Actu

Canon EOS R6 V : un hybride plein format pensé pour les créateurs vidéo

18 mai 2026

Par Sofian Nouira

Illustration
©Canon

Canon dégaine un hybride plein format orienté vidéo verticale et horizontale, et qui se paie même le luxe d’être proposé moins cher à son lancement que l’EOS R6 Mark III.

Introduction

Canon poursuit sa stratégie de segmentation et place un nouveau boîtier hybride plein format dans sa gamme EOS R. L’EOS R6 V s’adresse avant tout aux créateurs de contenu, ceux que Canon France estime occupés à « 80 % de vidéo et 20 % de photo ». Avec cette idée en tête, la fiche technique colle clairement au cahier des charges. On retrouve en effet un capteur 24×36 mm, des modes vidéo jusqu’en 7K et un châssis taillé pour jongler entre captation horizontale et verticale.

De plus, on apprécie grandement que l’appareil se positionne au prix public conseillé de 2 499 € nu, soit 400 € de moins que l’EOS R6 Mark III (2 899 €) à son lancement, et nettement sous l’EOS C50 (3 799 €), avec lequel il partage pourtant une bonne partie de ses entrailles. Notez que la bête sera aussi disponible dans un pack avec l’objectif Canon RF 20-50 mm F4L IS USM PZ. Les livraisons du nouveau venu débuteront le 24 juin prochain.

À partir de 2 499€

Voir sur Fnac.com

Un capteur de 32,5 Mpx partagé avec deux autres boîtiers

Le cœur de l’EOS R6 V est un capteur CMOS plein format de 34,2 Mpx en définition théorique, pour 32,5 Mpx effectifs. Le même que l’on retrouve dans l’EOS R6 Mark III et l’EOS C50. De fait, Canon mutualise. Notez que ce capteur est de type front side illuminated : ni rétroéclairé, ni empilé, contrairement à ce que pratique une partie de la concurrence sur les modèles vidéo haut de gamme. Le processeur, lui, est le Digic X déjà connu.

La plage ISO s’étend de 100 à 64 000, extensible de 50 à 102 400. Côté autofocus, on retrouve le Dual Pixel CMOS AF II avec 6 097 points en photo et 4 641 en vidéo, pour une couverture intégrale du capteur et une plage de détection annoncée de -6,5 à 21 IL. La stabilisation mécanique sur cinq axes monte jusqu’à 7,5 stops.

Pour la photo, la rafale grimpe à 40 i/s, mais uniquement en obturation électronique : comme sur l’EOS C50, l’obturateur mécanique a été passé à la trappe. Autant vous dire que les amateurs de portrait au flash et de scènes très contrastées en mouvement devront composer avec les inévitables effets de rolling shutter, le capteur n’étant pas empilé.

 Canon EOS R6 V

7K 60p RAW, Open Gate et ventilation interne

C’est sur le terrain vidéo que l’EOS R6 V joue sa partition principale. Le boîtier filme jusqu’en 7K 60 fps au ratio 17:9, ou en 7K 24 i/s en mode Open Gate qui exploite l’intégralité du capteur. Dans les deux cas, la capture en RAW est disponible. Les modes 4K 60p suréchantillonné, 4K 120p et 2K 180p complètent la panoplie.

Les profils Canon Log 2, Canon Log 3 et CRAW Light sont de la partie, pour une dynamique annoncée jusqu’à 15 stops, complétés par les modes Canon 709, PQ et HLG. Les codecs XF-HEVC S et XF-AVC S sont gérés en 4:2:2 10 bits ou 4:2:0 8 bits. Cerise sur le gâteau pour les workflows pros, l’enregistrement ProRes RAW est possible par la sortie HDMI, à condition de passer par un Atomos Ninja TX ou TX Go.

Pour tenir la chauffe sur les longues prises, Canon a intégré un ventilateur dans le châssis. Un peu moins puissant que celui de l’EOS C50, précise le constructeur. La marque annonce 116 minutes d’enregistrement en continu en 4K 60p, et plus de deux heures en 7K Light RAW avec proxy 2K lorsque le ventilateur fonctionne. L’audio peut être capté sur quatre canaux en LPCM 24 bits ou deux canaux en AAC 16 bits.

Vertical, horizontal et zoom motorisé

Le boîtier affiche 688 g avec batterie et carte CFexpress, pour 141,8×83,3×79,7 mm. Canon a logé un second pas de vis sur la tranche gauche, histoire de fixer rapidement l’appareil à la verticale sur un trépied, sans accessoire tiers. Douze boutons sont personnalisables, et la prise en main est complétée par un écran LCD TFT tactile orientable de 3 pouces et 1,62 Mpts.

Sur le dessus, Canon a ajouté un levier de commande de zoom motorisé. Pensé pour le nouveau RF 20-50 mm F4 L IS USM PZ, il est également compatible avec les zooms RF 24-105 mm et 70-200 mm équipés du moteur PZ-E2/E2B. L’objectif du kit pèse 420 g, ce qui porte l’ensemble boîtier-objectif à environ 1,1 kg.

La connectique liste un port USB-C 3.2 Gen 2, un port HDMI plein format (type A), les prises micro, casque et télécommande, ainsi que la griffe multifonction Canon. La fonction webcam UVC/UAC autorise un flux en direct jusqu’en 4K 60p par USB-C. Le sans-fil s’appuie sur du wifi 2,4 et 5 GHz et du Bluetooth 5.1. Côté stockage, double emplacement CFexpress Type B et SD UHS-II. La batterie est la LP-E6P, déjà partagée avec les EOS R6 Mark III et EOS R5 Mark II. Tropicalisation confirmée.

Quelques absences

Sans surprise vu le tarif relativement contenu au regard du positionnement, Canon a fait quelques (petites) concessions dans la fiche technique. À commencer par l’absence de viseur électronique, ce qui assume clairement la vocation vidéo et streaming du boîtier mais limitera son usage en pleine lumière pour qui pratique la photo de manière régulière. Pas de double ISO natif non plus, contrairement à l’EOS C50, certes positionné plus haut. L’enregistrement direct sur SSD est également indisponible, là où plusieurs concurrents l’ont intégré pour soulager les cartes mémoire sur les flux RAW les plus lourds.

Dommage que Canon n’ait pas poussé le curseur jusque-là, alors que le boîtier mise précisément sur des modes vidéo très gourmands. De ce point de vue, les utilisateurs devront s’équiper en cartes CFexpress Type B rapides pour exploiter pleinement le 7K RAW et l’Open Gate.

Article rédigé par

Journaliste

Sélection de produits