Figure de l’ombre connue pour ses seconds rôles marquants, l’actrice irlandaise Jessie Buckley prend enfin toute la lumière en 2026. Alors qu’elle est en train de remporter tous les trophées pour « Hamnet » et qu’elle est tête d’affiche du très attendu « The Bride! » en salles ce 4 mars 2026, comment cette incandescente outsider est-elle devenue la nouvelle icône incontournable d’Hollywood ?
Janvier 2026. Entourée par les dorures du luxueux Beverly Hilton, Jessie Buckley, vêtue d’une robe Dior, remporte, sous le regard bienveillant de son partenaire de jeu Paul Mescal, le Golden Globe de la meilleure actrice pour son rôle d’Agnes Shakespeare dans Hamnet de la réalisatrice Chloé Zhao. Une consécration pour la jeune femme de 36 ans, qui, dix ans auparavant, incarnait une princesse dans l’ombre des aristocrates russes de Guerre et Paix (2016). Zoom sur sa métamorphose étourdissante, du second rôle discret à son (probable) Oscar.
Une actrice chanteuse
La carrière de Jessie Buckley débute d’abord par la musique. Sa mère étant coach vocale, Jessie est très tôt formée au piano, à la clarinette et à la harpe à la Royal Irish Academy of Music. C’est lors d’un atelier d’été de l’Association of Irish Musical Societies (AIMS), où elle perfectionne à la fois son chant et son jeu, que ses talents d’interprète sont remarqués, au point qu’on l’encourage à tenter sa chance dans une école d’art dramatique à Londres.
La jeune femme commence alors à écumer les castings, furète à la recherche d’opportunités en Angleterre. Elle finit à la deuxième place du télécrochet de comédie musicale I’d Do Anything sur la BBC et intègre la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Art (RADA) dont elle sortira diplômée en 2013. C’est là, entre deux textes de Shakespeare, qu’elle sculpte son talent polymorphe.
Ses atouts ? Son intensité de jeu et son timbre de voix légèrement voilé, mélancolique, que l’on retrouvera notamment sur un album de folk avec Bernard Butler (For All Our Days That Tear the Heart) ou lors de performances live électrisantes.
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Une polyvalence qui s’est rapidement imposée comme sa marque de fabrique. Car, avant de devenir une pièce maîtresse au cinéma, Jessie Buckley a appris à exister dans les marges, y puisant ainsi sa force. Qu’elle incarne l’épouse dévastée d’un pompier dans l’immanquable mini-série Chernobyl (2019) ou la reine Victoria dans Le Voyage du Docteur Dolittle (2020), elle a su peaufiner sa présence magnétique.
Et Jessie Buckley ne s’arrête pas aux frontières d’un seul registre, préférant traverser les genres. Qu’elle mette à profit son joli brin de voix dans Wild Rose (2018) – où elle interprète une aspirante chanteuse de country – ou qu’elle incarne une jeune fille sous emprise dans le thriller psychologique Jersey Affair (2018), l’Irlandaise déploie une palette impressionnante.
Jusqu’à sa première nomination à l’Oscar de la Meilleure actrice pour son rôle de mère submergée dans le beau film de Maggie Gyllenhaal, The Lost Daughter (2021). La discrète Jessie ne joue pas, elle habite littéralement ses personnages.
2026, l’année charnière
Si l’on devait pointer du doigt le moment précis où Jessie Buckley a définitivement changé de dimension, ce serait évidemment ce début d’année 2026. En janvier dernier, son Golden Globe de la Meilleure actrice pour son rôle d’Agnes – l’épouse de William Shakespeare – dans Hamnet allait être le premier d’une (très) longue série. Un « Grand Chelem » des récompenses qui devrait la mener logiquement à remporter le trophée suprême le 16 mars prochain.
Une consécration pour un rôle d’ores et déjà iconique. Car devant la caméra de Chloé Zhao, Buckley a su incarner puissamment la douleur d’une mère emprisonnée dans un deuil impossible. Une performance habitée qui l’érige désormais en muse du septième art.
Pour autant, l’Irlandaise ne se repose pas sur ses lauriers. Ce 4 mars, la voici tête d’affiche dans The Bride! de Maggie Gyllenhaal – qu’elle retrouve pour une seconde collaboration. En reprenant le rôle iconique de la Fiancée de Frankenstein face à un Christian Bale méconnaissable, elle s’offre un nouveau terrain de jeu. Exit la mariée passive de 1935 : place à la version Buckley qui challenge la figure classique, entremêlant rage, liberté et modernité brute.
Alors quelle est la suite pour celle qui semble avoir tout conquis ? Son Oscar devrait définitivement l’installer parmi les actrices les plus en vue de l’industrie et lui ouvrir les portes de projets encore plus ambitieux. En 2027, on la retrouvera par exemple dans Three Incestuous Sisters (2027) d’Alice Rohrwacher, où elle donnera la réplique à une autre coqueluche hollywoodienne, Dakota Johnson.
En somme, l’ex-meilleur second rôle d’Hollywood a pris le pouvoir, et son règne ne fait que commencer.