatiques variées – celle de la Première Guerre mondiale, de la colonisation, de la Shoah.

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Mohamed Mbougar Sarr est né à Dakar, au Sénégal, en 1990. Il a grandi dans une famille nombreuse dont le milieu privilégié lui a permis de poursuivre ses études, qu’il effectue à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), à Paris. Dès ses 24 ans, il publie son premier roman, Terre ceinte (Présence africaine, 2014), qui met en scène une petite ville – fictive – du Sahel sous la coupe de milices djihadistes. Ce premier texte sera récompensé du prix suisse Ahmadou Kourouma, décerné par le Salon international du livre et de la presse, et du Grand prix du roman métis, qui récompense tous les ans un roman francophone qui met en œuvre le métissage et l’humanisme. En 2017, il publie Silence de chœur (Présence africaine, 2017), dans lequel il explore le quotidien de migrants africains en Sicile, et qui sera récompensé du prix Littérature monde du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo et du Prix du roman métis de Saint-Denis. L’année suivante, De purs hommes (Philippe Rey, 2018) paraît. Ce troisième roman met en scène une enquête sur la mort d’un homme homosexuel à Dakar, et permet à l’auteur de questionner l’homophobie au Sénégal.

Mohamed Mbougar Sarr, La plus secrète mémoire des hommes (Philippe Rey) – 448 pages – 22€ – Paru le 19/08/2021

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Article rédigé par
Sophie Benard
Sophie Benard
Journaliste