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Guide d’achat de la photo au Fisheye

07 juin 2012
Par frrc
Guide d'achat de la photo au Fisheye
©frederic magallon

Si vous aussi vous voulez regarder le monde avec un œil de poisson, suivez le guide…

Excepté le rare Nikon 6mm f/2.8, daté de 1972, couvrant l’exceptionnel champ de 220° et vendu à Londres il y a quelques semaines chez « Grays of Westminster » pour la somme folle de 100000£, excepté donc cette pièce rare on peut trouver facilement sur le marché beaucoup de Fisheyes à des prix bien plus abordables.

Tout d’abord qu’est-ce qu’un fisheye ?

Un fisheye est une optique présentant une lentille frontale bombée et proposant un champ d’environ 180° bien plus large que l’angle offert traditionnellement par les focales classiques 28mm (75°) ou 24mm (84°) (optiques dites rectilinéaires).

Cependant la forme particulière de la lentille frontale induit une distorsion très prononcée (dite curvilinéaire) des lignes droites. Cela peut être un avantage afin de dynamiser des lignes d’architectures un peu trop sages ou un horizon un peu trop statique. L’idée étant de sortir de la représentation usuelle des perspectives orthoscopiques des ultras grands angles traditionnels (entre 15mm et 20mm) :

FIsh Eye Japon 2012-2

Mais cela peut être tentant avec ce genre d’optiques de multiplier les effets faciles et de se retrouver avec des images sans grand intérêt. Alors consommons le fisheye avec modération et ne l’appliquons que pour des sujets dont la distorsion particulière aura un véritable sens graphique !

Le fisheye par la pratique :

Voici un exemple devant la célèbre araignée de Louise Bourgeois (quartier Roppongi à Tokyo) :

comparatif nikon 28 f2.8 nikon fisheye 16 f2.8

La photo prise au grand angle classique (Nikon AFD 28mm f2.8) est somme toute assez conventionnelle.

L’idée intéressante est alors de se placer sous l’araignée pour décupler la dimension graphique et inquiétante de l’insecte. Cependant avec un grand angle standard impossible de se placer sous la sculpture et de reproduire à la fois le corps de l’animal et les immeubles environnants. Seule solution : l’usage du fisheye ! (ici un Nikon 16mm AFD f/2.8 monté sur un D700). Le fish-eye ayant aussi la bonne idée de créer une ligne d’horizon courbe qui va envelopper le sujet et fermer les coins.

Autre exemple ci dessous : une forêt de bambous au Japon. On voit bien que la photo réalisée au 24mm crée un impact visuel moins percutant et moins graphique que celle prise au fisheye :

comparatif nikon 24 f2.8 nikon fisheye 16 f2.8

Quel fisheye ?

Il convient de distinguer 2 catégories de fisheye : diagonaux & circulaires. Les premiers offrent une image de format rectangulaire tandis que les seconds offrent une image totalement ronde.

> Les Fisheyes diagonaux (image rectangulaire) :

Les fisheyes appartenant à cette catégorie sont les plus nombreux. On en trouve à toutes les focales entre 8mm et 16mm. Attention tout de même à vérifier le format couvert : plein format (full frame 24*36) ou petit capteur (APS-C ou micro 4/3). Attention aussi à la conversion de focale (un Sigma 10mm DC monté sur un reflex APS-C est en réalité un 15mm (Nikon / Coefficient 1.5) ou un 16mm (Canon / Coefficient 1.6).

Pour plus de commodité, voici un petit tour d’horizon des offres fisheyes diagonaux. Pour chaque optique sont indiqués le format couvert (full frame ou APS-C) ainsi que le prix moyen indicatif (c’est un prix moyen donc sujet à modification suivant les points de vente) :

nikon 16 f2.8 nikon 10.5 f2.8

olympus 8 f3.5 panasonic 8 f3.5

pentax 10 17 f4.5 sony 16 f2.8

sigma dc 10 f2.8 samyang 8 f3.5sigma dg 15 f2.8 canon 8 15 f4

> Les Fisheyes circulaires (image ronde) :

Ils sont moins nombreux que leurs homologues diagonaux. Sur le marché neuf on trouve 2 modèles à un prix abordable : le Sigma DG 8mm f/3.5 (full frame, environ 900€) et le DC 4.5mm f/2.8 (APS-C, environ 800€) :

sigma dg 8 f3.5 sigma dc 4.5 f2.8

L’image produite est donc totalement ronde. Je dois bien avouer que je n’ai jamais trop compris l’intérêt de ce genre d’image qui me laisse un peu de glace. A quelques rares exceptions près (graphisme / photo abstraite…) je trouve toutes ces photos rondes plutôt quelconques.

