Avec le PencilVac, Dyson continue de repousser les limites de la miniaturisation. Cet aspirateur au format inédit de « tube » promet une maniabilité sans précédent pour les citadins. Mais avec une puissance d’aspiration drastiquement réduite et une autonomie limitée, ce bel objet peut-il vraiment prétendre au titre d’aspirateur principal ou reste-t-il un gadget de luxe pour petits appartements ? Notre verdict.
En résumé
Le Dyson PencilVac est un objet aussi fascinant que frustrant. D’un côté, c’est une authentique prouesse d’ingénierie qui redéfinit l’ergonomie du nettoyage. Il est incroyablement léger, maniable et agréable à utiliser pour des tâches ponctuelles. Sa brosse Fluffycones et son double éclairage laser sont de vraies réussites qui facilitent la vie au quotidien. De l’autre, il souffre de limitations physiques inévitables au regard de sa conception. Sa puissance d’aspiration modeste et son autonomie limitée le cantonnent à un rôle d’aspirateur d’appoint ou de solution unique pour petits appartements sans moquette épaisse. Si vous vivez dans un grand espace ou avez besoin de nettoyer des tapis en profondeur, passez votre chemin. En revanche, si vous êtes un citadin dans un appartement pas trop grand ou si vous cherchez une solution d’appoint à ajouter à votre aspirateur principal, le PencilVac peut valoir le détour.
Note technique
Les plus et les moins
- La légèreté et la maniabilité exceptionnelles
- Le format tube ultra-compact facile à ranger
- Le double éclairage laser (avant/arrière) très efficace
- La brosse Fluffycones idéale pour les cheveux et poils
- L’entretien hygiénique avec système seringue
- La station d’accueil très bien pensée
- La puissance d'aspiration limitée
- L’autonomie (20-30 min)
- Le collecteur se remplit vite
Chez Dyson, la course à la performance a longtemps été synonyme de gros chiffres, avec plus de puissance, plus de cyclones, plus d’autonomie. Mais depuis quelque temps, le géant britannique semble accorder de plus en plus d’importance à l’agilité également. Après avoir tâté le terrain avec des modèles d’aspirateurs « Slim » ou l’Omni-glide, la marque passe à une vitesse radicalement supérieure avec le PencilVac. Pour les non-anglophones parmi nos lecteurs, « Pencil » en anglais signifie « stylo ». Comme son nom le laisse donc deviner, l’appareil abandonne le format traditionnel pour adopter une silhouette filiforme, celle d’un simple tube de 38 mm de diamètre.
Sur le papier, la promesse est séduisante puisqu’on nous propose un appareil ultra-léger, capable de se faufiler partout, équipé d’un moteur tournant à 140 000 tours/minute et d’une toute nouvelle brosse motorisée baptisée « Fluffycones ». Néanmoins, cette cure d’amincissement s’accompagne sans surprise de compromis techniques certains, notamment une puissance d’aspiration qui tombe à 55 Air Watts annoncés. Une valeur bien loin des standards habituels de la marque. Nous avons mis à l’épreuve ce « stylo » de nettoyage pendant plusieurs semaines, pour voir s’il tient la route face à la réalité du quotidien.
Le design et l’ergonomie
La première prise en main du PencilVac est pour le moins déroutante. On a moins l’impression de tenir un aspirateur qu’un simple balai. Le constructeur a réussi le tour de force de tout intégrer dans un corps tubulaire n’excédant pas 4 cm de large. La poignée elle-même ne mesure que 30 mm. Le résultat est assez incroyable.

Cette légèreté change la donne. Là où un V16 Piston Animal ou un Gen5 Detect peut finir par peser sur le poignet lors de longues sessions, le PencilVac se manipule avec une aisance déconcertante. Il est conçu pour être attrapé à la volée pour un nettoyage rapide. Sa station d’accueil facilite d’ailleurs la manipulation puisqu’il n’y a pas besoin de « l’enclencher » dedans. On le clipse et déclipse de manière très rapide et naturelle.

Côté interface, Dyson continue sur la lancée de ses derniers modèles puisqu’il n’y a plus de gâchette, souvent fatigante à la longue, au profit d’un bouton d’alimentation unique. Un écran LCD intégré sur le manche permet de garder un œil sur le mode de nettoyage et l’autonomie restante. L’appareil est également connecté, s’appairant à l’application MyDyson pour le suivi de la maintenance et des données d’utilisation. C’est moderne, propre, et visuellement très réussi.

