Entretien

Louane : “L’équilibre entre la chance et la malchance nous permet d’avancer”

04 août 2022
Par Agathe Renac
Louane : “L’équilibre entre la chance et la malchance nous permet d’avancer”
©Compte Instagram de Louane @watchoutforthetornado

Chanteuse, actrice, doubleuse… La voix est au centre de la vie de Louane. Elle l’a d’ailleurs prêtée à Sam, l’héroïne malchanceuse de Luck – tout premier film d’animation d’Apple TV+ qui sortira ce vendredi 5 août. L’Éclaireur a profité de cette occasion pour plonger avec elle dans le monde du doublage.

Après Les Trolls, Sahara et Les Indestructibles, vous réitérez l’expérience du doublage avec Luck. Quelles voix vous ont marquées quand vous étiez plus jeune ?

Plein ! Je pense notamment à Simone Hérault, qui est celle de la SNCF. C’est fou, car on la connaît tous : elle est la voix des trains depuis des années ! Il y a aussi celle de Dorothée Pousséo, qui a joué Vanellope, la sœur de Dexter [dans le dessin animé Le Laboratoire de Dexter, ndlr] et bossé sur Martin Mystère. Elle a marqué mon enfance ! Ce qui est drôle, c’est que j’ai travaillé avec elle sur Luck car elle faisait la direction artistique. Le jour où je l’ai rencontrée, j’étais persuadée de la connaître tellement j’étais habituée à sa voix.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’exercice du doublage ?

Ça doit être mon sixième film, j’adore doubler ! Il y a une certaine légèreté et liberté que je ne retrouve pas dans le cinéma. Déjà, il n’y a pas de caméra ou d’yeux braqués sur moi. Je peux faire ce que je veux. Ensuite, les émotions sont exacerbées dans l’animation, donc c’est hyper drôle à faire. Je dois avouer que j’ai été super bien dirigée par Dorothée Pousséo. Les conditions de travail étaient géniales ! Je crois que le doublage fait partie de mes activités préférées dans le monde du travail.

À l’inverse, qu’est-ce qui est difficile ?

Être juste, avoir un bon placement vocal, en faire des caisses sans en faire trop… Il faut réussir à matcher avec les ressentis de son personnage et avec son visage quand il s’active. Si tu parles alors qu’il a la bouche fermée, ça ne fonctionne pas. Mais si tu arrêtes de parler alors que ses lèvres bougent encore, ça ne marche pas non plus. Il faut trouver le bon tempo.

Luck a été imaginé par les créateurs de Toy Story. Quelle place a eu ce film dans votre enfance ?

Je l’ai vu plus jeune et je le regarde encore beaucoup aujourd’hui. Les chansons sont géniales. Mais je ne pourrais pas nommer un film d’animation qui m’a particulièrement marquée quand j’étais petite, parce que j’en ai vu énormément. Je suis de cette génération qui a grandi avec Disney, Pixar, Ghibli… L’animation fait partie de ma vie et j’adore ça. Le Voyage de Chihiro est l’un de mes films préférés. Plus récemment, j’ai vu Vice Versa et je l’ai trouvé exceptionnel.

Luck.©Apple TV+

Luck est dans la même veine. C’est le genre d’œuvre qui nous fait réfléchir. Ce que j’aime, c’est qu’il est adapté à tous les publics. Les enfants vont adorer le chat mignon et le monde de la chance qui est trop cool, mais il y a un vrai message derrière. Le film nous dit que la chance n’existerait pas sans malchance, et que c’est justement grâce à cette dernière qu’on peut vivre des choses incroyables ! Luck m’a fait cogiter, j’y ai vu plein de parallèles avec ma propre vie. Je ne suis pas du tout la même personne que Sam, mais je retrouve en elle cette idée que la vie est une question d’équilibre entre la chance et la malchance. Chez moi, c’est à l’extrême, mais cet équilibre nous permet d’avancer.

Vous avez aussi travaillé sur des projets d’anime, comme Belle ou encore L’Attaque des Titans. Y a-t-il une différence dans la manière d’aborder les personnages ou le doublage ?

Les États-Unis, c’est l’Occident. Les sensations et ressentis sont plutôt similaires à ceux qu’on peut vivre en France. Au Japon, c’est vraiment, vraiment pas la même chose. En fait, tu dois franciser un texte tout en correspondant à une culture qui n’est pas la tienne. Pour L’Attaque des Titans, j’ai doublé trois phrases, donc ce n’était pas compliqué. Pour Belle, c’était vraiment difficile. Je pense que c’est le tournage le plus éprouvant que j’ai pu faire. C’était super long, mais hyper enrichissant.

Percevez-vous des similitudes avec les personnages que vous doublez ? Vous vous retrouvez en eux ?

Ça dépend lesquels. Je n’ai pas beaucoup de similitudes avec la princesse Poppy (Les Trolls), mis à part mes cheveux roses en ce moment ! Par contre, je me suis énormément retrouvée dans le personnage de Belle. C’est une petite fille solo et triste qui s’en sort grâce à la musique. Et enfin, je pense avoir quelques similitudes avec Sam, mais elle est plus réfléchie que moi.

Durant l’avant-première de Belle à Paris, vous avez confié être une grande fan de mangas. Si vous deviez en choisir un seul, ce serait lequel ?

Death Note, sans hésitation ! J’ai même fait un tatouage en référence au manga. J’adore le côté obsessionnel des deux personnages. Je suis obsédée par L, je le trouve trop cool. Il est hyper intéressant et, à partir du moment où il n’est plus là, ça devient 1 000 fois moins passionnant. J’aime vraiment trop ce manga. C’est hyper glauque de le dire comme ça, mais j’adore cette idée de monde parallèle qui te permet de tuer des gens. Il y a une vraie question de morale : fait-on le bien en assassinant des mauvaises personnes ? Est-ce que ça provoque un déséquilibre ? L’histoire est intelligente et très bien écrite.

Vous êtes plutôt une consommatrice de mangas ou d’anime ?

J’ai grandi avec les deux ! Quand j’étais petite, je lisais des mangas de petite meuf vraiment pas intéressants, puis je me suis lancée dans Pokémon, etc. Je regardais aussi plein de vieux anime comme Cat’s Eyes, Jeanne et Serge, Olive et Tom… C’était trop “lourd”, j’adorais ça ! Plus récemment, j’ai commencé Demon Slayer – je sais, j’ai du retard. J’aime beaucoup, la réal est folle.

Après l’animation et les anime, seriez-vous prête à vous lancer dans le doublage de jeux vidéo ?

Carrément, ce serait hyper drôle ! Je n’ai jamais tenté cet exercice, mais ça pourrait être très cool. J’aimerais beaucoup doubler des jeux comme Journey ou Flower, ce serait une vraie expérience.

Vous avez déjà brillé dans l’univers de la musique, du cinéma, et maintenant du doublage. Quelle est la prochaine étape ? Qu’est-ce qui vous fait rêver aujourd’hui ?

Honnêtement, je rêve de continuer ce que je fais actuellement. J’ai les pieds sur Terre et je mesure la chance que j’ai. Je ne veux pas faire autre chose. Je m’épanouis dans la musique, dans le cinéma, dans le doublage… J’adore ce que je fais et si ma vie pouvait rester telle qu’elle est aujourd’hui, j’en serais hyper heureuse. Mais le rêve ultime, ce serait peut-être de doubler Harry Potter ! J’aimerais trop faire Luna Lovegood ou Bellatrix Lestrange. Ce serait hyper drôle.

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Article rédigé par
Agathe Renac
Agathe Renac
Journaliste