En définitive je préfère de loin les formats rectangulaires produits par les fisheyes diagonaux. Affaire de goût me direz vous. A chacun de choisir selon ses propres envies 🙂

Quoiqu’il en soit les images rondes peuvent être redressées moyennant l’usage d’un logiciel adapté.

Traitement de l’effet fisheye :

En voici un exemple via le logiciel Fisheye-Hemi d’Images treds (plug-in Photoshop) :

Fisheye Hemi Image Trends

On peut citer aussi les logiciels Panini de tksharpless (une référence plébiscitée par les usagers), PTLens, Photoshop CS6 ou bien DXO.

On distingue deux types de projections : rectilinéaire (les lignes sont droites mais cela augmente les anamorphoses) ou cylindriques (l’angle est respecté, on observe une diminution mais un maintien de l’effet « lignes courbes »).

Selon le sujet photographié on choisira de forcer un peu plus d’un côté ou de l’autre (projection rectilinéaire ou cylindrique) tout en veillant à ce que les anamorphoses produites restent acceptables et photogéniques.

Conseils d’achat pour un fisheye à image rectangulaire :

> Si vous avez un boîtier reflex APS-C

Vous avez un petit budget, moins de 500€, alors sans hésitation procurez vous le Samyang 8mm (adaptable sur tous boîtiers Nikon / Canon / Pentax & Sony Alpha). Rapport qualité/prix imbattable ! Seul défaut : la mise au point est manuelle et il n’est pas toujours facile de faire le point à main levé quand dans le viseur tous les plans semblent nets ! Attention donc à vous retrouver souvent avec un premier plan légèrement flou, surtout si ce premier plan est proche de l’objectif.

Enfin vous avez un budget entre 500€ et 1000€, vous pouvez choisir selon votre marque :

–          Nikon AF G 10.5mm f2.8

–          Sigma DC 10mm f/2.8 (monture Nikon, Canon, Pentax, Sony α)

–          Pentax 10-17mm f/3.5-f/4.5

–          Sony 16mm f/2.8 (monture Alpha, il faut un adaptateur pour les séries NEX!)

> Si vous avez un boîtier reflex full frame :

Pour un budget à moins de 500€, le Samyang peut convenir mais uniquement pour ceux équipés en Nikon (D700 / D800 / D3s…). Le seul souci : l’appareil va effectuer un recadrage (à activer via le menu) dans le capteur pour se conformer au cercle image APS-C natif de l’objectif. Une grosse perte de pixels est donc à prévoir malheureusement (pas trop gênant si vous avez la chance de posséder D800 !).

Pour les budgets supérieurs à 500€ je conseille ces deux références :

–          Nikon AFD 16mm f/2.8 (le must pour tous les nikonistes en full frame)

–          Sigma AF DG EX 15mm f/2.8 (le seul choix pour les canonistes en dessous de 1000€)

Je suis plus réservé concernant le Canon zoom 8/15mm f/4. Tout d’abord parce qu’il est cher, ensuite parce que la présence d’un zoom en fisheye me parait discutable, enfin parce que l’image est totalement ronde à 8mm et ne devient rectangulaire qu’en bout de course du zoom. Du coup on paye cher pour avoir une optique fisheye à la fois rectangulaire et ronde. Est-ce vraiment indispensable ? Montée sur un APS-C l’image ronde est tronquée dès la focale 8mm et il faut zoomer un peu (10mm) pour retrouver une image rectangulaire. Ceci dit la qualité de l’optique est étonnante et ça c’est l’essentiel finalement!

> Si vous avez un hybride :

Exceptés Samsung, Fuji ou Nikon pour lesquels il n’y a malheureusement pas encore d’offres fisheyes adaptées, vous pourrez choisir parmi ces 3 références selon votre marque:

–          Panasonic 8mm f/3.5icône oeil de poisson fnac

–          Olympus 8mm f/3.5

–          Sony 16mm f/2.8 + adaptateur monture alpha/Nex (cher !)

Bonne photo au fisheye ! 🙂

Article rédigé par
frrc
frrc
libraire à Fnac Montparnasse passionné de musique et de photo
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