Le Px8 S2 reprend le gabarit affiné du Px7 S3 et le transforme en produit très haut de gamme, avec notamment des transducteurs carbone repensés et l’aptX Lossless. Suffisant pour justifier le tarif résolument élitiste ? C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans les lignes qui suivent.
En résumé
Bowers & Wilkins aurait pu s’appuyer sur le Px8 original, qui n’avait rien d’un mauvais casque, au moment de concevoir son Px8 S2. Toutefois, la marque a préféré repartir du gabarit affiné de son Px7 S3, en le dotant de matériaux et d’une électronique supérieurs. Le pari est en grande partie réussi, à condition de savoir ce que l’on achète. On a là un objet à la fabrication irréprochable, doté d’une connectivité complète jusqu’à l’aptX Lossless, d’une autonomie d’une trentaine d’heures qui tient ses promesses, et d’une signature de caractère qui demande qu’on monte le volume et qu’on lui donne de bonnes sources pour démontrer toute son ampleur, son médium naturel et sa belle restitution des voix. La réduction de bruit reste en revanche un petit cran derrière les références du marché. De même, le poids peut se faire sentir lors des mouvements vifs. Avec son prix conséquent, le Px8 S2 s’adresse donc avant tout à ceux qui aiment l’esthétique sonore de la marque et qui valorisent les matériaux d’exception, plus qu’à ceux qui cherchent le casque le plus polyvalent de la catégorie.
- La construction soignée et les matériaux d’exception, cuir Nappa et aluminium en tête
- Le rendu sonore des transducteurs carbone de 40 mm redessinés
- La connectivité complète, avec aptX Lossless
- L’autonomie d’une trentaine d’heures
- La restitution des voix particulièrement réussie
- L’application claire et complète
- La réduction de bruit, un cran derrière les références de la catégorie
- Le poids, perceptible lors des mouvements de tête
- La signature qui manque de punch à volume modéré
- Les commandes un peu déroutantes au premier contact
Introduction
Dans le petit monde de l’audio, rares sont les marques à faire autant référence que Bowers & Wilkins. Il faut dire que le fabricant britannique n’a pas attendu le sans-fil pour exister. Fondé en 1966 à Worthing, il a passé un demi-siècle à concevoir ses propres transducteurs, une compétence rare dans l’industrie qui lui a valu des enceintes devenues des références jusque dans les studios, des Nautilus à la 800 Series. C’est cette même maison qui s’est lancée dans les enceintes Bluetooth dès 2007 avec l’iconique Zeppelin, avant d’étendre ce savoir-faire à ses casques et écouteurs.
Le Px8 S2 est le dernier de cette lignée. Son nom laisse assez clairement entendre qu’il succède au Px8 original. Pourtant, du point de vue de la conception, c’est moins évident. Plutôt que de repartir de l’ancien modèle, B&W a en effet repris le gabarit affiné de son Px7 S3, sorti un peu plus tôt et l’a habillé de matériaux et d’une électronique d’un cran au-dessus. Le résultat tient dans un casque plus fin, mieux ajusté, mais facturé au prix fort.
Vous l’aurez compris, à ce tarif, c’est un casque qui se pose autant comme un objet que comme un outil et c’est sans doute la première chose à garder en tête avant de juger le reste.
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Le design et l’ergonomie
La prise en main confirme tout de suite le parti pris. La structure mêle l’aluminium usiné pour le cache arrière et les bras, le cuir Nappa pour les coussinets et l’arceau, la mousse à mémoire de forme sous le revêtement. Les coussinets sont remplaçables, détail appréciable sur un casque de ce prix. B&W a aussi affiné le profil par rapport au Px8 original, en gagnant une dizaine de millimètres de profondeur sur chaque oreillette et l’ensemble paraît moins massif une fois posé. Deux finitions sont de la partie avec une Onyx Black aux accents cuivrés et une Warm Stone plus discrète.

Reste la question du poids. Avec 310 grammes sur la balance, le Px8 S2 est loin d’être un poids plume. De fait, on perçoit une légère inertie lors des mouvements de tête un peu vifs. Au quotidien, cela ne nous a toutefois pas gênés. L’arceau rembourré répartit bien la charge, les coussinets enveloppent les oreilles sans créer de point de pression, y compris pour les porteurs de lunettes et les longues sessions passent sans douleur. Disons simplement qu’on évitera de trottiner avec sur les oreilles.

Les commandes méritent un mot. B&W a logé l’alimentation et le commutateur de réduction de bruit sur l’oreillette gauche, les boutons de volume, de lecture et le raccourci Quick Action sur la droite. Le bouton de lecture est texturé et un peu plus petit que ses voisins, histoire de le repérer au doigt. Tout cela n’a rien d’évident lors des premières manipulations, on hésite, on se trompe d’oreillette, mais l’automatisme vient vite. L’étui de transport, lui, a maigri d’une dizaine de centimètres par rapport à l’ancien et se glisse plus facilement dans un sac.

