Décryptage

Coup de cœur : Fakear, Talisman

16 février 2023
Par Christophe Augros
Coup de cœur : Fakear, Talisman

En 1991, alors que l’album Blue Lines de Massive Attack était commercialisé, Theo Le Vigoureux alias Fakear voyait le jour. 30 ans plus tard, il porte hautes les couleurs d’une nouvelle scène électronique française impressionnante de talents.

Origine

Fakear compose une musique chaude, riche de multiples influences et le plus souvent instrumentale. Il s’impose sur la scène électronique française au début des années 2010. Au total, Fakear, c’est quatre albums studios, six E.P. et deux mini albums. Theo Le Vigoureux est originaire de Caen. Il grandit dans une famille passionnée de musique. Il écoute aussi bien du Ravel que du Massive Attack, entre autres. Ses débuts en musique ont lieu dans le milieu ska-punk au côté de son pote Gabriel Legeleux de Superpoze. Puis, alors âgé de 17 ans, il se tourne vers l’électronique. Il adopte le pseudo Fakear, entendez Fake-Ear.

Débuts des enregistrements

Fakear - 1

2011 est l’année de Bird, premier mini album suivi la même année du E.P. Pictural And Backstreet. On y découvre un compositeur complexe, doué pour la production et amoureux des instruments. Si les rythmiques sont électroniques, Fakear utilise aussi saxophone ou guitare électrique. 2012, l’artiste renforce sa présence avec le mini album Washin’ Machine avant de signer un contrat avec le label Nowadays Records. C’est l’E.P. Sauvage qui le propulse vers une audience beaucoup plus large. Son titre La Lune Rousse en fait un artiste international.

Un sacré Animal


Après un changement de label et un voyage au Japon, Fakear commercialise l’album Animal. C’est l’arrivée chez Virgin Records, maison d’AIR et des Daft Punk… Toujours cette même orientation électronique mais avec des claviers aériens, des collages intelligents et des samples triés sur le volet. Succès commercial rapide suivi d’une longue tournée. On remarquera une belle collaboration avec la chanteuse Andreya Triana dont l’album Giants est une révélation de l’année 2015. L’année suivante est celle du E.P. Karmaprana car l’artiste est prolifique. Et puis c’est l’album All Glows de 2018. Polo & Pan, Clement Bazin et Ibrahim Maalouf sont de la partie : éclectisme !

2023, année du Talisman

Fakear - 1

Une pandémie, un confinement et cinq années plus tard, le fakear est de retour pour nous porter chance avec son Talisman. L’œuvre s’ouvre sur un magnifique et touchant Amulet. Mélodie et ambiance superbe. Puis c’est un enchainement comme à l’époque de la sono mondiale dominée par la world music. De nombreuses références aux années 1990. Fakear utilise même des boîtes à rythmes que nous qualifierons de « vintage », nous ramenant ainsi aux débuts de l’électro façon années 1980. La douceur des synthés, une de ses marques de fabrique, est encore là et tant mieux ! voir Altar. Il y a du Deep Forest dans cet homme-là, le Deep Forest de Sweet Lullaby. C’était en 1993, trente ans déjà. Écoutez Olele et vous comprendrez mon propos. Un titre universel qui parle à notre for intérieur. Et Fakear aime aussi la Drum & bass, celle des 90’s en Angleterre. Mélangez Drum & bass et sonorités ethniques africaines et vous obtenez le redoutable Voyager. Mais il y a aussi du William Orbit et du Brian Eno dans cet album. L’ascète normand offre un porte-bonheur magique contre tristesse et pessimisme. Un talisman aux sonorités mondiales et électroniques pour un voyage spirituel et culturel. Chapeau bas !

Le reste est à découvrir rapidement. Rendez-vous le 24 février…

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Article rédigé par
Christophe Augros
Christophe Augros
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