Cependant, cette compacité extrême a un prix immédiat, puisqu’il n’y pas vraiment de collecteur de poussière traditionnel. Ici, les débris s’accumulent directement dans le corps du tube. C’est esthétiquement impressionnant, mais cela signifie en contrepartie qu’il faut vider ledit tube bien plus souvent.
La brosse Fluffycones
Pour accompagner ce nouveau format, Dyson ne pouvait pas se contenter de ses brosses habituelles. Le fabricant introduit donc les « Conical Fluffycones ». Concrètement, la tête d’aspiration n’utilise pas un rouleau unique, mais quatre cônes motorisés, deux de chaque côté, qui tournent dans des sens opposés.

L’intérêt de cette architecture ? D’abord, elle permet d’éviter l’enroulement des cheveux et des poils d’animaux, qui migrent vers l’extrémité des cônes plutôt que de bloquer le mécanisme. Ensuite, la forme hexagonale et la rotation inversée permettent à la brosse de glisser aussi bien vers l’avant que vers l’arrière, facilitant les manœuvres dans les coins et le long des plinthes.

À l’usage, cette brosse se révèle très agile. Elle permet de passer sous des meubles très bas, l’appareil pouvant se mettre quasiment à plat jusqu’à une hauteur de 95 mm. Dyson a également revu sa copie concernant l’éclairage. Le PencilVac intègre désormais des lasers (ou LED vertes) à la fois à l’avant et à l’arrière de la brosse, contre uniquement vers l’avant sur les précédents modèles. Cela permet d’illuminer la poussière quel que soit le sens de votre mouvement, révélant impitoyablement les moutons de poussière cachés sous le canapé. C’est le genre de détail ergonomique qu’on apprécie et qui rend le ménage presque ludique.

Les performances d’aspiration
C’est ici que le bât blesse. Pour faire tenir un moteur dans un tube de 38 mm, Dyson a logiquement dû réduire la voilure. Le moteur tourne certes à une vitesse impressionnante de 140 000 tours/minute, mais sa puissance d’aspiration plafonne elle à 55 Air Watts (AW). Pour mettre ce chiffre en perspective, le Gen5 Detect de la marque affiche une puissance de 262 AW, tandis que le V16 Piston Animal monte même jusqu’à 315 AW d’après les données du fabricant. Nous sommes donc face à un appareil sensiblement moins puissant sur le papier.

À l’usage, pas de miracle, cette différence se ressent bel et bien. Le PencilVac excelle sur les sols durs et pour ramasser les poils d’animaux ou la poussière de surface. Sa brosse Fluffycones fait un excellent travail mécanique pour décoller la saleté légère. En revanche, dès qu’il s’agit de débris plus lourds ou d’un nettoyage en profondeur, l’appareil montre ses limites.
Le système de filtration a dû être entièrement repensé. Faute de place pour les cyclones habituels, Dyson utilise un système de séparation à deux étages qui force l’air à travers un maillage fin par force centrifuge. Si la technologie est ingénieuse, elle semble plus sensible à certains types de saletés.
L’entretien
La gestion de la poussière est un autre point potentiel de friction si vous ne savez pas où vous mettez les pieds. Comme évoqué plus haut, le collecteur est intégré au manche et sa capacité est limitée. Il se remplit à une vitesse grand V, surtout si vous avez des animaux qui perdent leurs poils.

Le système de vidage implique de retirer la brosse et d’actionner un mécanisme d’éjection qui fonctionne comme une seringue pour pousser la poussière hors du tube. L’idée est d’éviter le contact avec la saleté et les nuages de poussière, et cela fonctionne plutôt bien. Les débris sont compactés et tombent proprement. Néanmoins, l’opération doit être répétée très fréquemment si votre logement n’est pas déjà quasi-propre.
L’autonomie
Côté endurance, le PencilVac ne fait pas de miracles non plus. Dyson annonce jusqu’à 30 minutes d’autonomie en mode Eco. Dans la réalité, en jonglant avec les modes pour obtenir une aspiration décente, on tourne plutôt autour des 20 minutes. C’est suffisant pour faire le tour d’un deux-pièces ou nettoyer la cuisine après le repas.

Sans surprise, c’est en revanche beaucoup trop juste pour le ménage hebdomadaire d’une maison familiale. Comme dit plus haut, la station d’accueil qui est fournie pour la recharge est très bien conçue et rend l’appareil toujours prêt à être saisi.