Les performances audio
Côté audio, le Px8 S2 embarque des transducteurs de 40 mm à cône carbone entièrement repensés, avec un nouveau châssis, une nouvelle bobine, une suspension et un aimant revus. B&W les couple à un amplificateur dédié, distinct du SoC Bluetooth qui assure souvent ce rôle ailleurs. Le casque ne s’en remet donc pas à sa puce de communication pour alimenter ses haut-parleurs, une approche que l’on croise aussi chez Loewe sur le Leo.

Le processeur a lui aussi changé. Là où le Px8 original tournait sur un QCC5127 plafonnant à du 24 bits/48 kHz, le S2 passe à un QCC3084 qui monte jusqu’au 24 bits/96 kHz en Bluetooth 5.3. La liste des codecs est complète, du SBC et de l’AAC jusqu’à l’aptX Lossless, en passant par l’aptX Adaptive et HD. B&W annonce par ailleurs l’arrivée du LE Audio, de l’Auracast et du Spatial Audio par mise à jour, des fonctions que nous n’avons donc pas pu juger. Huit micros complètent l’ensemble, dont une partie est dédiée à la captation vocale pour les appels.

Une fois le casque en action, on comprend vite que la signature sonore du Px8 S2 porte l’ADN maison, centrée sur le haut-médium et l’aigu, avec un grave dont l’assise varie selon que la réduction de bruit est active ou non. Comme toujours, cette personnalité ne fera pas l’unanimité.

À volume modéré, le casque peut sembler en retrait. La dynamique paraît un peu timide et on aimerait par moments plus de punch, plus d’émotion dans la restitution. Mais en montant le volume, le casque change de visage. Sur des sources lossless et à haut volume, le Px8 S2 retrouve de l’ampleur. Le médium se fait naturel, le grave gagne en profondeur et en tenue, la scène s’ouvre et prend cette dimension presque holographique que l’on attend d’un casque de ce rang. L’aigu, lissé, évite le piège de la fausse brillance qui fatigue à la longue. Les voix, surtout, sont remarquablement bien rendues, avec une texture et une présence qui justifient à elles seules une partie du tarif. Notez aussi que le son nous a paru meilleur réduction de bruit activée, le grave gagnant alors en poids et l’équilibre d’ensemble s’en trouvant resserré.
Faut-il y voir un défaut ou un parti pris ? Un peu des deux. Le Px8 S2 demande qu’on aille le chercher, qu’on lui donne du niveau et de la bonne source. À ce jeu, il récompense l’effort. L’auditeur qui cherche un casque expressif dès les premiers décibels, lui, devra en avoir conscience.
L’application, la connectivité et les appels
Comme sur tous les casques de ces dernières années, l’application Bowers & Wilkins Music sert de poste de commande. Elle se révèle claire, complète et permet de régler le niveau de réduction de bruit, le mode transparence, un égaliseur cinq bandes avec mémorisation de préréglages, le mode True Sound qui correspond à la signature par défaut et le bouton Quick Action programmable.

Pour le reste, le Px8 S2 gère le multipoint pour basculer entre un téléphone et un ordinateur ou tout autre appareil compatible. Quant au Bluetooth 5.3, il tient sa portée habituelle d’une dizaine de mètres en conditions normales. Les capteurs de port mettent la lecture en pause dès qu’on retire le casque. Une précision tout de même pour les amateurs d’écoute filaire. L’entrée ligne analogique, par le port USB-C et le câble fourni, ne fonctionne que casque allumé. Aucune écoute passive n’est possible une fois la batterie à plat, ce qui est dommage.

Enfin, le Px8 S2 procure des appels qui ne prêtent pas le flanc à la critique. La voix passe claire et intelligible, même dans un environnement moyennement bruyant. L’interlocuteur vous entend de manière tout à fait audible, avec une voix débarrassée de la plupart des bruits parasites, sans écho ni distorsion notable. Rien de spectaculaire, mais le casque remplit bien son rôle pour les échanges professionnels comme personnels.

La réduction de bruit
La réduction de bruit s’appuie sur une configuration hybride avec des micros répartis autour des oreillettes. Le Px8 S2 fait du bon travail sur les bruits graves. Il gomme ainsi l’essentiel du fond sonore pour les roulements de train, une climatisation, la circulation, etc. Il se montre en revanche moins convaincant sur le bruit large bande comme du vent qui souffle.

Le mode transparence se montre lui bien dosé, ni trop filtré ni trop intrusif et laisse passer une conversation sans qu’on ait à retirer le casque. Le sommet de la catégorie, en revanche, reste hors de portée. Cependant, si l’écart existe bel et bien, il reste mesuré et la prestation suffit largement à s’isoler dans un train, un avion ou un open space.
L’autonomie
Bowers & Wilkins annonce 30 heures d’autonomie sur la fiche technique de son produit. Nos nombreux cycles passés avec le casque viennent étayer ce chiffre en usage mixte. Le casque tient sans peine la trentaine d’heures avec la réduction de bruit active une bonne partie du temps et un volume moyen. De quoi donc enchaîner plusieurs journées ou un long voyage sans chercher une prise.

Côté recharge, il est possible de récupérer sept heures d’écoute en 15 minutes, ce qui est très pratique en cas de départ précipité. On peut par ailleurs continuer à utiliser le Px8 S2 pendant qu’il charge.
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