Entretien

James Ellroy, the Demon Dog, dans les coulisses de la Fnac !

23 décembre 2019
Par Pauline

Lors de sa dédicace à la Fnac du Forum des Halles, nous avons rencontré James Ellroy, the Demon Dog, pour parler avec lui de son tout nouveau et très noir roman : La Tempête qui vient ! Alors, qui pour un dernier tour en 1942 ?

1. Quelle était votre ambition littéraire pour cette nouvelle tétralogie ? La-tempete-qui-vient

James Ellroy : J’essaie de créer une histoire romanesque de Los Angeles, ma ville et de l’Amérique, mon pays, se déroulant entre 1941 et 1972.

2. Pourquoi avoir situé votre roman juste après Pearl Harbor ? 

J’aime l’Histoire… c’est tout ce que j’ai toujours aimé. J’ai toujours regardé en arrière, je suis né réactionnaire ! Et c’est dans la Seconde Guerre mondiale que j’ai enfin trouvé un sujet et un thème capables de relever le défi d’être être par moi, le Demon Dog. Je ne sais pas pourquoi c’est si important pour l’Amérique, parce que, à la fin, j’ai raconté l’Histoire ! 

3. Pourquoi cette obsession pour l’Histoire ? 

C’est l’Histoire qui m’a trouvé alors que j’avais 7 ans. Mes parents avaient un grand placard qui était plein de magazines Life des décennies précédentes. Ils parlaient de la Seconde Guerre mondiale, de l’attaque des Japonais à Pearl Harbor, de la guerre civile d’Espagne, de la libération de Paris, de l’ère d’après-guerre, des commissions d’enquêtes du gouvernement communiste… Et j’ai été happé par tous ces pans de l’Histoire. Je n’ai pas choisi l’Histoire, c’est elle qui m’a choisi. 

4. L’Histoire américaine est-elle une histoire du crime ? 

Oui ! Tout comme l’Histoire française, marocaine, anglaise, espagnole… L’Histoire entière, en fait ! Et peut-être même l’Histoire de la planète Mars, si tant est qu’il y ait une histoire ou de la vie. 

5. Pourquoi avoir ouvert le roman sur une phrase de Mussolini ? 

Ce n’est pas vraiment pour Mussolini, mais pour ce qu’il dit : « Seul le sang fait tourner les roues de l’Histoire. » Ça sonne bien et ça donne du style ! Mais je suis aussi d’accord avec. 

Le-Dahlia-noir (1)6. Le personnage de Kay Lake semble important pour vous. Que représente-t-il ? 

Je l’ai créé de toutes pièces ! Elle est l’héroïne de mon livre Le Dahlia noir et elle tient un journal.

Vous avez raison pour Kay, elle est pour moi ma plus grande création fictionnelle. Elle est la figure de la femme américaine de la Seconde Guerre mondiale. 

7. Vous travaillez beaucoup la langue, le langage. Comment procédez-vous ? 

J’adore la langue américaine. J’adore les invectives raciales, le yiddish, la langue de la culture  noire américaine, le jazz, le patois… J’adore les abréviations du code pénal, les allitérations, la folie du langage, épeler la lettre C avec un K. Et j’adore toutes les formes internes de la langue anglaise.

Si je pensais que ça ne correspondait pas complètement à la Seconde Guerre mondiale, je le mettrais quand même parce que les faits ne veulent absolument rien dire pour moi.

8. Pensez-vous avoir créé un nouveau genre littéraire ? 

Non, je pense que j’ai créé un langage qui m’est propre, avec un style et un univers uniques. Ce sont de très gros bouquins qui ne font que grossir encore et encore… Et oserai-je dire…. qui sont meilleurs à chaque fois !

9. Où vous situez-vous dans l’Histoire littéraire américaine ? 

Je pense être le plus grand écrivain de romans policiers et ce, pour toujours ! Je peux remplacer Hammett, Patricia Highsmith, James M. Cain, Raymond Chandler, Ross Mcdonald… Je suis un roi ! Merci !

 james ellroyyy

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Article rédigé par
Pauline
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