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Épidémie prémonitoire : Livres de mauvais augures

25 mai 2020
Par Melanie C.
Épidémie prémonitoire : Livres de mauvais augures

Oracles pour les apprentis complotistes, millénaristes endurcis et autres adeptes du « c’était écrit » ou intuitions à ne pas prendre à la légère, certains livres nous racontent l’avenir avec une acuité parfois troublante. Écrits par des visionnaires inspirés ou des opportunistes à l’imagination fertile, ils témoignent avant tout d’un monde dangereux où pleuvent les nouvelles amères.

Les-yeux-des-tenebres-le-thriller-qui-avait-predit-l-epidemie-mondialeDu Wuhan-400 au COVID-19 : prédiction ou coïncidence ?

Auteur prolixe, spécialiste du thriller horrifique depuis plus de quarante ans – on lui doit notamment un classique du genre comme La nuit des cafards – l’américain Dean Koontz revient aujourd’hui sous le feu des projecteurs avec un roman de SF publié en 1981 dont l’intrigue fait étrangement écho à la pandémie actuelle.

Prophétique, chanceux ou juste lucide, Les yeux des ténèbres agite le spectre d’une apocalypse mondiale créée par un virus létal échappé d’un laboratoire chinois de la tristement célèbre ville de Wuhan. Au-delà de son origine géographique qui fleure bon le complot, le virus Wuhan-400 imaginé par Dean Koontz a affolé les neurones de très nombreux lecteurs confinés à cause de certaines similitudes biologiques avec le COVID-19. Mais à y regarder de plus près, sa portée prédictive se dégonfle bien vite à mesure que l’on comprend que les symptômes du Wuhan-400, bien pires que ceux du virus actuel, cochent sans surprise toutes les cases d’une contamination par un coronavirus de catégorie supérieure.

Débarrassé de tout sensationnalisme pseudo-prédictif, Les yeux des ténèbres reste avant tout un thriller ultra-efficace mené pied au plancher par un auteur particulièrement bien documenté et inspiré par les coups tordus et la paranoïa qui avait cours durant la Guerre froide.

Nostradamus : Entre intuitions, analyses et sens du tragique Les-propheties-de-Nostradamus

Ancêtre des lanceurs d’alerte à boule de cristal, l’apothicaire-astrologue provençal du XVIe siècle, Michel Nostradamus a connu un incroyable regain de notoriété la fin du XXe à mesure que l’on s’approchait avec angoisse du nouveau millénaire. Marotte de certains exégètes sensibles au paranormal et aux arts divinatoires, Les prophéties, dont la publication a débuté en 1555, est un recueil de textes prospectifs sur l’avenir du monde composé de centaines de quatrains écrits dans un style poétique délibérément sibyllin.

Comme s’il voulait cultiver une part de mystère et installer sa légende, l’oracle de Salon-de-Provence n’a pas hésité à mixer vieux français, latin, grec et même occitan pour écrire des prédictions qu’il affirmait avoir reçu par d’obscures méthodes divinatoires. Après décryptage, traduction et interprétation, certaines prophéties demeurent troublantes de justesse, notamment celles annonçant les bouleversements politiques de son époque.

Scientifique éclairé et homme de lettres raffiné, il a su évaluer la probabilité de cataclysmes naturels, de conflits et même d’épidémies. À ce sujet, et contrairement à ce que nous pourrions croire dans la situation de crise sanitaire du moment, les prédictions épidémiques de Nostradamus portait principalement sur la peste, « fléau de dieu » fort répandu en son siècle et qu’il a détaillé avec une remarquable précision compte tenu des connaissances médicales de son époque. Quant aux prédictions modernes, la prudence reste de mise. Exhumé après le choc planétaire du 11 septembre 2001, souvenons-nous qu’un faux quatrain soit-disant tiré des prophéties avait embrasé la toile et échauffé les esprits quelque temps avant que la supercherie soit prouvée.

Fin observateur, habile communicant, celui qui se faisait aussi appeler Michel de Nostredame est entré dans la culture populaire grâce à la puissance de son intuition et son sens de l’observation.

La-fin-des-tempsApocalypse et pandémie

Médium médiatique de l’autre côté de l’Atlantique, l’américaine Sylvia Browne s’est donné pour mission de nous mettre en garde contre l’imminence de notre extinction à travers des livres pas franchement rassurants. Avec un calme olympien mâtiné de spiritualité bienveillante, elle énumère dans le très explicite La fin des temps – Prédictions et prophéties concernant la fin du monde les douloureuses étapes vers cette apocalypse inéluctable que nous prédisent depuis des millénaires tous les textes sacrés du monde.

Dans ce livre publié en 2008, elle prévoyait, entre autres réjouissances, l’apparition d’une pneumonie grave et inconnue, résistante à tous les traitements connus qui disparaîtrait soudainement avant de revenir nous tourmenter dix ans plus tard. Coïncidence miraculeuse ou intuition lumineuse ? À quelques détails près, la prédiction de Sylvia Browne nous renvoie incontestablement à l’actualité pandémique du moment. Son inspiration divinatoire principalement biblique nous rappelle également combien L’Apocalypse de Jean, tiré du Nouveau Testament, reste la référence absolue en terme de prophéties de malheur et de scénarios catastrophes.

*Copyright visuel : Photographie de Arthur Savary sur Unsplash 

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