Actu

Furcy, né libre : pourquoi ce film peut-il faire parler de lui ?

12 janvier 2026
Par Robin Negre
“Furcy, né libre”, d'Abd al Malik.
“Furcy, né libre”, d'Abd al Malik. ©Memento

Attendu dans les salles ce 14 janvier 2026, le long-métrage avec Makita Samba et Romain Duris aborde l’esclavage en France au XIXe siècle.

Entre devoir de mémoire et récit d’injustice, Furcy, né libre, du cinéaste Abd al Malik, a tout pour marquer les esprits lors de sa sortie française le 14 janvier prochain. Le film revient sur l’histoire d’un esclave nommé Furcy vivant sur l’île de La Réunion (alors appelé l’île Bourbon), qui découvre à la mort de sa mère des documents prouvant sa liberté.

Alors même que les esclaves ne sont pas écoutés et ne peuvent défendre leurs droits – n’étant pas considérés comme des êtres humains, et a fortiori comme des citoyens –, Furcy tente de mener un combat judiciaire pour prouver et faire accepter sa liberté, aidé par un procureur abolitionniste. Deuxième long-métrage réalisé par Abd al Malik après Qu’Allah bénisse la France (2014), Furcy, né libre est porté par Makita Samba dans le rôle principal, accompagné notamment de Romain Duris dans celui du procureur et d’Ana Girardot, qui incarne Virginie.

La bande-annonce de Furcy, né libre.

On pourrait considérer à la va-vite Furcy, né libre comme un « simple » film sur l’esclavage, mais il choisit un angle original et peu vu au cinéma : l’aspect juridique. Il montre le combat mené par un esclave devant les tribunaux pour faire accepter sa liberté et sa condition d’être humain. Abd al Malik estime d’ailleurs que son long-métrage est « un questionnement sur l’abolition » plus que sur l’esclavage lui-même.

Se posant autour d’une période charnière de l’évolution du traitement des esclaves en France, Furcy, né libre s’impose comme un film important sur le devoir de mémoire, sur l’injustice, sur la révolte et le combat d’un homme faisant jurisprudence, menant plus tard à l’abolition de l’esclavage. En 2024, un autre film avait également abordé le sujet en s’intéressant au colonialisme français : Ni chaînes ni maîtres, avec Ibrahima Mbaye, Camille Cottin et Anna Thiandoum.

15€
19€
En stock
Acheter sur Fnac.com

Inspiré d’une histoire vraie

Furcy, né libre se base sur la véritable histoire de Furcy, racontée dans L’affaire de l’esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui, lauréat en 2010 du prix Renaudot de l’essai. Le livre propose de découvrir les archives de cette affaire judiciaire, suivant l’histoire de Furcy en 1817, lorsqu’il décide de se rendre devant les tribunaux pour exiger sa liberté et d’utiliser l’institution juridique et l’état de droit post-Révolution pour faire valoir ses droits.

Pendant plus de 20 ans, Furcy tente de prouver sa condition d’homme libre, mais se heurte à un système d’oppression ancré par des années de pratique. Une histoire gardée sous silence pendant longtemps, qui a désormais droit à une véritable mise en lumière avec le film de Abd al Malik.

À partir de
8,10€
En stock
Acheter sur Fnac.com

À lire aussi

Article rédigé par