Lors de la mi-temps du Super Bowl 2026 ce 8 février, Bad Bunny deviendra le premier artiste hispanophone à porter seul le show le plus regardé au monde. Fort d’un Grammy Award historique, le jeune chanteur portoricain s’apprête à conquérir l’arène ultime. Entre révolution reggaeton et engagement politique, voici les meilleures chansons qui définissent le son de Bad Bunny.
Il avait déjà fait une apparition éclair aux côtés de Shakira lors du Super Bowl 2020. Six ans plus tard, le gamin de San Juan a conquis la planète et cumule 19 milliards d’écoutes en 2025. Bad Bunny n’est plus seulement un chanteur de reggaeton latino : c’est une icône de mode, un activiste et l’un des plus gros vendeurs de disques de l’histoire récente.
Cerise sur le gâteau : Benito Antonio Martinez Ocasio (son vrai nom) vient de recevoir, à 31 ans, le prestigieux Grammy de l’album de l’année, une première pour un disque chanté en espagnol.
Sa nomination événementielle pour le show de la mi-temps du Super Bowl 2026 n’est que la suite logique d’une ascension fulgurante, couronnée par une reconnaissance critique.
Voici les pépites à réviser (ou découvrir) pour apprécier cet artiste aussi divertissant que viscéralement engagé – et férocement anti-Trump.
I Like It avec Cardi B et J Balvin (2018)
Collaboration explosive avec Cardi B et J Balvin, ce titre marque un tournant décisif dans la trajectoire de Bad Bunny. En samplant le classique I Like It Like That de Pete Rodriguez, le morceau convoque l’héritage du boogaloo new-yorkais des années 60 tout en l’injectant dans l’énergie brute de la trap et du reggaeton modernes.
Ce jeu de passerelles entre générations et cultures latines transforme le titre en tube planétaire, véritable célébration de la diaspora et moment clé de l’irruption du latin urban sur la scène pop mondiale.
Mía en duo avec Drake (2018)
Marquant une étape historique, Mía voit le rappeur canadien Drake chanter intégralement en espagnol aux côtés de Benito, un geste fort et inédit à l’époque. Extrait de l’album X 100pre, le morceau agit comme un manifeste : pour la première fois, une superstar anglo-saxonne s’efface pour épouser pleinement les codes de la pop latine.
Mía prouve ainsi que la musique hispanophone n’a plus besoin de se conformer aux standards anglo-américains pour s’imposer au sommet des charts mondiaux, affirmant une nouvelle dynamique de pouvoir culturel.
Callaíta (2019)
Sorti en 2019, ce titre a été l’un des premiers à propulser Bad Bunny dans l’univers des hits massifs. Entre reggaeton et trap léger, Callaíta raconte l’histoire d’une jeune femme mystérieuse, qui vit sa vie à fond mais reste discrète sur ses émotions.
Ce morceau est devenu un hymne estival et illustre parfaitement sa capacité à marier narration et groove irrésistible. Il reste un incontournable pour comprendre le Bad Bunny des grandes scènes et festivals.
Yo Perreo Sola (2020)
Présent sur l’album YHLQMDLG (2020), ce titre voit Bad Bunny s’effacer pour laisser la place à un message fort de liberté individuelle. Le « perreo » devient ici un acte d’empowerment : une femme peut danser seule, pour elle-même, sans que cela soit une invitation.
En se travestissant dans le clip, Benito brise les codes d’un milieu urbain souvent conservateur, transformant ce beat irrésistible en un véritable symbole de société. C’est cette dualité entre engagement et efficacité club qui fait de lui une icône pop universelle.
Safaera (2020)
Présent sur YHLQMDLG (2020), Safaera est un véritable marathon musical : trois beats, des samples multiples, et une énergie folle qui traverse près de 4 minutes d’extase sonore. Ce titre est une déclaration d’amour au reggaeton old-school et à la fête sans limites.
Son clip déjanté et ses changements de rythme surprenants ont fait de ce morceau un hymne viral, utilisé des millions de fois sur les réseaux sociaux et TikTok.
