Entretien

En rayon avec… Patrice Leconte

27 mai 2024
Par Mélanie Carpentier
En rayon avec... Patrice Leconte
©DR

Il n’a pas de film à l’affiche et personne ne l’a croisé ces jours-ci sur la Croisette. Mais est-ce à dire que Patrice Leconte ne fait rien ? Bien sûr que non ! Plongé dans un entre-deux médiatique, le réalisateur et scénariste prend le temps de regarder vivre ses pièces de théâtre, tout en préparant déjà ses prochains projets cinéma… Et il prend également le temps de répondre à nos questions « hors actu », entre souvenirs de toile et de papier. C’est le En rayon avec… Patrice Leconte.

Que faites-vous en ce moment, Patrice Leconte ?

J’accompagne de temps en temps en province la nouvelle pièce que j’ai écrite et mise en scène, Mon voisin nu. Et je commence la préparation de mon prochain film que je tournerai à la fin de l’année. Mais dont je ne veux rien dire… Je suis devenu très superstitieux !

Que lisez-vous ?

Je termine L’Escale, premier roman de Marion Lejeune, magnifique, maritime, insulaire, iodé, troublant. Le style est infiniment talentueux ! Autrement, je continue de lire régulièrement Georges Simenon, Maigret et autres « romans durs ».

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Votre dernière claque cinématographique ?

Il faut remonter à Anatomie d’une chute. Mais plus récemment, j’ai aimé La Salle des profs, un film allemand racontant l’effarante spirale dans laquelle est entraînée une enseignante accusée à tort – l’actrice est formidable ! Et je citerais encore Le Jeu de la reine qui retrace la vie de la septième femme d’Henri VIII. Des acteurs parfaits et une mise en scène inspirée.

La dernière fois que vous avez pleuré en regardant un film ?

J’adore pleurer au cinéma, je suis Président du Club des Sentimentaux ! Mais je dois reconnaître que cela fait hélas une éternité que ça ne m’est pas arrivé et ça me manque !

Et la dernière fois que vous avez ri en regardant un film ?

Il n’y a pas très longtemps, j’ai revu Un jour sans fin. Et à la fin, je me suis demandé combien de temps cela faisait que je n’avais pas ri comme ça devant un film ! Même chose pour The Big Lebowski des frères Coen.

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Un artiste disparu avec lequel vous auriez aimé dîner ? De quoi auriez-vous parlé ?

J’aurais adoré dîner avec Groucho Marx dont l’irrévérence joyeuse m’enchante. Mais aussi avec Georges Brassens et Raymond Queneau. Nous aurions réservé une table pour quatre et j’imagine que la conversation, partant dans tous les sens, aurait été particulièrement animée.

Le premier film que vous avez regardé ? Quel souvenir en gardez-vous ?

C’était il y a tellement longtemps… C’était à Tours, au cinéma Caméo. À moins que ce soit peut-être à l’Olympia ou au Majestic ? Je ne sais plus. Et je crois qu’il s’agissait du Tour du monde en 80 jours. J’ai le souvenir d’une aventure follement dépaysante, même si, à ce moment-là, je ne savais pas encore que je voulais faire du cinéma.

Le Tour du monde en 80 jours 1956

Le livre ou le film interdit que vous avez tenté de vous procurer adolescent ?

Ça devait être Les Onze Mille Verges de Guillaume Apollinaire, dont je pensais qu’il allait être d’un érotisme fou. Je ne vous raconte pas la déception !

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La réplique qui surpasse toutes les répliques selon vous ?

Évidemment, je pense à la fin de Certains l’aime chaud : « Nobody’s perfect ». Mais le pompon c’est quand même Thierry Lhermitte dans Le Père Noël est une ordure et son inoubliable « C’est c’la, oui ». C’est quand même dingo que ces quelques mots soient devenus une réplique culte.

Le Père Noël est une ordure

Travaillez-vous en musique ?

Oui, très souvent ! Du moins lorsque je réponds à mes mails ou que je réponds à des interviews. J’écoute de la musique au pluriel, j’écoute de tout : de Philip Glass à Paolo Conte, de Max Richter à Santana, des musiques orientales ou sud-américaines en passant par les musiques de films. Mais quand j’écris un scénario, un roman ou une pièce, je préfère tout de même replonger dans le silence.

Un morceau de musique qui vous inspire particulièrement ?

J’adore particulièrement les musiques des films de Bollywood. Je pense notamment à ce film étourdissant : Devdas. Ce sont les mélodies les plus euphorisantes qui soient. Tout me plaît ! Les voix, les sons et les rythmes, le dépaysement et cette envie irrépressible de danser qu’ils procurent.

Quelles œuvres ou quelles personnalités représentent le mieux le mot « engagement » pour vous ?

Les engagements qui me touchent le plus sont ceux qui, secrets, discrets, se manifestent sans faire de bruit. Les engagements de chacun de nous, au quotidien, dans notre comportement, dans notre respect d’autrui.

Votre dernier craquage à la Fnac ?

Un appareil-photo numérique, plus performant que celui que j’avais et qui, tout petit, tient dans la poche. Ce qui me permet de l’avoir tout le temps avec moi quand je voyage. Aujourd’hui les gens ne photographient plus qu’avec leur téléphone portable. C’est parfait, rien à dire là-dessus, à ceci près qu’ils le tiennent tous verticalement… et ça me rend fou !

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Mélanie Carpentier
Mélanie Carpentier
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