Critique

« La femme de ménage » : que vaut le thriller avec Sydney Sweeney ?

22 décembre 2025
Par Robin Negre
"La femme de ménage" : que vaut le thriller avec Sydney Sweeney ?
©Metropolitan

Le phénomène littéraire « La femme de ménage » a droit à une adaptation cinématographique portée par Sydney Sweeney et Amanda Seyfried. Que vaut ce thriller domestique qui sort ce 24 décembre 2025 au cinéma ? Critique.

Après son immense succès en librairie en France comme à l’international, il ne faisait aucun doute que le roman La femme de ménage de Freida McFadden allait être adapté sur grand écran. Alors que la popularité du livre (et de ses suites) ne décroit toujours pas, l’adaptation cinématographique réalisée par Paul Feig, sort dans les salles obscures ce 24 décembre 2025.

En restant très proche du roman, l’adaptation cherche l’efficacité, avec les même limites que l’œuvre originale, mais peut compter sur son duo très incarné, porté par la sulfureuse Sydney Sweeney et Amanda Seyfried.

Dans La femme de ménage, Millie (Sydney Sweeney), ancienne détenue en libération conditionnelle, cherche désespérément un emploi et trouve un travail de femme à tout faire chez les Winchester, une famille aisée vivant proche de New York. Logée et nourrie, Millie constate rapidement que la maîtresse de maison, Nina (Amanda Seyfried), a un comportement étrange vis-à-vis d’elle, contrastant avec la gentillesse de son séduisant mari, Andrew (Brandon Sklenar).

Mélange de thriller, de mystère et de romance sulfureuse, La femme de ménage joue avec ses personnages, ses retournements de situation et ses twists plus ou moins surprenants. Le livre va à l’essentiel, avec un style très simple et efficace. Le film suit le même chemin et opte pour une fidélité particulièrement marquée, surtout dans sa première partie. 

Bande-annonce VOST de La femme de ménage

Fidélité ne signifie pas qualité

En optant pour une retranscription identique du roman, le long-métrage La femme de ménage tombe dans son propre piège. La première partie est une adaptation identique des scènes écrites par Freida McFadden. Elles s’enchaînent ainsi vite, voire trop vite, sans prendre le temps de véritablement développer la personnalité des personnages ou leur relation.

Si l’intrigue de La femme de ménage est somme toute très simple, tout l’intérêt du livre réside dans sa narration. À la première personne, Millie raconte sa propre histoire et fait état de ses sentiments, de sa peur grandissante à mesure que les événements prennent une tournure étrange et de son incompréhension devant le comportement de Nina Winchester.

La force de la lecture réside dans l’installation progressive et grandissante d’un malaise et d’un sentiment oppressant qui se base sur un unique point de vue : celui de Millie. Le film rejoue les mêmes scènes mais en oublie d’avoir sa propre identité cinématographique. Car la construction filmique ne peut pas être la même que la construction littéraire et les mécanismes d’appréciation sont différents selon le public (lecteur ou spectateur).

Amanda-Seyfried-femme-de-ménage

Amanda Seyfried dans La femme de ménage 

Dans le film, tout va beaucoup trop vite pour arriver au premier retournement de situation de l’intrigue, comme si Paul Feig – cinéaste à qui l’on doit Dans l’ombre d’Emily (2018) – voulait se débarrasser de la mise en place, plus intéressé par la seconde partie du livre, lorsque les secrets sont dévoilés et que le status quo change. Difficile dès lors de croire en ces personnages et en cette histoire, tant toute la construction semble accélérée et bâclée. 

À partir de
12€
En stock vendeur partenaire
Voir sur Fnac.com

Une seconde partie plus maîtrisée

Quand La femme de ménage se tourne vers le thriller angoissant et violent, le film se libère du carcan de l’adaptation fidèle. Créant enfin des séquences haletantes, il arrive à instaurer une ambiance et un sentiment de malaise.

Ainsi, Paul Feig innove et modifie des scènes présentes dans le livre. Il ajoute aussi des éléments qui n’y sont pas, et coupe certaines sous-intrigues. Il s’autorise même à changer le dénouement final et tente d’ajouter à l’histoire un sentiment plus crédible, le livre ne cherchant jamais à être dans le réalisme.

Le roman de Freida McFadden se permet, en effet, une grande invraisemblance dans sa conclusion, volontairement, confirmant la recherche d’efficacité de la lecture et le plaisir instantané qu’elle offre. Paul Feig y remédie à certains endroits, donnant plus de crédibilité à l’ensemble.

Parfois, le résultat en est paradoxal : en s’éloignant du livre, le film surprend le lecteur, mais fait aussi des choix totalement contradictoires avec la personnalité des personnages. Devant le film comme le livre, il faut accepter la surenchère, l’exagération, ce qui n’enlève en rien à l’efficacité de l’ensemble et il ne fait aucun doute que les lecteurs et lectrices ayant apprécié le livre, trouveront leur compte dans cette adaptation. 

À partir de
8,60€
En stock
Acheter sur Fnac.com

Amanda vs. Sydney 

C’est le grand point fort du long-métrage. Pour jouer Nina Winchester et Millie, Paul Feig réunit Amanda Seyfried et Sydney Sweeney, excellentes dans leur partition respectives. Amanda Seyfried, notamment, au rôle plus complexe, s’impose dans les scènes sans effort, alors que Sydney Sweeney rappelle qu’elle excelle autant dans le calme que dans les impulsions colériques (à l’image de sa prestation mémorable dans Euphoria).

la-femme-de-menage-sweeney-seyfried

Amanda Seyfried et Sydney Sweeney dans La femme de ménage

Le film est ainsi à son meilleur quand les deux femmes se confrontent. Les scènes de folie et de paranoïa d’Amanda Seyfried — qui arrivent dès le début du film — sont les plus saisissantes, l’actrice comprenant visiblement bien que La femme de ménage est une histoire qu’il faut interpréter sans aucune demi-mesure. 

À partir de
22,90€
En stock
Acheter sur Fnac.com

Le terme de plaisir coupable, s’il a un côté dénigrant, n’a jamais mieux porté son nom qu’avec La femme de ménage. Sans faire dans la finesse, le film affiche clairement ses ficelles narratives dès le début et plie sous le poids de l’œuvre originale avant de trouver son rythme et son propre langage.

Si l’ensemble peut paraître brouillon et inachevé – comme le roman de Freida McFadden -, Amanda Seyfried et Sydney Sweeney apportent au long-métrage son efficacité. Inquiétantes ou sulfureuses, paranoïaques ou violentes, les deux actrices incarnent avec éclat des personnages qui ont fasciné des millions de lecteurs. 

La femme de ménage de Paul Feig, avec Sydney Sweeney, Amanda Seyfried, Brandon Sklenar et Michele Morrone, 2h11, au cinéma à partir du 24 décembre 2025.

Decouvrez cette série

Article rédigé par