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Google accusé de suivi abusif des données de localisation par plusieurs États américains

25 janvier 2022
Par Kesso Diallo
Un suivi de la localisation sans autorisation.
Un suivi de la localisation sans autorisation. ©Shutterstock

Ils estiment que le géant américain a trompé les consommateurs en accédant à leurs données de localisation, même lorsque ces derniers avaient modifié les paramètres pour empêcher la collecte de leurs informations.

Google est de nouveau poursuivi en justice pour collecte abusive des données. Ce 24 janvier, le district de Columbia et trois États américains ont intenté un procès à la société, affirmant qu’elle induit en erreur les consommateurs afin d’accéder à leurs informations de localisation. « Nous dirigeons un groupe bipartite de procureurs généraux du Texas, de l’Indiana et de Washington, chacun poursuivant devant un tribunal étatique pour tenir Google responsable. Nous cherchons à mettre un terme à l’utilisation illégale par Google des « pièges à utilisateurs » et à récupérer les bénéfices réalisés à partir des données de localisation », a déclaré Karl Racine, procureur général du district de Columbia sur Twitter.

Concrètement, les procureurs généraux accusent la firme de Mountain View d’avoir continué à suivre les informations de localisation des utilisateurs qui avaient modifié les paramètres de confidentialité afin d’empêcher la collecte de leurs données. Selon eux, les consommateurs ne peuvent pas vraiment refuser le recueil de leurs informations par Google, même si les descriptions de certains paramètres suggèrent le contraire.

Des pratiques trompeuses pour collecter les données des utilisateurs

Le district de Columbia a ouvert une enquête sur les pratiques de Google à la suite d’un rapport de l’Associated Press, révélant que l’entreprise enregistrait les déplacements des utilisateurs même lorsqu’ils lui indiquaient explicitement de ne pas le faire. Dans le détail, la société assurait que désactiver le paramètre « Historique de localisation » permettait d’empêcher le suivi de la localisation. Pourtant, Google continuait d’enregistrer les positions des consommateurs avec d’autres moyens tels que le paramètre « Activité sur le Web et les applications ». Ce dernier permet de collecter et de stocker les données d’une personne, dont la localisation, lorsqu’elle utilise les produits et services de la firme.

Selon la plainte déposée, Google trompe les consommateurs sur la manière dont leur localisation est suivie et laisse entendre qu’il est possible pour eux de protéger leur vie privée depuis 2014. Le géant américain aurait aussi induit en erreur et fait pression sur les utilisateurs pour qu’ils activent le suivi de la localisation, en affirmant, par exemple, que les produits ne fonctionneraient pas correctement si le paramètre était désactivé, alors qu’il n’était pas nécessaire pour utiliser une application.

De son côté, Google a déclaré que les accusations à son encontre étaient fausses et que de nombreux changements avaient été mis en place afin de permettre aux utilisateurs de protéger leurs données de localisation. La société considère que l’action en justice est basée « sur des affirmations inexactes et des assertions dépassées ». « Nous avons toujours intégré des options de protection des données dans nos produits et offert de contrôler efficacement les données de géolocalisation. Nous allons nous défendre avec force et rétablir la vérité », a indiqué un porte-parole de Google au New York Times.

À noter qu’en Europe, Google est également dans le viseur de certaines autorités par rapport aux données. L’équivalent autrichien de la CNIL a jugé, le 13 janvier, que l’utilisation du service d’analyse d’audience Google Analytics par un site dans le domaine de la santé n’était pas conforme au règlement général sur la protection des données (RGPD). C’est principalement le transfert de données personnelles entre l’Europe et les États-Unis qui pose problème pour l’autorité. Elle estime que les internautes européens peuvent facilement être identifiés en recombinant leurs informations.

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Article rédigé par
Kesso Diallo
Kesso Diallo
Journaliste