Le Nothing Phone (4a) est un smartphone au design unique qui cache une partie technique maîtrisée. Doué en photo, il offre aussi à son écran une interface fluide. L’autonomie est solide, mais la charge de la batterie n’est pas très rapide.
En résumé
Le Nothing Phone (4a) est un smartphone diablement séduisant qui parvient à proposer de nombreuses originalités sans que cela soit synonyme de prix élevé. Au contraire, même, il bénéficie d’un rapport prix-prestations très élevé, au point de venir chatouiller sur ce plan l’épouvantail du segment, la série REDMI de Xiaomi. Son écran est très réussi et offre une fluidité générale satisfaisante. Sa partie photo est globalement maîtrisée, avec en prime une autonomie solide. Une belle réussite.
- Design unique
- Qualité de fabrication
- Bonne autonomie
- Une excelle réactivité au quotidien
- Un tarif intéressant
- Deux caméras maîtrisées…
- … Et une un peu moins (l’ultra grand-angle)
- Pas étanche
- Pas d’eSIM
- Suivi logiciel moyen
Notre prise en main détaillée
On ne présente plus la marque Nothing qui, malgré son jeune âge (elle est née en 2020), s’est désormais inscrite durablement dans le paysage des smartphones. Pour cela, la marque dispose d’un argument massue : ses produits affichent un design unique, fortement différenciant, qui leur permet d’être reconnus au premier regard.
Pour son nouveau mobile, le Phone (4a), la même recette est appliquée. Le Nothing Phone (4a) est un milieu de gamme qui reprend le dos pseudo-transparent des précédentes générations avec, évidemment, quelques ajustements stylistiques et techniques. Il existe en quatre coloris, dont un rose très réussi qui fait déjà tourner bien des têtes. Pour notre prise en main, la marque nous a fourni un exemplaire blanc plus classique, mais diablement séduisant tout de même. Le smartphone est proposé également en noir et en bleu. Du point de vue technique, trois configurations de mémoire sont au programme : 8/128 Go, 8/256 Go et 12/256 Go. Les prix s’échelonnent de 369 € à 449 €, ce qui place le Nothing Phone (4a) au cœur d’un segment fortement concurrentiel, dirigé par la série REDMI Note de Xiaomi.

Design et prise en main
Comme nous l’avons évoqué un peu plus haut, les smartphones Nothing se distinguent nettement du reste de la production. En effet, on retrouve sur le Nothing Phone (4a) une partie arrière transparente en verre. Elle suggère, plus qu’elle ne montre vraiment, l’architecture interne du mobile, et rend possible la présence du Glyph. Pour rappel, il s’agit d’une interaction basée sur des LED qui s’allument ou s’éteignent pour signaler l’arrivée de certaines notifications essentiellement. Sur la précédente génération, le système s’appuyait sur des arcs de cercle de LED blanches, mais ce n’est pas le cas ici.

Les designers de Nothing ont opté ici pour une barre verticale de LED blanches et rouges composant de petits carrés. Comme précédemment, l’illumination de la Glyph bar est personnalisable. Elle permet un certain nombre d’interactions, comme la visualisation du niveau du volume, le décompte d’un compte à rebours et, bien entendu, les notifications habituelles. Est-ce que tout cela en fait une fonction vraiment indispensable ? Non, bien entendu ; mais avouons que l’effet est sympathique et fortement différenciant. Pour le reste, le dos du smartphone aligne horizontalement ses trois caméras, comme l’année dernière. Bien entendu, les finitions sont parfaites.

Les flancs du Nothing Phone (4a) sont en plastique et accueillent désormais, à gauche, le bouton Essential Key, une autre particularité des mobiles de la marque. Cette touche permet de capturer en un clic ce qui se passe sur votre écran. Une solution pratique pour ne rien oublier, puisque tout s’enregistre alors dans une application qui bénéficie de fonctionnalités régies par l’intelligence artificielle pour gagner encore en efficacité.

