Critique

Ouija : esprit es-tu là ?

29 juillet 2015
Par Victor
Ouija : esprit es-tu là ?
©dr

Vous connaissez le jeu Ouija ? Mais si, vous savez, cette planche en bois qui permet d’entrer en contact avec les esprits ! Tel est le sujet du premier film de Stiles White : un groupe d’adolescents tente de communiquer avec leur amie disparue via la fameuse planchette, mais hélas pour eux l’esprit convoqué par le jeu tient à poursuivre la partie à tout prix…

Vous connaissez sans doute le jeu Ouija ? Mais si, vous savez, cette planche en bois constituée de chiffres et de lettres et qui permet d’entrer en contact avec les esprits ! Eh bien tel est le sujet du premier film d’épouvante signé Stiles White : un groupe d’adolescents qui tente de communiquer avec Debbie, leur amie disparue, via la fameuse planchette. Mais très vite, l’esprit convoqué par le jeu tient à poursuivre la partie malgré la volonté des jeunes de tout arrêter.

Après avoir joué les assistants de production dans Sixième sens puis le scénariste dans Possédée et Prédictions, Stiles White a donc décidé de passer réalisateur. Mais si Ouija est son premier film, le cinéaste avait néanmoins été à bonne école pour avoir beaucoup fréquenté les plateaux de films du genre. Il a par ailleurs co-écrit le scénario du film aux côtés de Juliet Snowden, sa femme, avec qui il a toujours travaillé depuis 2004 et Boogeyman – La porte des cauchemars.

ouija

Le film part donc d’une histoire vraiment très classique : cinq adolescents qui tentent d’entrer en contact avec des morts (comme si dans les films d’horreurs, les esprits avaient besoin qu’on vienne les chercher !). Pour ce faire, ils décident d’utiliser une planche Ouija ; jeu retrouvé chez leur amie Debbie, disparue quelques jours auparavant dans d’étranges circonstances… Mais l’esprit qu’ils rencontrent ne semble pas prêt à les lâcher. Pire, il semble même particulièrement agressif. Se pourrait-il que la planchette soit à l’origine de la mort de Debbie ? Rien n’est moins sûr…

A l’origine du film : la société Hasbro, créateur du fameux jouet (inventé au XIX ème siècle par Charles Kennard et Elijah Bond) qui souhaitait faire (re)découvrir le principe et les « pouvoirs » du spiritisme. Pour cela, les dirigeants de l’enseigne contactent Michael Bay (Transformers, No pain No gain) et Jason Blum (American Nightmare, Paranormal Activity, Amityville) qui deviennent les producteurs de ce film à petit budget (5 millions de dollars). Le projet prend son temps, mais fini par être lancé en 2013.

jeu ouija

Une histoire de fantômes et de méchants esprits sur fond commercial, donc : du vu et revu et pas beaucoup d’innovation. D’autant qu’un film intitulé The Oui-ja experiment avait déjà vu le jour en 2011, reprenant le même concept d’adolescents utilisant la planchette pour faire du spiritisme.

D’autre part, on pourra également noter que le film de Stiles White met de longues minutes avant de nous plonger réellement dans l’intrigue, ce qui ne rend pas la comparaison avec Sinister ou Insidious à son avantage, ces deux autres films d’esprits ayant réussis à nous plonger dans leur suspense angoissant dès les toutes premières minutes.

Mais, si le film n’est pas très novateur, voire même cliché par moments (les portes qui claquent toutes seules ou encore les méchants esprits qui veulent tuer les gentils vivants vous diront de leurs nouvelles), il faut reconnaitre qu’il ne manque cependant pas de nous surprendre agréablement en bien des points.

Ouija

D’abord, sur les effets spéciaux : ceux-ci, sans être spectaculaires au point de rivaliser avec les Avatar et autres Star Wars, restent néanmoins plus que bons pour un film à petit budget comme l’est Ouija, et cela participe tout simplement à rendre le métrage crédible.

Ensuite, l’autre point fort, et non l’un des moindres, c’est l’ambiance. Avec ce film, Stiles White a parfaitement réussi à installer une ambiance obscure et inquiétante, favorisée par des couleurs mornes et sombres mais aussi par des musiques flippantes comme les films d’épouvante savent nous en faire écouter. Par ailleurs, si le film arrive à nous faire sursauter de temps à autres, l’ambiance pesante n’y est sûrement pas étrangère, et c’est d’ailleurs exactement ce à quoi aspirait le réalisateur lorsque le projet lui avait été confié.

ouija

Enfin, dernier point : les acteurs. Tourner avec de jeunes comédiens ne disposant pas de toute une carrière d’expérience derrière eux (voire d’aucune expérience du tout ici) peut parfois s’avérer être une tâche compliquée, d’autant qu’un bon casting est essentiel pour un film réussi ! Mais avec Ouija, il faut admettre que les comédiens sont plutôt crédibles dans le rôle de cinq jeunes insouciants qui veulent invoquer les esprits (oh les tarés !) avant d’en subir les conséquences. Parmi eux, nous retrouvons Olivia Cooke, actrice récurrente de la série Bates Motel et Douglas Smith (Terminator Genesys, Percy Jackson : la mer des monstres). Mais en dehors de ces deux-là, les autres jouaient tous plus ou moins dans leur premier film, et la crédibilité du casting n’en est donc que plus honorable.

Au final, sans marquer les esprits comme un grand film d’horreur dans la lignée de Conjuring : les dossiers Warren ou Insidious, qui traitent plus ou moins des mêmes sujets, Ouija est en revanche un vrai bon film d’épouvante avec du suspense présent jusqu’à la toute fin. S’il se distingue par une ambiance travaillée ainsi qu’un bon casting à défaut de traiter d’un sujet original, il ne repose pas non plus sur du gore à tout prix et, en cela, le film mérite le succès connu en France et outre-Atlantique.

Ouija de Stiles White, Blu-ray et DVD sur fnac.com à partir du 8 septembre 2015

Article rédigé par
Victor
Victor
passionné de cinéma et de littérature, rédacteur pour Fnac.com
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