Avec Le crime du 3e étage, Rémi Besançon rend hommage à Fenêtre sur cour dans une comédie joyeuse, mais sans véritable surprise. Critique.
Après être passé derrière la caméra avec L’amour ouf (2024) et avoir prêté ses traits à plusieurs drames (Leurs enfants après eux, Chien 51…), Gilles Lellouche revient à la comédie. Cette fois-ci, l’acteur français est à l’affiche du Crime du 3e étage, un film réalisé par Rémi Besançon (Un coup de maître, Le mystère Henri Pick…) dans lequel il partage l’écran avec Laetitia Casta et Guillaume Gallienne.
La première incarne une professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre d’Alfred Hitchcock, qui va soudainement suspecter le second, son voisin du 3e étage, d’avoir assassiné sa compagne. À la manière de Fenêtre sur cour (1954) – monument de la filmographie hitchcockienne –, Rémi Besançon propose une comédie dense et méta qui rend hommage non seulement à l’un des classiques du cinéma hollywoodien, mais aussi à la mécanique de son réalisateur.

Fenêtre sur cour à la française
Avec Le crime du 3e étage, le réalisateur offre sa propre interprétation de Fenêtre sur cour, tout en revitalisant le mythe autrefois incarné par James Stewart et Grace Kelly. Avec une légèreté bienvenue, le cinéaste mène l’enquête à la manière d’un cosy mystery à la française et cultive l’aspect méta de son film. Un véritable atout, assumé, sans quoi son long-métrage perdrait toute sa saveur. Car c’est bien l’hommage à Alfred Hitchcock, le folklore autour de son œuvre et la fascination de ses personnages pour l’artiste qui fondent les principaux amusements du film.
On retiendra de cela des analyses habitées de Laetitia Casta dans la peau d’une professeure de cinéma, mais surtout une conversation recréée avec le cinéaste de Psychose (1960) lui-même. Une séquence aussi fascinante que touchante, qui offre au Crime du 3e étage un supplément d’âme.

Une enquête qui piétine
Car, au-delà de l’aspect méta et sa nature même de « film-hommage », Le crime du 3e étage est une proposition assez confidentielle, non seulement en termes de mise en scène, mais également de rythme. En effet, là où le premier acte met en place l’action et le suspense, ce dernier s’essouffle rapidement, le film ne parvenant jamais à atteindre la tension de Fenêtre sur cour.
Bien que cela ne soit pas son but principal – mais bien de rendre hommage par touches –, Le crime du 3e étage aurait pu offrir un rythme plus innovant. Au lieu de cela, il se prend les pieds dans le tapis et ne surprend jamais le spectateur, que ce soit en termes de dialogues, de mise en scène ou de retournement final. Il se conclut en effet de façon abrupte, ne sachant pas vraiment comment offrir un dénouement convaincant à son histoire ou à son enquête.
Avec son film, Rémi Besançon choisit plutôt de capitaliser sur son trio d’acteurs afin d’offrir à la fois une comédie romantique et une comédie policière. Gilles Lellouche et Laetitia Casta – au pouvoir comique très fort – incarnent deux époux à la dérive que l’enquête va finalement réunir, tandis que Guillaume Gallienne offre une interprétation aussi délicieuse que malsaine dans le rôle du voisin suspect.
Leur alchimie commune mènera à quelques séquences bien senties, notamment une scène de confrontation à l’aide de lunettes Meta, très drôle. Toutefois, ni le sel de ce trio ni les clins d’œil à Alfred Hitchcock ne permettront pas de sauver cette joyeuse comédie, peu surprenante. Comme quoi, n’est pas maître du suspense qui veut !