Sélection

Jean-Paul Dubois, lauréat du prix Goncourt 2019

28 novembre 2022
Par Sébastien Thomas-Calleja
Jean-Paul Dubois, lauréat du prix Goncourt 2019
©dr

Ils sont partis à quinze. Le 27 octobre, ils n’étaient plus que quatre. Et ce 4 novembre 2019, le jury du Goncourt s’est réuni au restaurant Drouant pour choisir le lauréat. On disait Amélie Nothomb favorite avec Soif, et c’est finalement Jean-Paul Dubois qui remporte le prix !

Ils étaient quinze, ils ne sont plus que 4. Qui remportera le Goncourt 2019 ? Réponse le 4 novembre. En attendant, découvrez la troisième et dernière sélection du prix le plus convoité de la rentrée.

[EDIT 3] Jean-Paul Dubois, lauréat du prix Goncourt 2019 :

Réaction de l’intéressé : « Je serai à peu près le même demain, que quand je suis arrivé ce matin ». Et c’est peut-être ce que ses lecteurs souhaitent, pour le plaisir de lire ses prochains romans.

[EDIT 2] La troisième sélection prix Goncourt 2019 :

Ce dimanche 27 octobre, les membres de l’académie Goncourt ont dévoilé les quatre derniers noms en lice pour le Goncourt 2019, après avoir délibéré au Grand hôtel de Cabourg. Une femme, trois hommes, pour un seul prix, le plus prestigieux de la saison, décerné le 4 novembre prochain.

Les finalistes sont :

  • La Part du fils de Jean-Luc Coatalem (Stock)
  • Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois (L’Olivier)
  • Soif d’Amélie Nothomb (Albin Michel)
  • Extérieur monde d’Olivier Rolin (Gallimard)

[EDIT 1] La deuxième sélection du prix Goncourt 2019 :

  • Le Ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena (P.O.L)
  • Le ciel par-dessus le toit, Nathacha Appanah (Gallimard)
  • Un dimanche à Ville-d’Avray, dominique Barbéris (Arléa)
  • La part du fils, Jean-Luc Coatalem (Stock)
  • Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, Jean-Paul Dubois (L’Olivier)
  • Rouge impératrice, Léonora Miano (Grasset)
  • La terre invisible, Hubert Mingarellli (Buichet-Chastel)
  • Soif, Amélie Nothomb (Albin Michel)
  • Extérieur monde, Olivier Rolin (Gallimard)

Éclectique, cette sélection pour le plus prestigieux titre des lettres françaises est représentative de cette rentrée littéraire 2019. 

En cette année de centenaire du Goncourt pour Marcel Proust, récompensé en 1919 pour À l’ombre des jeunes filles en fleur, qui succédera à ce chef d’œuvre de la littérature mondiale, mais aussi à Nicolas Mathieu, récipiendaire du célèbre prix littéraire l’année dernière ? 

 

La première sélection du Goncourt 2019

 

Des favoris

Parmi lesquels des auteurs maintes fois reconnus, Amélie Nothomb dont la nomination a pu surprendre, plus habitué à la voir caracoler en tête des classements de meilleures ventes, ou sur les plateaux de télévision avec une régularité annuelle de parution qui ne se dément pas depuis plus de vingt-cinq ans. La célèbre écrivaine belge nous offre avec Soif un de ses romans les plus aboutis, en reconstituant la Passion du Christ par un Jésus incarné et transfiguré, dans le style décapant et caustique qu’on lui connaît. 

Santiago H. Amigorena, d’origine argentine, nous plonge au cœur d’un Ghetto intérieur, celui de Varsovie, ses fantômes familiaux et le déchirement de l’exil, dans un roman autobiographique bouleversant.

C’est Le ciel par-dessus le toit, que Nathacha Appanah, sous l’égide de Verlaine, nous aide à comprendre comment grandir dans une famille où règne la difficulté d’aimer, dans un conte tout autant enchanteur que terrifiant. [➜ Notre avis] 

Car Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon. Jean-Paul Dubois le sait bien et nous l’exprime avec émotion dans cette relation de deux codétenus au cœur d’une prison et des événements de la vie qui peuvent nous faire basculer. Une exploration vibrante de l’âme humaine ! [➜ Notre avis] 

Le registre de la science-fiction est parfois nécessaire pour exposer pour comprendre les failles de nos sociétés. C’est ce que fait brillamment Léonora Miano, mêlant l’amour et la politique dans Rouge impératrice, fable futuriste d’une Afrique prospère et unifiée, sur la terre de laquelle viennent se réfugier les Sinistrés de la vieille-Europe. 

La terre invisible est aussi celle d’Hubert Mingarelli, qui se retrouve au cœur de la libération des camps de la mort dans le regard d’un photographe et son acolyte militaire, servie par une plume majestueuse et onirique. 

Olivier Rolin, quant à lui, se place en Extérieur monde pour retracer son parcours vertigineux dans une autobiographie passionnée et inspirante. 

Tous au cœur des Choses humaines, comme Karine Tuil, qui démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et interroge notre nature profonde à travers la pulsion morbide que peut être le sexe lorsqu’il se fait viol. Troublant et éblouissant !

Des prétendants

Loin d’être insuffisants, comme Dominique Barbéris qui explore avec talent les tréfonds de l’âme humaine, à travers la relation de deux sœurs et la présence mystérieuse d’un inconnu, dans un décor de cinéma et une ambiance à la Simenon, lors d’Un dimanche à Ville-d’Avray. 

La part du fils de Jean-Luc Coatalem, c’est celle qu’il trouvera sur les traces d’un grand-père déporté dont le souvenir qu’il en restait n’était plus qu’un secret de famille. 

Ou Louis-Philippe Dalembert qui tentera de percer le Mur Méditerranée, en mettant à jour le destin de trois femmes migrantes, nées du mauvais côté de la mer bleue. Un roman poignant et lumineux ! 

Dans les airs aussi, c’est Un monde sans rivage, comme l’explique Hélène Gaudy, qui décortique l’esprit d’aventure en reconstituant l’expédition polaire de trois explorateurs, disparus depuis leur départ en montgolfière.

Tout pour faire palpiter Le cœur battant du monde, comme Sébastien Spitzer, dans une fresque sociale digne de Dickens au cœur de Londres, capitale d’un nouveau monde en pleine révolution industrielle.

Deux premiers romans époustouflants

Avant que j’oublie d’Anne Pauly, qui questionne l’amour filial après la disparition d’un père violent et mal-aimant. Sensible et émouvant ! 

Ou dans les affres de la violence sociale par le prisme de deux adolescentes, l’une se rêve en martyre djihadiste, l’autre promène son ennui dans une France en décomposition dirigé par un président honni : Sœur d’Abel Quentin. Un premier roman percutant !  

 

Un seul obtiendra la précieuse récompense. Certains seront éliminés lors de la deuxième sélection le 1er octobre, d’autres à la troisième le 27 octobre, mais le talent de chacun méritait d’être reconnu. Ce qui nous laisse encore de belles perspectives de découvertes et de plaisir de lire à venir. 

Aller + loin : le site officiel de l’académie Goncourt

Photo d’illustration © Patrice Normand, Les Éditions de L’Olivier

Article rédigé par
Sébastien Thomas-Calleja
Sébastien Thomas-Calleja
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