Critique

Jujutsu Kaisen, saison 3, ou la nouvelle vitrine technique de MAPPA

08 janvier 2026
Par Sarah Dupont
“Jujutsu Kaisen”, saison 3, à partir du 8 janvier 2026 sur Crunchryoll.
“Jujutsu Kaisen”, saison 3, à partir du 8 janvier 2026 sur Crunchryoll. ©Crunchryoll

L’adaptation animée du manga de Gege Akutami s’apprête à entamer son troisième chapitre, diffusé à partir du 8 janvier sur Crunchyroll. La série promet une nouvelle escalade visuelle et narrative.

Que le jeu commence ! Ce 8 janvier marque le lancement de la Traque meurtrière orchestrée par Kenjaku au Japon et, avec elle, le retour très attendu de Jujutsu Kaisen. Près de cinq ans après la fin d’une deuxième saison conclue en mars 2021, l’anime adapté du manga de Gege Akutami revient pour un troisième chapitre, toujours porté par le studio MAPPA. Les deux premiers épisodes, que nous avons pu visionner en avant-première, installent d’emblée un cadre plus dur : le combat s’annonce frontal, exigeant et résolument spectaculaire.

Dans quel contexte démarre la saison 3 ?

Pour celles et ceux qui n’ont pas eu l’occasion de découvrir début décembre au cinéma le film récapitulatif Execution, un rappel s’impose. L’arc de Shibuya a vu les exorcistes affronter une organisation de fléaux et leurs maîtres dans un enchaînement de combats d’une intensité rarement atteinte.

Jujutsu Kaisen, saison 2.©Crunchyroll

À la fin de cet arc, JJK renonce définitivement à toute forme de protection narrative. Satoru Gojo est scellé, Nanami Kento tombe, emportant avec lui une figure de stabilité, de même pour Nobara Kugisaki. À cela s’ajoute la déferlante de destruction provoquée par Sukuna lors de son combat contre Mahoraga, dont l’ampleur visuelle et la mise en scène comptent parmi les sommets de l’animation. Cette séquence installe une culpabilité écrasante chez Yuji Itadori, qui l’accompagnera jusqu’à la fin du récit.

Ce climat irrigue les deux premiers épisodes du nouveau volet et promet de s’intensifier. L’humour, déjà en retrait, a presque totalement disparu : la série adopte un ton résolument sombre, parfois étouffant, à l’image de l’état psychologique de ses personnages.

Une animation toujours plus ambitieuse

Depuis ses débuts en 2020, Jujutsu Kaisen a largement contribué à installer MAPPA parmi les studios d’animation les plus emblématiques de la nouvelle génération. Les deux premières saisons se sont déjà distinguées par une attention particulière portée au dessin, au mouvement et à une esthétique brute, presque rugueuse, mais d’une lisibilité exemplaire grâce à des combats hyperchorégraphiés.

Combat entre Jogo et Sukuna dans Jujutsu Kaisen, saison 2.©MAPPA

Or, cette troisième saison semble encore franchir un palier. On ne l’aurait pas cru possible, mais la mise en scène gagne à nouveau en précision et en audace. Les mouvements sont plus amples, les impacts mieux respirés, les silences plus marqués. Les duels impressionnent autant par leur fluidité que par leur capacité à laisser exister le vide, le temps suspendu entre deux frappes.

Un juste usage des couleurs

Cette montée en gamme se lit aussi dans l’usage très maîtrisé de la couleur. La palette devient un outil de sens : autour de Yuji Itadori, le rouge s’impose comme une teinte récurrente, écho au sang versé à Shibuya ; le combat entre Choso et Naoya Zen’in se déploie, lui, dans des teintes jaunes ; enfin, les scènes liées au clan Zen’in s’enferment dans des gris froids et étouffants, traduisant un univers figé et profondément délétère.

Jujutsu Kaisen, saison 3.©Crunchyroll

Les plans déséquilibrés, parfois volontairement instables, entretiennent un malaise constant et soutiennent un récit de plus en plus dense. Même dans ses moments les plus calmes, JJK laisse transparaître une tension visuelle continue, à l’image d’un monde qui ne retrouve jamais son équilibre.

Une entrée en matière avant le jeu

Plutôt que de plonger immédiatement dans la Traque meurtrière, le début de la saison 3 se concentre sur la confrontation entre Yuji Itadori et Yuta Okkotsu, chargé de l’exécuter. La scène cristallise l’état du monde après Shibuya : Yuji porte le poids de ses actes et Yuta apparaît transformé, plus dur, menaçant, loin de l’image laissée par le film Jujutsu Kaisen 0.

Jujutsu Kaisen, saison 3.©Crunchyroll

En parallèle, la série déploie un autre pan de ses enjeux à travers le clan Zen’in. La mort de son chef ouvre une lutte de pouvoir incarnée par Naoya, à laquelle Megumi Fushiguro sera mêlé plus tard. Cette intrigue plus politique rappelle que l’effondrement provoqué par Shibuya ne concerne pas que les combats, mais aussi les structures mêmes du monde des exorcistes.

La Traque meurtrière

C’est dans ce contexte que la Traque prend réellement son sens. Elle s’imposera par la suite comme le nouveau cadre narratif structurant l’ensemble du récit. Jeu mortel à l’échelle nationale, elle se fonde sur des règles strictes dont le dispositif pourrait sembler simple dans l’énoncé : il repose en réalité sur un système complexe, fait d’ajustements, de conditions et de stratégies.

Jujutsu Kaisen, saison 3.©Crunchyroll

L’enjeu pour la série est clair : installer cette mécanique sans noyer le spectateur sous les explications. Les deux premiers épisodes optent pour une approche mesurée, mais la Traque n’est pas encore pleinement lancée…

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