La nouvelle décennie démarre en trombe pour le métal et le hard rock, qui embarquent avec eux de jeunes groupes très prometteurs. Jetons un œil à ce qui pourrait devenir de futurs groupes majeurs des années 2020.
VoidCeremony
Entropic Reflections Continuum : Dimensional Unravel
Avec ce nom bigarré et sa pochette d’album qui fait lever les sourcils, VoidCeremony, groupe de tech death originaire de Ramona, Californie, signe un premier album faisant suite à trois EPs remarqués dans la presse spécialisée. S’inscrivant dans la nouvelle génération de métal extrême futuriste, Entropic Reflections s’insère dans le mythe lovecraftien qui se reflète par des structures de morceaux tortueuses, complexes et denses. Le tout baignant dans une atmosphère occulte et poisseuse, et un chant d’outre-tombe bien connu des fans de Funebrarum, avec qui VoidCeremony partage des musiciens.
Solicitor
Spectral Devastation
À défaut de faire dans l’originalité folle, Solicitor, qui nous vient de Seattle, fait ce qu’un groupe de revival heavy/speed a de mieux à offrir : 40 minutes de pure dévastation dans la joie et la bonne humeur, une chanteuse débordante d’énergie et des guitares rugissantes. Et on n’en demande pas beaucoup plus de Spectral Devastation !
Cosmic Putrefaction
The Horizons Towards Which Splendour Withers
One-man band italien, Cosmic Putrefaction propose un death metal lent, lourd et inquiétant, évoquant une masse colossale qui se déplacerait dans l’espace, menaçant de collision les planètes habitées sur son passage. The Horizons, c’est finalement un album qui réinvente les précurseurs (Demilich, Immolation…) pour adapter ce son horrifique et intriqué à un nouveau millénaire.
Sweven
The Eternal Resonance
Opeth s’en étant allé en de plus verts pâturages (comprenez : plus accessibles au grand public), c’est au tour d’une nouvelle génération de progueux de prendre le relais. C’est ce qu’a bien compris Sweven, groupe suédois qui a peaufiné son identité de death progressif, teinté de psychédélisme, pour occuper la place laissée vacante. The Eternal Resonance est une cavalcade de riffs death old school qui débouchent sur de longues plages psyché, donnant à l’ensemble une incroyable densité. Pour fans de la scène death psychédélique (Morbus Chron, Tribulation…).
Kvaen
The Funeral Pyre
The Funeral Pyre est le premier album du multi-instrumentaliste suédois Jakob Björnfot, en forme d’assaut black mélodique, avec des segments de thrash. Si les thèmes abordés sont convenus, ce qui compte est surtout le sens des mélodies épiques et la passion du musicien qui se ressent fortement, Kvaen ayant vu quatre batteurs différents se succéder dans cette entreprise de blizzard sonore.
Paralydium
Worlds Beyond
Né en 2015, Paralydium est un projet suédois de métal progressif, prenant tout ce qui y a de plus à la mode dans la scène (arrangements symphoniques, mélodies néoclassiques, djent…) pour bâtir des titres monumentaux. Worlds Beyond, c’est un peu le fils spirituel de Symphony X et Seventh Wonder, pour qui en redemanderait. Un premier album très prometteur !
Slift
Ummon
Parlons-en, de ce Slift qui met un terme au débat : oui, la France (et plus exactement, Toulouse) sait produire du rock, et du bon ! Ummon est un joyau de rock massif et psychédélique, chanté en anglais et français, avec ce petit penchant pour le rock de garage bruitiste qui les affilie directement aux groupes du passé sans les confiner dans la mode revival. Les compos savent défier les oreilles avec un chanteur réminiscent du stoner, ainsi qu’un opener (Ummon) et un final (Lions, Tigers and Bears) dantesques.
Black Swan
Shake the World
Les années 80 vous ont manqué ? Parce que Shake the World, premier fruit de la collaboration de chevelus venus de Dokken et McAuley Schenker Group, forces motrices du hair metal, devrait satisfaire tous les fans de cette période d’excès. Solos endiablés, chant démonstratif et petites touches de clavier ne font certes pas de Black Swan le groupe le plus original au monde, sinon un très bon prétendant de la scène hard rock moderne.
Bloodywood
Rakshak
Curieuse histoire que celle de Bloodywood, d’abord délire entre potes indiens qui passaient des standards de Bollywood ou de pop sous une moulinette metal parodique. Puis voilà qu’en 2017, ils enregistrent des covers nu metal de Linkin Park, attirant l’attention des magazines spécialisés. Mais il faudra attendre 2022 pour que Bloodywood ajoute à ses covers des compositions originales qui sont le sul de leur premier album Rakshak. On est d’emblée conquis par ce mix audacieux d’instruments hindous traditionnels et de grosses guitares qui servent des chansons enflammées, à l’énergie kinétique inarrêtable où passent en revue un cinglant commentaire social sur l’Inde. Bloodywood sera-t-il le 1er groupe de metal indien à percer à l’international ?
Mammoth WVH
Mammoth WVH
Le talent est héréditaire ? En tous cas, Wolfgang Van Halen, fils d’Eddie, est bien décidé à se faire un nom. En 2015, il a commencé à travailler sur un projet solo, mais le projet a mûri et est finalement devenu un groupe, Mammoth WVH, qui a lancé son premier album éponyme. Van Halen invoque la puissance frénétique de son père, mais avec un focus sur la virtuosité pure qui subjugue, tandis que l’impressionnante variété des chansons fonctionne comme une parfaite vitrine du talent de compositeur et de technicien de Wolfgang et des membres du groupe !