De l’autre côté, nous trouvons le bouton de mise sous tension et les touches pour régler le volume. Ces commandes ne sont pas trop hautes et offrent ainsi un bon confort d’utilisation. Sans surprise, le tour du propriétaire s’achève avec une prise USB-C et la trappe qui peut accueillir deux nanoSIM. Le smartphone répond à la norme IP64, ce qui est plutôt décevant, car la concurrence propose pour des prix similaires des modèles IP68 véritablement étanches et non simplement résistants aux projections d’eau.

Tout n’est pas perdu, cependant, puisque le Nothing Phone (4a) survivrait, selon des tests réalisés par la marque, à une immersion de 20 minutes à une profondeur de 25 cm. Le Nothing Phone (4a) est un grand smartphone dont la largeur importante – 77,6 mm, exactement comme le Samsung Galaxy S25 Ultra – peut être un frein pour les personnes qui ont de petites mains. Son poids est de 204,5 g ; respectable, donc.
L’écran
La dalle est basée sur la technologie AMOLED et offre une définition de 1 224×2 720 pixels, pour une densité de 447 ppp. C’est un peu mieux que sur la précédente génération et cela permet de profiter d’un maximum de détails. Nothing ne propose pas la possibilité de réduire la définition pour économiser la batterie. La fréquence de rafraîchissement est fixée à 120 Hz, la norme aujourd’hui, mais, faute de technologie LTPO, l’écran ne pourra pas descendre en deçà des 60 Hz pour réduire sa consommation électrique. S’offriront alors à l’utilisateur les possibilités classiques : un mode Dynamique pour passer de 60 Hz à 120 Hz, et vice-versa, et les modes fixes 60 Hz ou 120 Hz. Nothing suit, pour une fois, la tendance et booste la luminosité de l’écran. En pic, elle passe de 3 000 à 4 500 nits, et en HBM de 1 300 à 1 600 nits.

Le Nothing Phone (4a) sera soumis aux sondes du Labo Fnac pour des mesures précises de la qualité de son écran. Dans tous les cas, il s’est montré très satisfaisant à l’usage. Les couleurs retranscrites semblent précises et naturelles, tandis que sa luminosité élevée permet une utilisation en extérieur très agréable. De quoi profiter en toute circonstance de contenu multimédia premium, puisque la dalle est certifiée HDR10+.

Les deux haut-parleurs ne sont pas les plus puissants du moment, mais cela reste suffisant pour suivre un podcast dans un environnement calme. L’accent est mis sur les médiums, comme c’est souvent le cas sur les smartphones. Celui-ci se passe de la technologie Dolby Atmos ou d’un équivalent.
Communications
Le Nothing Phone (4a) dispose de composants radio signés Qualcomm. Au programme, une compatibilité des plus classiques, avec de la 5G, du wifi 6 et du Bluetooth 5.4, sans oublier le NFC. Sans surprise, l’ensemble fonctionne bien : nous captons sans difficulté le réseau mobile, y compris dans des zones rurales, et nous avons utilisé nos écouteurs Bluetooth habituels sans constater de problèmes. Les mesures des experts du Labo permettront évidemment d’obtenir des données plus précises. Si le smartphone accepte bien deux SIM, il ne propose malheureusement pas la technologie eSIM, qui connaît un engouement – justifié à nos yeux – chez les voyageurs.

Performances et interface
Le Nothing Phone (4a) est animé par le nouveau processeur de milieu de gamme Qualcomm Snapdragon 7s Gen 4. Cette puce est gravée en 4 nm et intègre huit cœurs pour une fréquence maximale de 2,7 GHz. La partie graphique est composée d’une puce Adreno 810 et l’ensemble bénéficie, sur notre exemplaire, de 12 Go de RAM. Le Nothing Phone (3a) s’était montré convaincant face au protocole de test du Labo, obtenant d’excellentes notes.

Le smartphone se montre très fluide et propose une expérience agréable, sans latence ni temps de lancement trop long. Évidemment, cette mécanique marque le pas par rapport à ses homologues plus haut de gamme face à des jeux vidéo très exigeants ou à des applications particulièrement gourmandes. Cependant, elle est vraiment vaillante, avec en prime une bonne gestion de la chauffe. Le smartphone conserve longtemps un niveau de performances optimal.

