Né en 2021 à l’initiative de l’ancienne chanteuse des Rita Mitsouko, L’érotisme de vivre s’est d’abord imposé comme un projet scénique porté par Catherine Ringer à travers une série de lectures. Le recueil fait désormais l’objet d’un ouvrage physique attendu en librairie le 9 janvier.
Catherine Ringer est de retour sur scène, micro à la main, mais sans chansons au programme. L’ancienne voix des Rita Mitsouko entame une nouvelle tournée de lectures autour de L’érotisme de vivre, un recueil de poésie signé Alice Mendelson qui paraît pour la première fois en librairie ce 9 janvier, aux éditions Points.
Après une première série de dates en 2023-2024, le spectacle repart en tournée entre janvier et mars avec plusieurs étapes en France, dont une représentation très attendue à Paris, au Théâtre de la Ville, le 16 février.
“Le recueil d’une vie”
L’érotisme de vivre est le premier et unique recueil publié par Alice Mendelson, poétesse et conteuse longtemps peu connue, dont les textes ont été écrits entre 1947 et aujourd’hui. Le livre rassemble la poésie de toute une vie, traversée par le désir, l’amour, les sensations, mais aussi par une attention aiguë au monde et aux corps.
Selon la présentation officielle du Théâtre de la Ville, il s’agit du « recueil d’une vie dans les deux sens de la formule », du « manifeste éclatant de la poésie comme acte de vie, c’est-à-dire comme acte d’amour, insolent, joyeux, sans renoncement ».
Sur scène, Catherine Ringer ne se contente pas de lire : elle chante certains poèmes, accompagnée au piano par Grégoire Hetzel, tandis que Mauro Gioia signe compositions et mise en scène. Le projet a été initié en 2021 : « Le petit théâtre de La Huchette à Paris, ayant souffert de la fermeture Covid, organise tous les lundis une carte blanche à des personnalités en soutien. Je suis moi aussi sollicitée, accepte, et pense, plutôt qu’un récital chanson, faire une lecture des poésies sensuelles d’Alice Mendelson », explique l’autrice. Le succès de ces premières lectures a conduit à prolonger l’expérience.
Une poésie charnelle, loin des clichés
Les textes d’Alice Mendelson refusent toute sentimentalité convenue. « L’Éros chez elle n’est pas une figure de style, mais le principe actif d’une existence “à fleur de peau / à fond de chair / à désirs déployés” », précise la présentation officielle. Une poésie qui ne cherche ni l’élégie ni la confidence, mais une langue capable de « transfuser la vie même, pleine, entière et brûlante, dans la langue ». Cette exigence trouve un écho particulier dans l’interprétation de Ringer, dont la présence scénique joue avec les silences, les respirations et l’adresse directe au public.
Née en 1925 et décédée en 2025, Alice Mendelson est née de parents juifs. Elle échappe à la déportation durant la Seconde Guerre mondiale et s’engage dans la Résistance, avant de devenir enseignante. Elle écrit toute sa vie dans l’ombre, sans chercher à publier. Catherine Ringer, figure de la musique française depuis les années 1980, choisit d’en devenir la passeuse.