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Guide manga : Dragon Ball, les différentes éditions à travers les âges

01 mars 2018
Par JR Rosny
Guide manga : Dragon Ball, les différentes éditions à travers les âges

SHONEN – Dragon Ball, série-fleuve avec ses deux suites – Dragon Ball Z et Dragon Ball GT – est arrivée en France dès le début des années 1990, et marqua le début d’une ère sans précédent dans le monde de la bande dessinée. Petit texte explicatif…

Dragon Ball, série-fleuve avec ses deux suites – Dragon Ball Z et Dragon Ball GT – est arrivée en France dès le début des années 1990, et marqua le début d’une ère sans précédent dans le monde de la bande dessinée. Petit texte explicatif…

Glénat, éditeur historique de manga

La série fut initialement publiée au Japon dès le milieu des années 1980 et débarqua en France chez Glénat en 1993. Sachez que pour l’époque, il était excessivement rare de voir du manga en France. Aujourd’hui, les éditeurs publient leurs ouvrages dans le sens de lecture original, c’est-à-dire comme au Japon de droite à gauche. Mais, occidentalisation oblige, ce n’était pas le cas à l’époque (ouh là, de telles expressions ne nous rajeunissent pas, ma brave dame !). Ce genre de bande dessinée était foncièrement nouveau (192 pages, toutes en noir et blanc et au format livre de poche, si en plus il fallait les lire à l’envers… vous n’imaginez même pas !), il s’agissait de ne pas bousculer toutes les habitudes d’un seul coup. Toujours est-il que Glénat choisit de conserver sa collection originale depuis tout ce temps, et en publia l’intégralité des quarante-deux volumes.

Puis vinrent en 2001 les volumes doubles, plus moches mais revenant moins cher au kilo. Comme leur nom l’indique, ces pavés orange de près de 400 pages regroupent deux volumes de la première édition. Ainsi, le premier volume double contient les deux premiers volumes de l’édition originale française de 1993. Par conséquent, les vingt-et-un volumes doubles contiennent l’intégralité des quarante-deux volumes initiaux.

Et je vous épargne les volumes « géants », vendus moins de dix francs à l’époque chez le marchand de journaux du bout de ma rue, et regroupant à peine quelques chapitres (elles n’existent plus aujourd’hui, rassurez-vous. Mais au cas où, ne tombez pas dans le piège : j’ai failli ruiner mes parents avec ce genre d’éditions !). En revanche, vous pouvez craquer pour les versions novellisées éditées à la Bibliothèque Verte. Ces petits romans accessibles dès 8 ans reprennent l’histoire de Son Gokû et ses amis, avec à l’appui quelques illustrations. Idéal pour les réfractaires à la lecture, soit dit en passant.

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© BIRD STUDIO/SHUEISHA, TOEI ANIMATION FILM. © TOEI ANIMATION CO., LTD.

Vous suivez ? Parce qu’après ça se complique encore un peu…

Le manga prit son essor dès le début des années 2000, et il fut bientôt courant de lire des mangas dans le sens oriental (de droite à gauche et de haut en bas). Glénat, éditeur intelligent, prit le train en marche et publia de nouveau (en 2003) les quarante-deux volumes initiaux. Mais cette fois-ci, il suivit à la lettre le format original : une jaquette amovible à rabats avec le petit mot de l’auteur sur chaque volume, le sens de lecture japonais respecté et – cerise sur le gâteau – le petit morceau de dessin sur le dos du livre (en disposant fièrement les quarante-deux volumes dans votre bibliothèque, vous obteniez ainsi une frise inédite, courant de manière continue !). Mais il était trop tard, cette édition ne connut qu’un maigre succès d’estime et ne se trouve aujourd’hui pratiquement plus nulle part.

A partir de 2008, voulant innover, Glénat entreprit l’édition de Dragon Ball Z en anime-comics. Kekcékça, les anime-comics ? Le principe est tout simple : *toussote* on prend des captures d’écran de la série animée, on les découpe, on les remet en page et ta-daam ! on a un manga en couleurs. Les longs-métrages d’animation (également appelés OAV pour Original Anime Video : des histoires inédites se déroulant dans le même univers) subissent le même sort depuis début 2013, à raison d’un volume d’anime-comics par OAV.

En 2009, le coup de grâce trouva enfin preneur. Glénat reprit une nouvelle fois sa série-phare, dans une collection qu’il baptisa modestement Perfect Edition. Les Dragon Ball Perfect Edition portent bien leur nom, il faut l’avouer, et font le bonheur des fans autant que des puristes. On y trouve l’intégralité de la série, bien évidemment ; mais dans un format « géant ». La couverture à rabats est conservée, ainsi que le sens originel de lecture ; le plus beau se trouve dans les détails. L’éditeur a conservé les différentes couvertures (en couleurs !) ornant chaque chapitre, amélioré l’encrage, utilisé un papier plus fort et – surtout ! – a revu intégralement sa traduction (qui était déplorable à l’époque, il faut le reconnaître – oui, c’est ce que vous faites lire à vos enfants). Pour faire court, Dragon Ball Perfect Edition est pour la première édition française de Dragon Ball papier ce que le Blu-Ray est à la VHS.

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Une photo de groupe des meilleurs guerriers de l’univers. Oui, en toute modestie.
© BIRD STUDIO/SHUEISHA, TOEI ANIMATION FILM. © TOEI ANIMATION CO., LTD.

Notre sujet étant principalement le livre, je ne m’étendrai pas sur l’adaptation en série d’animation qui, à elle seule, pourrait faire l’objet d’une chronique complète. Pour ne pas vous laisser en plan, sachez tout de même qu’il existe une série animée faisant suite à Dragon Ball et Dragon Ball Z, intitulée Dragon Ball GT. Les personnages ont grandi, vieilli et des naissances ont eu lieu, mais le scénario reste sensiblement identique : les sept boules de cristal à retrouver, et des antagonistes hyper puissants dont il faut venir à bout. Et, non, malgré tout ce que pourra vous affirmer votre charmant bambin : « Mais si, Maman (ou Papa, ou Tuteur Légal), je t’assure, je l’ai vu chez [insérez le nom d’un copain ici] ! », Dragon Ball GT n’existe PAS en version papier.

Parler du film ? Non, il n’y a pas eu de film live intitulé Dragonball Evolution, ce n’est pas vrai. Justin Chatwin n’a jamais joué Son Gokû, pas plus que Chow Yun-Fat n’a incarné Tortue Géniale… Trève d’ironie : il a bien existé un film (avec des acteurs, des effets spéciaux et tout), mais il a tellement déçu la communauté des fans qu’il a fait un bide retentissant. Un journaliste écrivit justement à ce sujet : « Si notre montre ne s’était pas suicidée avant nous, elle nous aurait probablement demandé d’arrêter de la regarder toutes les deux minutes. » 

En revanche il y eut aussi des jeux vidéo. Mais, là encore il faudrait une chronique complète pour en venir à bout. Aussi vous laisserai-je en compagnie du Joueur du Grenier, en train de batailler sur (avec ?) Dragon Ball sur Nes : c’est là.

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Article rédigé par
JR Rosny
JR Rosny
libraire spécialisé BD à Fnac Rosny