Entre le Dual Swap, le TMR, le Rapid Trigger ou encore les molettes intégrées… le G512 X de Logitech G empile les belles promesses. Nous l’avons mis à l’épreuve pour voir s’il les tient ou pas.
En résumé
À l’heure du bilan, le Logitech G512 X 75 % laisse un sentiment généralement positif, mais pas immaculé. C’est un bon clavier mécanique, bien construit, doté de fonctionnalités intéressantes et d’une flexibilité réelle grâce au système Dual Swap. Le Rapid Trigger fonctionne, les molettes sont pratiques et les anneaux SAPP témoignent d’une vraie réflexion sur l’expérience utilisateur. Cependant, sa polyvalence revendiquée finit par se retourner contre lui. En voulant tout faire (analogique, mécanique, Rapid Trigger, SOCD, multiprofils), le G512 X ne fait rien de manière exceptionnelle et l’absence d’analogique progressif type manette reste un peu en travers de la gorge, même si elle ne gênera pas tout le monde. Néanmoins, si vous cherchez un clavier gaming polyvalent avec la possibilité de tester l’analogique sans vous engager pleinement, et que l’écosystème Logitech fait déjà partie de votre quotidien, le G512 X est un choix tout à fait recommandable. En revanche, si l’analogique progressif est votre priorité, vous aurez compris qu’il faut chercher ailleurs.
- Le système Dual Swap qui permet de mixer switches analogiques et mécaniques sur 39 emplacements
- Les anneaux SAPP, une solution élégante pour le retour tactile sur les actions secondaires
- Le polling à 8 000 Hz et la plage d'actuation réglable de 0,1 à 4,0 mm
- Les deux molettes remappables, pratiques au quotidien
- L'absence d'entrée analogique progressive
- Le châssis intégralement plastique pour un clavier haut de gamme
- Connexion filaire uniquement
- Logiciel G Hub obligatoire
Introduction
S’il y a une marque qui n’est pas du genre à laisser un segment porteur aux mains de la concurrence très longtemps, c’est bien Logitech G. Or, depuis quelques saisons, les claviers gaming à effet Hall et à capteurs magnétiques ont bouleversé les codes du marché. Ce nouveau courant a su convaincre les joueurs les plus exigeants avec notamment des technologies d’actuation analogique et de Rapid Trigger. Il fallait bien que le géant suisse finisse par répondre. C’est chose faite avec le G512 X que nous testons ici.
Il suffit de jeter un coup d’œil aux prix publics conseillés pour comprendre que le positionnement est sans ambiguïté. Au moment du lancement, il faut en effet compter 189,99 euros pour la version 75 % que nous testons ici et 219,99 euros pour la déclinaison 98 %. On est clairement sur du haut de gamme, donc.
La promesse, elle, tient en un acronyme maison (Dual Swap) et en une technologie de capteurs TMR censée offrir le meilleur des deux mondes entre mécanique traditionnelle et analogique. Sur le papier, le programme est alléchant.
Avant de nous lancer dans le test, notez que sa compatibilité couvre Windows 10 ou ultérieur et macOS 12 ou ultérieur.

Le design
Deux coloris sont proposés au lancement, un noir rehaussé d’accents violets et un blanc agrémenté de touches menthe. L’ensemble dégage une esthétique gaming assumée sans tomber dans l’excès. Bien sûr, les goûts en la matière restent éminemment subjectifs et nous avons vu passer des designs autrement plus criards ces dernières années.

Le châssis repose quant à lui sur un montage gasket en silicone, une approche empruntée au monde des claviers custom afin d’amortir les vibrations et d’offrir une frappe plus souple, moins sèche. Les keycaps sont en PBT double-shot, un standard attendu à ce niveau de prix.
S’il contribue à contenir le poids, ce châssis intégralement en plastique en fera tout de même grimacer quelques-uns sur un produit aussi haut de gamme.

Logitech G a toutefois parsemé le G512 X de petites attentions qui méritent qu’on s’y attarde. Deux molettes défilantes sont intégrées sur la face supérieure droite, librement assignables dans G Hub, ce qui leur confère une vraie utilité au quotidien. Leur présence est appréciable et évite de devoir multiplier les raccourcis clavier pour des actions fréquentes.

Plus originaux, les anneaux SAPP (pour Second Actuation Pressure Point) sont fournis dans la boîte. Ces petits anneaux physiques s’installent sur les switches et procurent un retour tactile supplémentaire lorsqu’une seconde action est assignée à une même touche selon la profondeur d’appui. Une idée éminemment astucieuse qui résout un problème réel puisqu’il est difficile de savoir instinctivement à quel moment la seconde action se déclenche sans repère physique. Dans la pratique, le retour est certes subtil, mais bien perceptible. Les joueurs qui exploitent pleinement les profils analogiques y trouveront vraiment un intérêt concret.


Logitech G intègre également sa propre version du SOCD, ces fameuses entrées directionnelles simultanées et opposées qui font débat dans la communauté compétitive. Baptisée « key priority », cette fonction est configurable dans G Hub et permet d’activer une touche tout en en maintenant une autre enfoncée. Un ajout bienvenu pour les joueurs de FPS tactiques, même si la fonctionnalité n’a rien d’exclusif et se retrouve chez la plupart des concurrents sérieux du marché.

