Si vous avez pour projet de changer de machine en 2026, le plus tôt sera le mieux. La pénurie de composants fait peser le risque d’une inflation massive.
Voilà plusieurs semaines que nous documentons la pénurie de composants informatiques. À cause des géants de l’IA qui monopolisent les usines de production de mémoire vive, et bientôt de cartes graphiques, le grand public passe en arrière-plan, ce qui augmente mécaniquement le prix des composants nécessaires à la construction d’un ordinateur – qu’il soit déjà monté ou que vous souhaitiez l’assembler vous-même. En cette période de soldes, on ne saurait que vous recommander de sauter le pas, si l’achat d’un ordinateur fait partie de vos projets à court ou moyen terme.
Acheter un ordinateur : le plus tôt sera le mieux
Depuis décembre 2025, le prix de la mémoire vive (RAM) a subi une véritable explosion. La comparaison est criante : il est aujourd’hui moins coûteux d’acheter une PlayStation 5 qu’un kit de 32 Go de RAM DDR5. En 2024, ce même kit pouvait se négocier autour des 120 €. Et, d’après des rapports d’experts cités par nos confrères des Numériques, les choses ne vont pas s’arranger. C’est même tout le contraire.
C’est alarmiste, mais le vice-président de la recherche pour le cabinet IDC prévient carrément que le paysage informatique de 2026 risque de prendre un virage aussi chaotique qu’inédit. On parle d’une situation plus tendue encore que lors de la crise du Covid, qui avait également conduit à une pénurie de composants, en partie aggravée par l’attrait pour la cryptomonnaie. Une mode du passé ; aujourd’hui, c’est l’IA qui obnubile les entreprises de la tech, qui jouent des coudes pour s’assurer un stock suffisant de composants pour faire tourner leurs serveurs.
Mais alors, à quoi s’attendre au juste ? D’ici le deuxième trimestre 2026, on devrait commencer à accueillir des ordinateurs (mais également des smartphones et consoles) à des prix bien supérieurs à ceux d’aujourd’hui. Les composants sont rares, donc coûtent plus cher aux fabricants, qui refusent de rogner sur leur marge et préfèrent répercuter ce surcoût sur les consommateurs. Au-delà ? On risque carrément un nivellement vers le bas des performances des ordinateurs pour éponger l’inflation.
Bientôt des ordinateurs moins performants pour le même prix ?
C’est une petite musique qui se fait de plus en plus insistante. Au début de la crise, certains craignaient déjà que les fabricants fassent contre mauvaise fortune bon cœur et recyclent simplement de la RAM de génération inférieure, moins rapide, pour donner l’illusion au consommateur que la quantité de mémoire vive n’a pas changé et que les prix sont restés stables.
Impossible de savoir si cela se produira réellement, mais des indices laissent clairement imaginer ce genre de scénario. La semaine dernière, en plein CES à Las Vegas, le patron de Nvidia, Jensen Huang, a été interrogé au sujet d’une rumeur voulant que la marque s’apprête à ressortir des cartes RTX 3060, sorties en 2021. Une idée visiblement étudiée par le fabricant, qui envisage toutefois de les enrichir avec des fonctionnalités modernes, comme le DLSS et la génération de trames.
Augmentation des prix délirante ou nivellement des performances vers le bas. À écouter les experts du sujet, il n’y a pas de troisième voie possible. Pas tant que la ruée vers l’or de l’intelligence artificielle n’a pas heurté un mur, en tout cas. On vous quittera sur une autre analyse, plus moqueuse, mais pas moins pertinente :
« La raison pour laquelle la RAM est devenue quatre fois plus chère est qu’une énorme quantité de RAM qui n’a pas encore été produite a été achetée avec de l’argent inexistant pour être installée dans des GPU qui n’ont pas encore été produits non plus, afin de les placer dans des centres de données qui n’ont pas encore été construits, alimentés par une infrastructure qui pourrait ne jamais voir le jour, pour satisfaire une demande qui n’existe pas réellement et obtenir un profit mathématiquement impossible. »
Jatin KR MalikSoftware Engineer