Propulsée par un tweet élogieux de la superstar Justin Bieber, la jeune Madison Beer s’est rapidement retrouvée sous le feu des projecteurs. Une ascension fulgurante – et précoce – qui fera naître chez l’Américaine un profond désir d’indépendance. À l’occasion de la sortie de son troisième album studio, « locket », attendu le 16 janvier 2026, retour sur le parcours d’une artiste qui a choisi de tracer sa propre voie pour mieux rayonner.
Madison Beer n’a que 12 ans lorsqu’elle publie ses premières reprises de chansons sur sa chaîne YouTube. Son but ? Montrer à ses copines l’étendue de ses talents vocaux. Pourtant, c’est l’attention d’une toute autre personnalité – et pas des moindres – qu’elle parvient à attirer.
Un certain Justin Bieber, impressionné par sa performance sur le titre At Last d’Etta James, s’empresse de partager la vidéo via son compte Twitter (aujourd’hui X) : « Wow. 13 ans ! On peut dire qu’elle sait chanter. #futurestar. »
Un simple tweet qui aura l’effet d’une bombe dans la vie de la jeune fille, rapidement (et brutalement) propulsée au cœur de l’industrie musicale.
Island Records, la prison dorée
Après avoir affolé Twitter puis les médias, Madison Beer – encore adolescente – est signée par l’interprète de Baby chez Island Records, qui décèle chez elle un potentiel indéniable. Sous la tutelle de Scooter Braun, le puissant agent de Carly Rae Jepsen et Kanye West, elle découvre le monde de la musique… et ses travers.
Malgré plusieurs sessions d’enregistrement et deux singles au compteur, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Un revers difficile pour la jeune artiste, qui confiera plus tard avoir été étouffée par sa maison de disques, contrainte d’interpréter des titres qu’elle n’avait pas choisis. « J’étais très jeune, je ne connaissais pas l’industrie. Pendant longtemps, je me suis sentie piégée », expliquera-t-elle à The Standard.
« J’étais très jeune, je ne connaissais pas l’industrie. Pendant longtemps, je me suis sentie piégée. » Madison Beer
En quête de liberté et d’indépendance, elle quittera Island Records en 2016 pour écrire un nouveau chapitre musical – et tirer un trait sur quatre années pesantes.
L’indépendance, la clé du succès
Désormais libérée de toute exigence, Madison Beer se dévoile. En 2018 paraît As She Pleases, un premier EP au titre bien pensé. « Comme bon lui semble » : c’est désormais la ligne directrice de la chanteuse, déterminée à mener sa carrière selon ses propres règles.
Résultat ? Le projet rencontre un franc succès, notamment sur la toile, projetant l’Américaine de 17 ans sur le devant de la scène pop. S’ensuit un premier album studio, Life Support (2021), qui se hisse dès sa sortie à la 65e place du Billboard 200, salué par les fans comme par la critique.
Terminée, l’image de l’adolescente naïve. Madison Beer – toujours avec son visage d’ange – s’impose comme une femme redoutable, capable de déceler vices et mensonges. À l’image de BOYSHIT, un morceau dans lequel elle dénonce, sans langue de bois, les comportements toxiques des hommes.
En 2023, elle livre Silence Between Songs, un second opus en écho à ses débuts houleux dans l’industrie musicale, et au chemin parcouru depuis. Parue la même année, son autobiographie The Half Of It : A Memoir retrace ces années durant lesquelles elle s’est retrouvée, très (trop) jeune, exposée au regard du public. Une épreuve qui, pourtant, n’a en rien freiné son ascension.
La chanteuse pop au sommet
Après le succès de ses deux premiers disques, elle dévoile en 2024 make you mine, le single principal de son troisième album studio, locket, attendu le 16 janvier. Ce titre dance-pop, frais et envoûtant, s’accompagne d’un clip inspiré de la comédie horrifique Jennifer’s Body, dans lequel Madison Beer se révèle aussi sensuelle que diabolique.
Un morceau sulfureux qui lui vaudra une nomination dans la catégorie « Meilleur enregistrement dance-pop » lors de la 67e cérémonie des Grammy Awards – preuve éclatante de sa place confirmée dans la pop contemporaine. Yes baby (2025), avec son clip ultra-sexy et son ambiance électrisante, rencontrera lui aussi un accueil des plus enthousiastes.
Depuis ses débuts, l’artiste a bâti son propre empire, rayonnant au sein de la sphère musicale – et même au-delà. En octobre 2025, elle se produit, plus irrésistible que jamais, lors du mythique défilé Victoria’s Secret. Égérie pour Dolce & Gabbana ou Maybelline, Madison Beer foule aujourd’hui les podiums avec autant d’aisance que les scènes de concert.
Ainsi, la jeune femme ne se contente plus seulement de chanter : elle incarne ses morceaux, porteurs d’une véritable vision. Puissante, libre et assumée, l’Américaine ne veut plus se taire – et cela lui réussit à merveille. Alors, Locket serait-il l’album de la toute-puissance ?Rien n’est moins sûr.
Locket, le temps de la vulnérabilité
Fin 2025, Madison Beer livre bittersweet, un titre post-rupture délicat, qui laisse entrevoir une facette plus fragile de l’artiste — prémices d’un chapitre résolument introspectif. Loin des hymnes sensuels, la chanteuse y explore la mélancolie avec pudeur, esquissant une émotion à fleur de peau.
Car, si elle a peu à peu façonné l’image d’une femme puissante et audacieuse, Madison Beer n’hésite pas à révéler ce qui se cache sous sa carapace. Une sincérité assumée, qui lui tient à cœur, comme elle le confiait sur son compte Instagram : « Cet album signifie tout pour moi, je n’ai jamais été aussi fière et enthousiaste à propos de quelque chose. »
La chanteuse de 26 ans signe ici bien plus qu’un simple album : locket s’impose comme une œuvre intime, où la confession devient une force, preuve d’une maturité artistique nouvelle. À l’heure des filtres, la vulnérabilité ne serait-elle pas devenue le summum de la puissance ?