La surcouche maison, NothingOS 4.1, prend place sur Android 16. Il est possible d’opter pour un design monochrome esthétiquement original, mais, si c’est votre premier smartphone Nothing, il vous faudra quelques heures pour la maîtriser totalement. Ce duo logiciel ne bénéficie pas d’une impressionnante politique de mises à jour : il faudra se cantonner à trois années pour la version d’Android et à six pour les correctifs de sécurité. Bien traduite et stable, la surcouche Nothing est complète et homogène. Les possibilités de personnalisation ne sont pas exceptionnelles au-delà de l’aspect esthétique. L’intelligence artificielle n’est pas particulièrement développée en dehors de la présence native de Gemini et d’Essential Space. Par exemple, elle n’intervient pas pour l’optimisation des photos ou pour traduire automatiquement du texte.

Photo
La partie photo du Nothing Phone (4a) est complète, avec trois modules. La caméra principale est un grand-angle repris de la précédente génération. Au programme, un capteur de 50 mégapixels couplé à une optique ƒ/1,9 correspondant à un 24 mm argentique. L’ultra grand-angle est également repris du Nothing Phone (3a). Il conserve donc son capteur de huit mégapixels et son optique ƒ/2,2 affichant un champ de vision de 120°. Le troisième module est nouveau, enfin pas tout à fait, car le Nothing Phone (4a) hérite du téléobjectif périscopique du Nothing Phone (3a) Pro. Le grossissement proposé passe donc de x2 à x3,5 pour correspondre à un 80 mm. Là aussi, c’est un capteur de 50 mégapixels qui officie.

Les spécialistes photo Labo Fnac vont soumettre le Nothing Phone (4a) à leur protocole de test complet. Un verdict que nous attendons avec impatience, car le smartphone nous a plutôt impressionnés et que la précédente génération s’était montrée à l’aise lors de son passage au Labo Fnac.

La caméra principale nous a en effet permis de réaliser de très belles photos en journée. Elles présentent un beau piqué, des couleurs chatoyantes sans être caricaturales et une netteté solide. La nuit, c’est un moins convaincant, puisque le bruit numérique débarque et les couleurs peuvent sembler un peu fantaisistes.
L’ultra grand-angle est moins convaincant, surtout en basse luminosité. Enfin, le nouveau téléobjectif est maîtrisé, en journée tout du moins, y compris en mode hybride x7. Le niveau de détails est pleinement satisfaisant, tout comme la pertinence de l’autofocus. La nuit, il est plus difficile d’obtenir une netteté parfaite sur toute la surface, mais cette caméra se montre au-dessus de la concurrence dans cette gamme de prix.

La caméra frontale de 32 mégapixels permet de réaliser des selfies de qualité, mais avec des couleurs un peu ternes comparées à celles obtenues avec la caméra principale. Le Nothing Phone (4a) filme en 4K à 30 FPS ou en 1080P à 60 FPS. Les résultats sont plutôt satisfaisants.
Autonomie
Le Nothing Phone (4a) embarque une batterie de 5 080 mAh, contre 5 000 mAh pour son prédécesseur, qui avait plutôt assuré face au protocole du Labo avec une durée de fonctionnement de 14 h 46. Son successeur fera-t-il encore mieux ? En tout cas, c’est la promesse de la marque, mais il faudra un peu de patience pour en avoir le cœur net. Pour notre part, nous avons pu utiliser le Nothing Phone (4a) sans le recharger pendant une journée et demi, un temps très convenable.

Pour la charge, point de bloc fourni. Le mobile accepte une puissance en entrée de 50 W. Nothing annonce un temps de charge de 64 minutes, mais il nous a fallu une dizaine de plus pour atteindre les 100 %. Pour rappel, la précédente génération, toujours à 50 W max, avait réclamé 1 h 45 pour pleinement se recharger. Une performance très moyenne, donc. Mais là aussi, il faudra patienter pour avoir une mesure précise.