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Le gardien de phare et l’enfant mouette est-il le Benjamin Button du manga japonais ?

24 février 2026
Par Louise Lepense
“Le gardien de phare et l’enfant-mouette”, le 27 février 2026 en librairies.
“Le gardien de phare et l’enfant-mouette”, le 27 février 2026 en librairies. ©Taifu Comics

Fable maritime aux accents fantastiques, le nouveau manga de Kaya Azuma explore un dérèglement du temps au cœur d’une île isolée.

Un vieil homme qui rajeunit à mesure qu’un enfant grandit à une vitesse anormale. L’histoire vous semble familière ? Elle est pourtant au cœur du tout nouveau manga des éditions Taifu Comics, dont la publication est prévue ce 27 février. Signée par la mangaka Kaya Azuma, spécialisée dans le yaoi (un genre centré sur l’amour entre des garçons), Le gardien de phare et l’enfant-mouette propose un récit fantastique et contemplatif autour du motif du vieillissement inversé – sans pour autant adapter l’œuvre de Francis Scott Fitzgerald, L’étrange histoire de Benjamin Button. Publiée au Japon en 2023 dans le magazine Ihr HertZ, édité par Taiyô Tosho, l’œuvre s’inscrit dans le registre du boys’ love et la fable maritime.

De quoi parle ce conte au bord de la mer ?

L’action se déroule sur l’île Claire. Evan, gardien de phare vieillissant, vit seul avec son chat Bart. Chaque nuit, il veille sur les navires qui croisent au large. Un soir de tempête, il découvre une barque échouée contre les rochers. À son bord, un bébé mouette à l’agonie.

Le lendemain, l’oisillon s’est métamorphosé en un petit garçon ailé. Evan le prénomme René et décide de l’élever. Mais l’enfant grandit à une vitesse fulgurante, comme si le temps s’emballait autour de lui. Dans le même mouvement, le vieil homme constate qu’il rajeunit jour après jour.

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Si l’œuvre s’inscrit dans le boys’ love, elle dépasse les codes du genre. Azuma privilégie une atmosphère quasi onirique, où la mer devient le théâtre d’une transformation mutuelle. Le manga cultive le mystère et fait du corps, de l’âge et du passage du temps des moteurs narratifs.

Un Benjamin Button japonais ?

La comparaison avec L’étrange histoire de Benjamin Button, nouvelle publiée en 1922 par Francis Scott Fitzgerald et adaptée au cinéma par David Fincher en 2008, vient naturellement à l’esprit. Dans ce récit, Benjamin naît vieux et rajeunit tout au long de son existence, inversant le cours du temps. Fitzgerald utilise ce procédé pour interroger l’inadéquation sociale et la difficulté d’aimer lorsque les trajectoires d’âge ne coïncident pas.

Le manga de Kaya Azuma ne constitue toutefois ni adaptation ni relecture officielle de l’œuvre américaine. Il s’agit d’une proximité thématique. Là où Fitzgerald adoptait une tonalité ironique puis mélancolique, Le gardien de phare et l’enfant-mouette privilégie l’intime et le merveilleux. Le vieillissement inversé devient un ressort poétique au service d’une réflexion sur la transmission, la solitude et la fragilité des liens.

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