La Noche de Anoche en duo avec Rosalía (2020)
Duo magnétique avec l’Espagnole Rosalía, La Noche de Anoche transforme le reggaeton en confession sentimentale. Extrait de El Último Tour del Mundo, le titre s’éloigne des codes festifs pour explorer l’après-coup, ce moment suspendu où le désir laisse place au doute et à la nostalgie.
Portée par une production feutrée et sensuelle, la rencontre des deux voix crée un dialogue chargé de tension émotionnelle, faisant de cette nuit passée un souvenir aussi brûlant que mélancolique.
Dákiti (2020)
Extrait de l’album El Último Tour Del Mundo (2020), Dákiti est devenu un phénomène mondial. La production, signée Tainy, est un savant mélange de reggaeton et de sonorités électroniques hypnotiques, créant un groove instantané.
Le clip, minimaliste mais esthétique, plonge dans une ambiance futuriste où Bad Bunny navigue entre rêve et réalité. C’est le morceau qui a définitivement installé Benito dans la catégorie des artistes capables de dominer les charts internationaux tout en expérimentant musicalement.
Tití Me Preguntó (2022)
Véritable raz-de-marée extrait de l’album culte Un Verano Sin Ti (2022), ce morceau est sans doute l’un de ses plus complexes. En moins de 5 minutes, il nous fait voyager entre une bachata traditionnelle, un reggaeton festif et un final dembow explosif.
C’est l’histoire d’un séducteur invétéré questionné par sa tante sur ses conquêtes, une situation que toute la diaspora latine connaît par cœur. Ce titre a normalisé la structure « multi-genre » en radio et s’est imposé comme un hymne à la joie de vivre.
Monaco (2023)
Tiré de l’album Nadie Sabe Lo Que Va a Pasar Mañana (2023), Monaco est une célébration de la réussite. Qui aurait cru qu’un sample du célébrissime Hier encore de Charles Aznavour deviendrait l’un des plus gros hits trap mondiaux ?
C’est un tour de piste en Formule 1 où Bad Bunny affiche son statut de rockstar avec une élégance sombre et cinématographique. L’utilisation de ce sample est un coup de génie qui permet de lier le patrimoine de la chanson française à la modernité de Porto Rico.
DTMF (Debí Tirar Más Fotos) (2025)
Issu de son tout dernier album Debí Tirar Más Fotos (2025), ce titre a immédiatement propulsé Bad Bunny dans une nouvelle dimension. Là où beaucoup s’enferment dans des recettes éprouvées, Benito propose ici une production minimaliste mais d’une efficacité chirurgicale.
Le rythme est sec, le flow est plus assuré que jamais, et les paroles évoquent avec une pointe d’ironie la célébrité à l’ère des réseaux sociaux. C’est le morceau qui prouve qu’il est le patron actuel : en ouverture de show au Super Bowl, ses basses profondes feraient trembler n’importe quel stade.
Lo Que Le Pasó a Hawái (2025)
Le titre Lo Que Le Pasó a Hawái de Bad Bunny n’est pas juste un morceau romantique : c’est une chanson profondément politique et symbolique. Il utilise l’image de Hawaï – une île paradisiaque transformée par le colonialisme, le tourisme de masse et la gentrification – comme une métaphore pour parler de Puerto Rico et de la menace que représentent la perte de terres, de culture et l’expulsion des populations locales sous pression économique et touristique.
C’est une alerte mélancolique mais engagée, mêlant amour de la terre natale et critique sociale – un texte qui dépasse la simple pop pour devenir une véritable protest song
BAILE INoLVIDABLE (2025)
Également extrait de son excellent opus Debí Tirar Más Fotos (2025), c’est la facette plus douce et mélancolique de Bad Bunny qui transparaît ici. Ce morceau possède une ligne de synthé presque nostalgique qui rappelle la synth-pop des années 80, passée au filtre du soleil des Caraïbes.
C’est la chanson que l’on écoute en voiture, vitres baissées, au coucher du soleil. Elle montre sa capacité à créer des mélodies entêtantes qui touchent au cœur.