Microsoft va ranger son forceps et se concentrer sur les « fonctions essentielles » de Windows 11, promet l’entreprise américaine.
Microsoft a pris le virage de l’intelligence artificielle à 300 km/h… et se prend un mur. Les chiffres le prouvent : les utilisateurs et utilisatrices de Copilot se comptent sur les doigts d’une main, et l’adoption de Windows 11 recule au profit d’un OS qui n’est même plus mis à jour. La firme américaine doit réagir pour ne pas ternir durablement son image. Dans un article publié par Windows Central, on apprend que Microsoft va enfin lever le pied sur sa stratégie « AI Everywhere ».
IA n’a marre
Les choses commencent à bouger, chez Microsoft. Quand bien même le patron de l’entreprise, Satya Nadella, oblige désormais ses équipes à utiliser le plus possible l’IA, ces mêmes équipes ne sont pas aveugles et voient bien que l’intégration au chausse-pied de Copilot dans des logiciels qui n’en ont pas besoin ne fait rien d’autre que dégoûter les utilisateurs et utilisatrices.
D’après les sources internes de Windows Central, les équipes dédiées à Windows 11 lèvent le pied sur les fonctions Copilot et semblent résolues à améliorer l’expérience des utilisateurs sur des aspects qui leur importent vraiment. On parle là de renforcer des fonctionnalités au cœur du système, plus d’ajouter une surcouche d’IA. À ce propos, l’intégration de Copilot au sein de Notepad ou de Paint pourrait carrément passer à la trappe au profit de choses toutes simples, comme du formatage textuel ou des tableaux.
Il est aussi attendu des équipes en charge de Windows 11 que davantage d’efforts soient faits pour corriger les bugs et colmater les failles qui, à chaque nouvelle mise à jour de l’OS, entraînent des problèmes en cascade. La première mise à jour de l’année a notamment obligé Microsoft à publier un correctif en catastrophe pour éteindre l’incendie.
Une réputation à reverdir
Depuis la sortie de Windows 8, Microsoft a régulièrement tenté d’ajouter des fonctionnalités invasives à ses systèmes d’exploitation. Avec Windows 10, la marque américaine commençait déjà à « encourager » fortement ses utilisateurs et utilisatrices à utiliser Edge, son navigateur web (qui tournait à l’époque sur son propre moteur de rendu). On peut également citer OneDrive, intégré au cœur du système, ou encore Cortana, l’ancêtre de Copilot. Mais jamais Microsoft n’avait été aussi « forceur » qu’avec son intelligence artificielle sur Windows 11.
Ce qui n’était au départ qu’une intégration innocente de Copilot, ersatz de ChatGPT, dans une fenêtre dédiée, s’est vite transformé en un amalgame de fonctionnalités « IA » au sein de tous les aspects de l’expérience Windows. Le point de rupture avait été atteint avec la présentation de Recall : une feature se proposant d’enregistrer vos moindres faits et gestes sur votre ordinateur afin de vous servir de mémoire virtuelle. Un cauchemar de sécurité, alertaient alors les spécialistes, obligeant Microsoft à revoir sa copie… avant de rendre Recall totalement optionnel.
Aujourd’hui, et malgré les ambitions de la firme américaine de faire de Windows 11 un OS « agentique » – c’est-à-dire qui interagit avec votre ordinateur à votre place, grâce à des prompts –, il semble que la réalité la rattrape. L’intelligence artificielle a ses vertus et peut même rendre de précieux services aux internautes. Mais, sous cette forme intrusive, elle ne fait que représenter un obstacle à l’usage normal d’un ordinateur. Gageons que Microsoft retiendra la leçon et corrigera le tir tout au long de l’année 2026.