La légende du jazz s’est éteinte à l’âge de 96 ans le 21 juillet 2023. À cette occasion, L’Éclaireur revient sur sa vie et sa carrière en cinq dates clés.
Légende du jazz, Tony Bennett est décédé à l’âge de 96 ans, la semaine dernière. Prolifique crooner, on lui doit pléthore d’albums sur lesquels ont retrouve ses plus grands titres comme Cold, Cold Heart (1950), Because of You (1951), ou encore Rags to Riches (1953), tous numéro un des ventes au moment de leur parution. Sa voix et son élégance ont marqué l’histoire de la musique pendant plus de 70 ans de carrière et une trajectoire unique, faites de hauts et de bas, sur lesquelles L’Éclaireur revient.
1926
Tony Bennett est né le 3 août 1926 à Astoria, dans le quartier du Queens à New York. Issu d’une famille italo-américaine, Anthony Dominick Benedetto dit « Tony » écoute très tôt les stars du jazz comme Louis Armstrong, Judy Garland, ou encore Eddy Cantor. Jeune, l’artiste découvre aussi le milieu du show-business, ses influences lui ouvrant rapidement les portes de la musique. Après avoir commencé à chanter à l’âge de 10 ans, Tony Bennett intégrera plus tard la High School of Industrial Arts au sein de laquelle il apprend le chant, mais aussi la peinture.
1944
En 1944, Tony Bennett fait partie des forces américaines envoyées au front pour défendre les premières lignes françaises vers la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Cette expérience, l’artiste la décrira plus tard comme l’une des plus traumatisantes de sa vie expliquant avoir pris place « au premier rang de enfer ». Après avoir échappé à de nombreuses reprises à la mort, et au moment de la Libération, le crooner demeurera quelques temps en Europe parmi les forces d’Occupation avant de regagner les États-Unis en 1946.
Pacifiste, Tony Bennett n’a jamais cessé tout au long de sa vie de s’opposer à toutes formes de guerre. À son retour, il s’engagera également en faveur du mouvement des droits civiques et refusera même de jouer en Afrique du Sud alors placé sous le régime de l’apartheid.
1979
Malgré un public fidèle, Tony Bennett connaîtra une traversée du désert durant les années 1970 et 1980, une mauvaise passe marquée par une addiction à la cocaïne et une overdose en 1979, dont il réchappera. C’est finalement son fils, Danny Bennett, qui réintroduira son père à un nouveau public, plus jeune cette fois-ci, à partir des années 1980 et 1990.
Tony Bennett entame, durant cette période, un come-back fracassant, conservant sa patte musicale face à une audience nouvelle. Du Montreux Jazz Festival en 1996 durant lequel il interprète avec Phil Collins There’ll be some changes made à ses lives acoustiques retransmis sur MTV Unplugged, Tony Bennett redore son image et assoit sa carrure de jazzman populaire.
2006
Les années 2000 sont marquées par le retour de Tony Bennett sur scène, mais aussi en studio. C’est ainsi qu’en 2006, l’artiste sort l’album Duets : An American Classic, une série de duos avec de très grands noms de la musique populaire, de Stevie Wonder à Bono, qui l’accompagnent sur des reprises. Quelques années plus tard, en 2011, il sort un second opus intitulé Duets II comprenant une collaboration avec Amy Winehouse sur Body & Soul, ainsi qu’un duo avec Lady Gaga sur The Lady is a Tramp, deux standards du jazz.
2021
En 2021 sort Love for Sale, dernier album de Tony Bennett que l’artiste américain a préparé en collaboration avec Lady Gaga. Après Cheek to Cheek (2014), la chanteuse retrouvera une dernière fois le crooner pour un opus collaboratif sur lequel on peut notamment entendre, I Get a Kick out of You. Avec cet opus, le duo remportera le prix du meilleur album pop traditionnel durant la 64e cérémonie des Grammy Awards. Il s’agira du dernier album composé par la star du jazz avant sa disparition le 21 juillet 2023.