Qui a dit que le jazz était exclusivement réservé aux initiés ? Pour démystifier le genre sans l’appauvrir, voici 10 albums incontournables – du cool jazz de Chet Baker au groove de Herbie Hancock, en passant par les classiques incontournables de Miles Davis et Coltrane – pour se laisser emporter dès la première écoute.
Oubliez l’idée d’un jazz intello, cérébral ou réservé aux puristes : ici, il est question de mélodies qui restent en tête, de swing qui attrape le corps et de grooves qui annoncent déjà le funk et le hip-hop. Une sélection pointilleuse qui met à l’honneur un jazz vivant, évident, et impossible à lâcher.
Chet Baker – Chet Baker Sings (1954)
L’album idéal pour ceux qui pensent que le jazz est trop complexe. Chet Baker, surnommé le « James Dean du jazz », y déploie une voix fragile et un jeu de trompette d’une douceur absolue. Ayant défini le cool jazz de la côte ouest, Chet Beaker Sings reste une porte d’entrée mélodique et romantique parfaite pour les néophytes.
Ella Fitzgerald & Louis Armstrong – Ella And Louis (1956)
Quand la « First Lady of Song » rencontre le « Pops », le résultat est un sommet de bienveillance et de musicalité. Accompagnés par le trio d’Oscar Peterson, Ella Fitzgerald et Louis Armstrong revisitent les standards américains avec une complicité évidente. Ella And Louis est un album chaleureux qui démontre que le jazz est avant tout une question de partage et de plaisir.
John Coltrane – Blue Train (1958)
Seul album de Coltrane enregistré en tant que leader pour le prestigieux label Blue Note, Blue Train est le chef-d’œuvre du hard bop. Avec une section de cuivres puissante, le saxophoniste propose des compositions rigoureuses mais incroyablement entraînantes. C’est l’essence même du jazz moderne, à la fois technique, bluesy et accessible.
Art Blakey & The Jazz Messengers – Moanin’ (1958)
Si vous cherchez un album qui donne envie de claquer des doigts, c’est bien celui-ci. Menés par le batteur Art Blakey, les Jazz Messengers insufflent ici une dose massive de gospel et de blues. Le morceau titre est devenu un hymne mondialement connu, symbole d’un jazz dynamique et profondément ancré dans les racines populaires.
Miles Davis – Kind Of Blue (1959)
Il est souvent cité comme le meilleur disque de jazz de tous les temps, et pour cause : il a tout changé. Miles Davis y abandonne les structures complexes pour privilégier l’improvisation modale et l’épure. Kind Of Blue est atmosphérique, apaisant et d’une élégance rare, indispensable pour comprendre la notion de liberté en musique.
Dave Brubeck – Time Out (1959)
Avec Time Out, Dave Brubeck a prouvé que le jazz pouvait être à la fois intellectuel et immensément populaire. En explorant des rythmes inhabituels (comme le célèbre 5/4 de Take Five), le quartet crée une musique géométrique mais fluide. C’est l’album qui a fait entrer le genre dans les salons et les universités grâce à sa clarté mélodique.
Stan Getz & João Gilberto – Getz/Gilberto (1964)
Getz/Gilberto est la rencontre historique entre le saxophone « velours » de Stan Getz et la bossa nova brésilienne de João Gilberto. Porté par le tube planétaire The Girl From Ipanema, ce disque offre une parenthèse ensoleillée et sensuelle. La preuve parfaite que le jazz sait voyager et fusionner avec d’autres cultures pour créer une beauté universelle.
John Coltrane – A Love Supreme (1965)
Plus spirituel et intense que les précédents, A Love Supreme est une suite en quatre parties conçue comme une prière, où Coltrane atteint une forme d’extase musicale qui a marqué l’histoire. Bien que plus exigeant, il reste un pilier pour comprendre la dimension mystique et l’engagement total des musiciens de jazz des années 60.
Herbie Hancock – Head Hunters (1973)
Pour celles et ceux qui aiment le groove, Head Hunters est une révolution. Herbie Hancock y délaisse le piano acoustique pour les synthétiseurs et mélange le jazz avec le funk de Sly Stone. Avec des titres comme Chameleon, le genre devient électrique et dansant, ouvrant la voie à tout un pan de la musique moderne et du hip-hop.
Nina Simone – The Very Best Of Nina Simone (Compilation des années 60)
Bien qu’il s’agisse d’une compilation (The Very Best Of ), les enregistrements de Nina Simone s’avèrent essentiels pour saisir l’aspect vocal et politique du jazz. Pianiste classique de formation, elle intègre le blues et la soul avec une voix habitée, incarnant la force émotionnelle et le combat pour les droits civiques à travers sa musique.