Enfin, il faut bien garder en tête que le G512 X est exclusivement filaire. Il est fourni avec un câble USB-C détachable de 1,8 m. Pas de Bluetooth ou de dongle sans fil, donc. Ce qui n’a rien de rédhibitoire pour un clavier gaming destiné à rester sur un bureau fixe. Cependant, cela limite clairement les usages nomades ou multi-machines. Ses 850 g sur la balance confirment d’ailleurs qu’on n’est pas face à un périphérique pensé pour voyager. Toutefois, dans un monde où même les claviers gaming haut de gamme proposent désormais du sans-fil performant, cette connectivité exclusivement filaire ressemble à un choix d’ingénierie difficile à défendre en 2026.

Dual Swap et TMR, le cœur de la promesse
Commençons par ce qui constitue le cœur du G512 X, sa raison d’être face à une concurrence déjà bien installée. La technologie TMR (Tunnel Magneto Resistance) permet de dépasser la logique binaire classique du « appuyé ou relâché » en mesurant la profondeur d’enfoncement de chaque touche grâce à un capteur magnétorésistif. Concrètement, on peut assigner des actions différentes selon le niveau d’appui, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour les simulations de vol, les jeux de course ou les shooters tactiques où chaque millimètre de course compte.


Là où Logitech G tente de se démarquer, c’est avec le système Dual Swap. Le clavier dispose de 39 emplacements hybrides capables d’accueillir aussi bien des switches analogiques que la plupart des switches mécaniques 3 ou 5 broches du marché, qu’ils soient linéaires ou tactiles. Neuf switches analogiques Gateron KS-20 sont fournis dans la boîte sur n’importe lequel de ces 39 emplacements. L’idée est séduisante : vous pouvez mixer analogique et mécanique selon vos jeux, sans racheter un second clavier. Les touches de déplacement en analogique pour un simulateur de vol le matin, puis en mécanique tactile pour de la bureautique l’après-midi. Un système très flexible donc.

Côté réglages, le Rapid Trigger se configure entre 0,1 et 4,0 mm de précision, tandis que le polling monte jusqu’à 8 000 Hz en mode haute fréquence. Ces chiffres s’alignent sur les meilleurs de la concurrence, ce qui est très bien, mais ne permettent pas non plus au G512 X de se démarquer sur ce terrain.

La limite principale de la technologie TMR reste qu’elle ne permet pas encore un contrôle vraiment proportionnel et continu comme on pourrait l’attendre d’un stick analogique de manette. On reste cantonné à des paliers d’actuation, pas à un signal proportionnel. C’est une différence fondamentale, que certains concurrents proposent déjà.
G Hub, puissant mais obligatoire
On ne peut pas parler du G512 X sans évoquer G Hub, le logiciel maison de Logitech G. Il est tout simplement indispensable pour accéder à l’essentiel des fonctionnalités différenciantes du clavier. Modifier les points d’actuation, activer le polling à 8 000 Hz, mettre à jour le firmware, créer des macros, gérer les profils analogiques ou encore reprogrammer les molettes, tout passe par G Hub.

Le logiciel offre un éventail de possibilités conséquent, du remapping complet à la programmation multicouche en passant par la gestion fine des profils par jeu. De fait, les joueurs qui prennent le temps de configurer leur clavier y trouveront un outil puissant et relativement intuitif.

Il y a cependant un revers à la médaille, à savoir la dépendance totale au logiciel. Sans G Hub installé et actif, le G512 X perd une bonne partie de ce qui le distingue d’un clavier mécanique classique. Ce n’est pas un problème pour un joueur sur PC fixe qui ne jure que par Windows, ce n’est pas la même chanson pour ceux qui jouent sur d’autres systèmes. Nous aurions préféré que Logitech G permette de stocker davantage de paramètres directement dans la mémoire embarquée du clavier pour offrir un minimum d’autonomie logicielle.

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Conclusion
À l’heure du bilan, le Logitech G512 X 75 % laisse un sentiment généralement positif, mais pas immaculé. C’est un bon clavier mécanique, bien construit, doté de fonctionnalités intéressantes et d’une flexibilité réelle grâce au système Dual Swap. Le Rapid Trigger fonctionne, les molettes sont pratiques et les anneaux SAPP témoignent d’une vraie réflexion sur l’expérience utilisateur. Cependant, sa polyvalence revendiquée finit par se retourner contre lui. En voulant tout faire (analogique, mécanique, Rapid Trigger, SOCD, multiprofils), le G512 X ne fait rien de manière exceptionnelle et l’absence d’analogique progressif type manette reste un peu en travers de la gorge, même si elle ne gênera pas tout le monde. Néanmoins, si vous cherchez un clavier gaming polyvalent avec la possibilité de tester l’analogique sans vous engager pleinement, et que l’écosystème Logitech fait déjà partie de votre quotidien, le G512 X est un choix tout à fait recommandable. En revanche, si l’analogique progressif est votre priorité, vous aurez compris qu’il faut chercher ailleurs.